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Le deuil d’un enfant, la chose la plus dure qui soit

Les victimes des attentats de Paris de novembre 2015 avaient 20, 30, 40 ans et représentaient pour la plupart une jeunesse bouillonnante de vie. Le psychanalyste et spécialiste du deuil Pascal Neveu explique les étapes que devront traverser leurs parents et comment les aider à continuer de vivre.

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31 commentaires

  1. J'ai trouvé ma propre thérapie. Après l'année très difficile qui a suivi la mort de mon fils, l'air est plus léger : j'ai un petit chien. Je passe des heures à l'embrasser, j'ai tant besoin d'embrasser un petit être sans défense. Grace à lui je me lève, je fais du sport, je lui parle. Il me fait du bien et du coup il fait du bien à toute la famille.
    Je ne suis pas dupe du léger transfert qui se passe. Est-ce bien grave ?
    Bientôt 23 mois. Cette angoisse qui ne quitte pas mes tripes malgré les médicaments sauf quand j'embrasse mon bébé-chien. 23 mois et toujours pas les résultats de l'autopsie. Mais ce n'est plus mon problème. Maintenant je souhaite ne jamais les recevoir, ne jamais savoir. Mon fils reste au chaud lové dans ma poitrine à jamais.
    Je n'ai pas de rancoeur pour ce qu'il a possiblement fait. Juste un immense regret qu'il ne soit pas devenu ce qu'il aurait dû être, une grande frustration. Et de l'amour.
    • Bonjour Stéphanie, nous aussi on a pris un chiot. Pas de transfert mais peut-être un moyen supplémentaire de trouver la volonté de faire les choses du quotidien.
  2. Bientôt 14 mois. Toujours pas de résultats pour l'autopsie. Du reste quand ils arriveront - s'ils finissent par arriver -peut-être ont-ils perdu le dossier - je ne suis pas sûre de vouloir les lire. Pour apprendre quoi ? Ca ne fera que raviver notre douleur qui n'a pas besoin de ça. Je blague avec mes collègues en disant que d'ici qq semaines je vais remplacer mon fils par un petit chien. Je ris intérieurement de voir leurs visages crispés; ils ne savent plus quoi dire : c'est ma vengeance ! Personne ne me parle de lui, presque personne ne me demande comment nous allons. Aujourd'hui encore j'ai des moments d'incrédulité où il me semble être spectatrice de mon drame. Je regarde alors sa photo et je me répète "plus jamais".
    • Moi aussi, j'ai perdu mon fils, mon Nicolas chéri.
      Après son décès, même les personnes proches ne savaient pas comment m'en parler, j'ai fait en sorte de leur permettre d'en parler, j'ai trouvé beaucoup de réconfort auprès de chacun d'entre-eux, mes amis, mes collègues, ma famille. Sans eux je ne serai plus là aujourd'hui.
      Gardez votre courage et l'amour que vous lui portiez, parlez de lui c'est le garder vivant.
      Marie-Paule
    • Je te comprends !!! Ça fait 11 mois et je n'ai aucune réponse pour mon fils sur son décès; je l'ai appris par son frère qui était en prison; personne ne nous avait contactés et ça ma pris une semaine avant de trouver où était son corps... J'arrive toujours pas à croire qu'il est parti et, comme tu dis, le monde tourne autour de nous comme si rien ne s'était passé ! Cette souffrance n'a pas de mot, je comprends ta peine.
      Prends soin de toi.
    • Comme je vous comprends ! Moi aussi, j ai perdu mon fils il y a 4 ans dans un accident de voiture et le manque est toujours là ! Je viens d'acheter un petit chien qui me donne beaucoup d'amour ce qui me fait beaucoup de bien et me comble de tendresse.
  3. Je t’envoie ce “je t’aime”
    Sous la forme d’un poème
    Plus de décalage horaire mon amour
    Sur la même latitude pour toujours

    Je pense tout le temps à toi
    Je te parle, je te gronde aussi
    Une maman qui parle à son fils chéri
    Je suis tellement en manque de toi

    Demain, une nouvelle année commence
    Année qui sera marquée par ton absence
    Comme toutes les années désormais
    Je serai toujours à tes côtés, n’en doute jamais

    J’ai pris ton mug à ton appartement
    Et tous les jours, je bois mon café dedans
    C’est peu de chose quand on y pense
    Juste une tasse en grès d’un fushia intense

    Prends soin de toi mon gamin
    Je continue de veiller au grain
    Je t’envoie tout l’amour que j’ai dans le Coeur
    Afin de t’apporter de la chaleur

    La chaleur d’une maman
    Pour voir le sourire de son enfant
    Je voudrais venir te voir mon coeur
    Je vais attendre que ce soit l’heure

    Ton frère a encore besoin de moi
    Ton frère avait besoin de toi
    On sera un jour réunis comme avant
    Et se sera jusqu’à la fin des temps


    Pour Ma Petite Etoile
    NICOLAS
  4. Mon fils Eric était secouriste en montagne, il avait sauvé tellement de vies et une banale plaque de verglas nous l'a pris pour toujours le 4 décembre 2016. Sa compagne qui conduisait, sort à peine du coma mais ne sait toujours pas qu'elle a perdu l'homme de sa vie.
    Je l'ai appris par un coup de téléphone : les enfants ont eu un accident, Isabelle est blessée et Eric est mort. Cette phrase tourne en boucle dans ma tête, plus les jours passent, plus j'ai mal. Je ne fais que pleurer ce fils aimant de 37 ans, qui avait encore tellement à faire, tellement à aimer.
    Avec mon mari et mes filles nous sommes KO debout. Chaque jour, je pense que c'est un cauchemar et que je vais me réveiller. Mais non...
    • Mon Nico est parti aussi, 37 ans, un petit de 4 ans, et une douleur immense. J'ai donné la moelle pour le sauver mais ça n'a pas suffit. Je n'ai qu'une hâte, le rejoindre...
  5. Bonjour Stéphanie,

    Notre souffrance est identique, j'ai perdu mon fils de 21 ans; ne plus voir son enfant, lui parler, l'écouter, le serrer dans nos bras pour l'embrasser et lui dire notre amour, quoi de pire ?
    Mais il ne m'a jamais quittée; il est à mes côtés à chaque instant; il est devenu ma force de vie; je me bats pour lui qui aimait tant la vie, la nature, la pauvreté, sa soeur, son frère et toute sa famille. Il est devenu mon guide et ma lumière.
    Rien ne peut séparer un enfant et sa maman : c'est le lien de l'amour inconditionnel.
    Je suis en procès depuis des années contre ceux qui l'ont tué et j'irai jusqu'au bout pour mon fils, afin qu'il puisse reposer en paix.
    Bien affectueusement et je suis certaine que l'énergie de nos enfants ne nous quitte jamais; mon fils me disait sans cesse : "rien ne meurt tout se transforme, c'est ainsi que les étoiles se forment pour guider ceux qui nous aiment".
    Véronique
  6. Poême à mon fils chéri disparu le 3 décembre 2015

    Tu seras mon passé, tu étais mon futur,
    Tu étais mon bonheur, tu deviens ma blessure,
    Tu étais ma fierté, et tu deviens mon doute,
    Tu étais mon orgueil, je sais ce qu’il m’en coûte.

    Dans tes beaux yeux si bleus, brillait tant d’espérance
    Mais dans ton corps si mince, brûlaient trop de souffrances.
    Depuis cette nuit d’hiver qui vit ta délivrance
    Je n’entends plus la nuit tes hurlements terribles
    Tu n’avais pas 30ans, l’âge de tous les possibles
    Mais moi qui t’ai trouvé sur ton lit au matin
    J’ai vu ton visage calme et tes traits si sereins

    Depuis un an déjà tu m’as quittée, c’était ton droit
    Ma douleur est sans nom, immense mon désarroi
    Le temps est mon allié et je lui fais confiance
    Le temps n’oublie jamais une mère en déshérence
    J’ai un temps pour pleurer puis un temps pour revivre
    Ce temps viendra où tu seras, mon fils, mon plus doux souvenir
    Tu seras mon passé, nous serons ton avenir
    Tu étais ma souffrance, tu seras mon sourire
  7. Voilà. Notre grand nous a quittés le 3 décembre 2015. 7 mois après son décès nous avons enfin reçu le permis d'incinérer. Puis ça a été la plus grande preuve d'amour que nous pouvions lui offrir, et aussi l'épreuve la plus difficile pour moi avec son anniversaire des 30ans qu'il n'aura pas pu fêter. Nous avons été tous les 4 disperser ses cendres dans les Causses, nos origines. Là où nous avions passé de merveilleuses vacances tous les 5. Il faisait un temps merveilleux. Nous savons que nous pourrons revenir et nous asseoir sur un banc dans la vallée et regarder en haut la montagne où il se trouve désormais apaisé j'espère. J'ai arrêté d'attendre les résultats de l'autopsie. Un magistrat nous a dit que ça pouvait durer... 2 ans ! Aujourd'hui on en est à 10 mois passés.
  8. Hier ça a fait 7 mois que j'ai trouvé mon fils dans son lit, mort. 7 mois de souffrance (mais nous sommes toutes logées à la même enseigne n'est-ce-pas) mais également de questionnements, de doutes affreux. Une autopsie nous a été imposée : nous avons trouvé ça juste et bien puisqu'on ne meurt pas à 29 ans comme ça et qu'on allait pouvoir apporter une réponse. Mais 7 longs mois d'attente voire beaucoup plus ! Parents à qui ce drame arriverait, sachez que notre beau pays peut vous imposer cette épreuve supplémentaire !
  9. 6 mois dans une semaine que nous attendons les résultats de l'autopsie. Mon mari téléphone chaque semaine soit à l'inspecteur de police soit à l'avocat : rien. Mon dernier fils est revenu des USA après 18 mois dans une université. Il vient de rompre avec tous ses prétendus camarades qui ne lui ont pas envoyé un seul sms, une seule parole réconfortante. Même ses colocataires ont été en dessous de tout. Du coup il se retrouve seul (le seul qui reste part à l'étranger). Ces dommages colatéraux font très mal.
    Quant aux entreprises de notre fils décédé, c'est la curée. Tous rivalisent d'avidité au mieux, souvent de malhonnêteté. C'est très dur. Nous n'avons plus envie de nous battre.
  10. Je n'en peux plus : bientôt 4 mois que nous attendons les résultats de l'autopsie et donc le permis d'incinérer. Je suis au bord de la crise de nerf en permanence et je ne dors à nouveau plus malgré les médicaments.
    Dans quel pays vivons-nous pour imposer un tel supplice aux parents de nos morts... Dans quel état d'indigence sont donc nos instituts medico-légaaux pour nous imposer des délais pareils ! J'ai téléphoné vendredi à l'IML où l'autopsie de mon fils devait avoir lieu : 5 tentatives, un humain au bout de 20 sonneries et les infos qu'il m'a données étaient très incomplètes et le ton pas aimable du tout. Aucune empathie !
    Nous voulons une incinération pour effacer de notre imagination le corps d'un jeune en décomposition. Lui si beau, si élégant, si jeune ! Il aura 30 ans dans 2 semaines ou plutôt il n'aura pas 30 ans. Je sens la rage monter en moi, contre tout, le monde, ce pays, le médecin légiste... c'est complétement stérile, je le sais.
    • dominique (Belgique)
      Stéphanie,
      Je suis sincèrement désolée que ce côté doive se rajouter à votre tristesse, je pense que je serais dans le même état que vous si j'avais dû vivre cela. Le côté inhumain des personnes qui ne savent pas que l'on souffre tant déjà. J'ai demandé une incinération aussi et Nicolas le voulait aussi; on en avait parlé avant pour moi pas pour lui qui devrait partir avant moi, donc je savais ce qu'il voulait, l'incinération car je ne voulais pas imaginer qu'il allait pourrir en terre, je voulais savoir qu'il était mort beau, et qu'il resterait ainsi.
      On veut toujours que tout soit bien pour nos enfants et on peut faire ce que l'on veut, penser ce que l'on veut et s'en foutre de ce que les autres pensent car ils ne savent pas notre souffrance; alors fais ce que tu veux, comme tu le veux et comme tu le peux simplement.
      Oui pour les dates, je me dis toujours aussi il aura, il aurait aimé rencontrer la copine de son frère, connaître les résultats de l'université de sa soeur, à chaque événement je l'associe dans ma tête, je me dis qu'il devrait mais qu'il n'est pas là.
      Je fais ce que je peux comme je peux et je le fais en me disant que cela me fait du bien à moi simplement. Courage à toi et j'espère que vous pourrez vite le retrouver, l'incinérer et commencer votre deuil en paix simplement.
      Et si besoin pour parler...
    • Quelle émotion dans vos mots !!! Que vous dire pour vous exprimer un peu de soutien, de réconfort... Courage, courage, espoir et forces : rien ne sera plus jamais comme avant, tout reste à recomposer avec ce vide autour de vous. En union de pensées avec vous.
  11. Bonjour Stéphanie, non pas d'autopsie ils ont demandé si je voulais; mais je ne voulais pas qu'on le touche et le médécin légiste a dit que la boîte de médoc était à côté du lit et il me l'avait dit le soir avant qu'il prenait les médicaments; j'avais été à son magasin la veille, il donnait un cours d'art de bouquets de fleurs; il n'était pas au top mais il travaillait et il a dit à son copain de repartir dormir chez lui car il voulait se reposer, il est mort seul dans son lit; et moi je n'ai rien fait pour qu'il ne prenne pas ce médicament, il voulait être au top pour ses clients. Et oui le médecin légiste, la police, le mec du funérarium et puis Nicolas qui part dans un sac noir et c'est la fin de ma vie d'avant. Nous l'avons fait incinérer car c'était sa volonté et les cendres à l'endroit où celles de mes parents ont été dispersées; j'ai eu l'impression qu'il s'envolait ce jour-là, rien qu'en écrivant je pleure et cela fait deux ans; j'ai juste l'impression que c'est hier. Je sais que c'est difficile mais en parler avec quelqu'un qui vit la même douleur, même si je pleure cela me fait du bien car peu de personne autour de moi comprends et encore plus accepte ma vie actuelle. Si envie ou besoin je suis là sans soucis, merci pour votre réponse en tout cas. Dominique
    • Comme je comprends votre douleur! Je viens de perdre mon enfant il y a un peu plus d'un mois. Il s'appelait Nicolas et est décédé d'une overdose de médicaments, dans son lit.
      Son départ laisse un vide atroce ! Je continue à vivre, à survivre tant bien que mal.
      J'ai contacté une association d aide aux parents endeuillés, les seuls en mesure de comprendre un tel drame.
      Je vous souhaite de trouver tout le réconfort dont vous avez besoin,
      Edith
      • Bonjour Edith,
        Y a-t-il autopsie pour votre fils ? Si c'est le cas, armez-vous de patience. Nous, ça fait 4 mois et 12 jours que nous attendons. Lui aussi sous son tas de terre où il a fêté ses 30 ans samedi... 1 à 3 mois d'attente, nous avait dit l'inspecteur de police.
      • Bonsoir,
        Je partage votre peine et votre douleur; ainsi qu'avec toutes les personnes dans le deuil.
        Moi, c'est mon mari (44 ans) mort dans un accident de la route en revenant du travail (aquaplanning). Le lendemain, on allait fêter ses 45 ans. Je me retrouve seule avec mon fils de 21 ans. J'avais connu mon mari à l'âge de 15 ans : 31 ans d'amour. Je pensais vieillir à ses côtés. Un coup de fil pour me dire qu'il redémarre, puis une heure après, plus rien. Et ce drame que l'on apprend par les réseaux sociaux : atroce. On court sur les lieux, il est encore dans la voiture, on vous empêche de le voir; ces draps blancs autour de lui. Comment faire pour enlever cette douleur qui fait si mal, qui vous empêche de fermer les yeux.
        Vous pouvez me contacter par l'intermédiaire de ce site. Merci
  12. J'ai repris le travail depuis 3 semaines. Demain il y aura 1 mois que nous l'avons inhumé. Personne ne me parle de lui. J'ai besoin qu'on me dise qu'il était beau, brillant, charmant. J'ai besoin qu'on me parle de cette cérémonie que nous avons voulu parfaite, digne, jeune, belle. Tous mes collègues font comme si tout cela n'avait pas eu lieu, pourtant ils sont venus en nombre à la cérémonie. Il y a même ceux qui me fuient. Peut-être ont-ils raison ? J'ai laissé mon fils mourir. Comment peut-on laisser son enfant mourir ?

    Pour l'autopsie, je ne sais pas encore ce qui sera le pire : mauvaise tolérance à son traitement antidépresseur que nous l'encouragions à suivre, suicide, bêtise de jeune qui se croit immortel. De toutes façons, ce sera une très mauvaise nouvelle.
    On se fait tous un devoir de voir un psychologue pour limiter les dégats.
    J'écoute en boucle les musiques de sa cérémonie, c'est ma façon de prier.
    • Bonjour, vous pourriez leur faire lire ce texte peut-être que certains comprendraient, je l'ai fait avec des proches et des collègues et pour certains il y a eu une réaction qui m'a fait du bien à moi. j'ai trouvé ce texte sur un forum de paroles et il disait ce que je ressentais à 100%.
      ---
      Si je suis émue, que des larmes m'inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous m'avez blessée, c'est sa disparition qui me fait pleurer, il me manque ! Merci à vous qui m'avez permis de pleurer ! Car chaque fois mon coeur guérit un peu plus.
      J'aimerais que vous essayiez de ne pas oublier mon enfant, d'en effacer le souvenir chez vous en éliminant sa photo, ses dessins ou autres cadeaux qu'il vous a faits, pour moi, ce serait le faire mourir une 2ème fois.
      Etre un parent en deuil n'est pas contagieux, ne vous éloignez pas de moi.
      J'aimerais que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes : c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint, d'un animal.
      Ne comptez pas que dans un an, deux ans, dix ans, je serai guérie, je ne serai jamais ex-mère de mon enfant. J'apprendrai à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence.
      J'aurai des hauts et des bas. Ne croyez pas trop vite que mon deuil est fini, j'espère que vous admettrez mes réactions physiques dans le deuil : peut-être vais-je prendre ou perdre du poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaque, le deuil rend vulnérable.
      Sachez aussi que tout ce que je fais et que vous trouvez un peu fou est normal pendant un deuil. La dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir, l'isolement, l'agressivité et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez de m'accepter dans l'état où je suis momentanément, sans vous froisser.
      Il est normal que la mort de mon enfant me fasse perdre courage, ambition ou projets d'avenir, je ne vis que de son souvenir, donc dans le passé. Je peux aussi être démotivée dans mon travail, je le fais par habitude, pour survivre, mais parfois sans conviction, ne m'en voulez pas.
      J'aimerais que vous compreniez que le deuil transforme une personne, je ne suis plus celle que j'étais avant et je ne le serai jamais plus. Si vous attendez que je redevienne comme avant, vous serez toujours frustré. Je deviens une personne nouvelle, avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations, de nouvelles croyances.
      Je vous en prie, efforcez-vous de refaire connaissance avec moi; peut-être m'apprécierez-vous de nouveau. Je n'arrive plus à aller au-devant de vous, je suis souvent seule, parce que j'ai besoin de temps, de réflexion, et pourtant si c'est vous qui venez me chercher, alors je serai contente.
      Le jour de l'anniversaire de mon enfant, celui de son décès sont trés difficiles à vivre pour moi, de même que les autres fêtes(mon propre anniversaire, la fête des mères, Noël ou même les vacances). J'aimerais que vous puissiez me dire que vous pensez aussi à mon enfant.
      Quand je suis tranquille et réservée, sachez que souvent je pense à lui, alors ne vous efforcez pas de me divertir. Mais j'ai besoin de vous, de votre présence, de me sentir entourée, malgré mes sauts d'humeur.
      Merci à vous qui me comprenez mieux maintenant.
      ---
      Dominique
      • Bonjour Dominique

        Merci pour ce texte qui est très parlant et explique bien notre ressenti. Je l'ai archivé afin de pouvoir le faire lire à ceux qui n'arrivent pas à comprendre notre horrible vécu. Ma fille est partie le 28 mars 2015 à 23 ans et depuis je ne vis plus. Et autour de moi personne ne comprend qu'après 10 mois, je ne suis toujours pas remise de cette disparition. Mais on ne se remet jamais. Et ce texte peut effectivement aider les autres à mieux comprendre. Aujourd'hui 28 janvier, une bougie est allumée en dessous du portrait de ma petite fille chérie, comme tous les 28 de chaque mois depuis son départ. Le 14 février, jour de sa naissance, elle aurait eu 24 ans, mais elle ne sera plus jamais là pour le fêter, alors ce jour là aussi une bougie brillera pour lui lui rappeler combien je l'aime et qu'elle me manque. Cordialement. Christine
        • Comme je peux vous comprendre. Les gens ne comprennent pas cette douleur que nous traversons. Elle vous hante jour et nuit. Cette douleur si forte que l'on pense quelquefois au pire tellement elle nous fait un mal atroce. On nous dit de continuer, que la vie continue. Et bien non, pour nous elle ne sera plus jamais pareille.
      • Bonjour Dominique,
        Merci pour ce texte. C'est tout à fait ça. Je l'ai copié aussi pour pouvoir le relire plus facilement et m'en imprégner.
        Hier ça a fait 2 mois. J'ai pleuré une partie de la journée; non pas de chagrin, mais de voir que physiquement j'avais moins de chagrin. Cette chape de béton qui m'étreint du matin au soir, de la gorge au bas du ventre, se fait moins présente depuis hier. Comment puis-je avoir moins de douleur après seulement 2 mois...
      • Bonjour Dominique,
        J'ai suivi votre conseil. J'ai envoyé ce texte à mon président et la DRH à la suite d'une fin de non-recevoir que j'ai reçue pour m'insuger sur le nombre de jours de congé accordés en cas de perte d'un enfant, c'est-à-dire comme pour un beau-parent ou un parent, moins que pour la naissance d'un enfant, à peine plus que pour son mariage. J'ai été choquée par cette équation. Ca ne changera pas les choses mais au moins j'ai vidé mon coeur. Un seul m'a parlé de ce texte et en a été ému. Mais ça ne changera rien à l'équation 1 enfant = 1 beau-parent.
  13. J'ai trouvé mon fils le 3 décembre 2015 dans son lit, paisible mais déjà froid. Nous devions petit déjeuner ensemble et il n'a pas répondu à mes appels téléphoniques. Il n'était pas malade. Il avait 29 ans. Avant d'ouvrir sa porte, je savais déjà, une prémonition puissante. Ce que j'ai redouté et combattu depuis sa naissance s'est produit, comme dans une tragédie grecque. Mon frère jumeau avait été trouvé mort chez lui à 31 ans. Aujourd'hui, nous attendons les résultat de l'autopsie/enquête pour avoir le droit de le faire incinérer. Ces résultats peuvent mettre 3 mois à arriver. J'erre entre incrédulité et désespoir mais aussi soulagement que cela soit enfin arrivé. Je me sens comme un monstre. Je n'ai pas réussi à protéger mon enfant.
    • Bonjour, mon fils a été retrouve mort dans son lit le 3/10/2013 dans son lit. Nicolas avait un gros rhume et comme il venait de commencer son commerce de fleurs, il fallait absolument être au boulot. Il a pris un antibiotique pour se soigner. Il n'avait jamais rien eu en prenant un médicament et cette fois il a fait un choc allergique, et il est décédé durant la nuit. Ce jeudi, son ami m'a téléphoné pour me dire que le magasin était fermé et me demandait où était Nicolas. Moi j'étais au boulot et je pensais qu'il était au magasin. Et à partir de là, tout a basculé, l'attente de savoir où il est, les pompiers qui démolissent la porte et le message du pompier qui m'annonce que Nicolas est mort.
      Et là un cri qui sort de moi, je ne peux pas le croire, pas mon fils. Je quitte mon travail et je repars 1h de trajet pour arriver et le voir dans son lit, déjà froid et la question : qu'est-il arrivé ? Une autopsie ? Non j'ai contacté le médecin pour savoir ce que Nicolas avait demandé et le médecin avait posé les bonnes questions, les allergies et non il n'était pas allergique c'est la faute à pas de chance, ce médecin était très mal je ne pouvais pas lui en vouloir, je voulais moi savoir.
      Ma vie a basculé, je suis morte ce jour-là avec lui. Je suis devenue une autre personne, je suis là pour mes deux autres enfants, je rame beaucoup, je survis mais lire des messages sur certains sites me fait du bien, j'ai trouvé un texte merveilleux que j'ai copié si vous voulez je peux vous l'envoyer car il résume très bien ma vie depuis que Nicolas est parti.
      On n'est pas des monstres. On ne peut pas toujours être avec eux, on est des parents responsables mais pas possible de les mettre en boîte et c'est encore plus difficile maintenant qu'il est parti car je veux protéger les deux autres mais je n'y arrive pas car ils doivent continuer à vivre sans Nicolas. Mais moi je ne vis plus tout simplement. Mais ne vous sentez pas coupables, vous ne pouviez rien y faire et moi je n'ai rien pu y faire non plus, mon Nicolas, mais la douleur est présente et énorme.
      Dominique
      • Bonjour Dominique,
        On ne vous a donc pas imposé une autopsie ? Nous si. Après les pompiers (sans médecin - le plus gradé était ambulancier ! si mon garçon avait eu une chance de s'en sortir, c'en était terminé pour lui - j'avais pourtant prévenu qu'il n'avait que 29 ans), le SMUR est enfin arrivé, puis la police. Comme dans un mauvais film avec le photographe et les gants en latex. La police a embarqué ses téléphones. Puis enfin la camionnette pour prendre le corps dans son grand sac blanc. J'ai grelotté pendant plusieurs jours. Mon mari a eu la voix toute changée pendant une semaine. Nous avons pu le faire enterrer 15 jours plus tard. Nous ne pourrons le faire incinérer que quand nous aurons l'autorisation. C'est très dur à encaisser.
      • Nicolas, le prénom de mon fils adoré, 37 ans, une jolie famille et tellement heureux de vivre.
        Et cette saloperie de leucémie myéloïde.
        J' ai donné ma moelle, mais ça n'a pas suffit...
        Il est parti mon ange, et ses dernières paroles pour moi sa maman...
        "Maman, je t'aime". Elles m' aident à survivre.

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