En 1922, un père ose mettre des mots sur l’amour et la perte de son enfant.
J’ai lu Ma petite Yvette comme on écoute une confidence. Paru en 1922, ce texte d’André Dumas est profondément singulier. À une époque où les pères parlent peu d’eux-mêmes, il raconte la naissance de sa fille Yvette, les six années qu’il passe à l’élever seul, et la manière dont il se découvre père, jour après jour.
Lorsque l’enfant meurt de la scarlatine, André Dumas ose faire ce qui est rare pour un homme de son temps : partager ses émotions. Sans jamais forcer l’émotion, avec pudeur, il écrit le chagrin, le vide, mais aussi l’amour qui demeure. L’écriture devient un lieu où il peut continuer à être père.
En 4ème de couverture du livre, ses mots résument tout : « Oui. Je possédais vraiment un trésor sur la terre, un trésor à garder, à défendre, qui serait mon but et ma richesse dans la vie. »
Par son écriture simple et poétique, André Dumas rend sa petite fille visible. Moi-même j’ai eu la sensation de la connaître.
Longtemps oublié, ce roman a été retrouvé par hasard par Hélène Greiche. Dans la préface de la réédition, elle raconte cette rencontre décisive qui a permis à Ma petite Yvette de revenir jusqu’à nous.
Pascale R.
En savoir plus sur André Dumas (1874–1943).
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