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Mon Vincent

Je t’écris pour te dire que je t’aime toujours.

Tu vois…. où que tu sois ou ne sois plus, je continue d’exister, de ressentir de la peine, du chagrin, de l’envie, du désir, de l’amour.
Je ne suis pas que dépression, désespoir, désarroi. Mon Vincent, je danse, je rêve, je prends place et position dans la vie. Je prends ma part et je me sens enfin légitime pour savourer les instants de bonheur et de joie. Et cela se produit grâce à toi, à ta vie dans la mienne, à ta présence véritable et symbolique dans mon ventre, à ta place définitivement ancrée dans mon cerveau et dans mon cœur.

J’ai survécu et je veux continuer malgré le gouffre du néant qui m’attire encore quelquefois. C’est grâce à tes grands yeux posés sur ma vie, grâce à tes doigts fins effleurant les plaies de mon cœur meurtri, à tes bras qui ont serré si fort mon cou, à tes lèvres sur mes joues, à tes frêles jambes calées sur mon bassin que mon corps s’est façonné pour te porter, bouger avec toi, accueillir la gravité de la vie et se déployer d’amour jusqu’à mourir.

A l’instant où je t’écris sur cette plage en pensant à tous les parents vivant l’absence, mon corps et mon cœur posés sur ces galets, qui représentent la permanence dans le temps, cherchent toujours une trace d’éternité, un lien d’amour qui perdure, un main tenue pour toujours.
Pour suppléer cela, je tiens mon stylo et je crée cette trace indélébile. Puis cette empreinte gravée s’inscrit dans mon être qui devient un écrin pour receler mon trésor.

Un trésor dont personne aujourd’hui dans ma vie ne connait la valeur inestimable et que je préserve avec nostalgie car la façade sociale ne protège pas du regard indifférent des passants insouciants et des voyeurs irrespectueux.

Tout cela n’est pas grave, mon Vincent, parce que ma richesse est à présent intérieure et pour toujours singulièrement intime.
Mais heureusement, je peux encore quelquefois partager le trésor éternel que tu es; comme cela s’est produit ce week-end en réunissant des parents comme moi endeuillés, pour venir fouler le sol de nos pieds, le temps d’une randonnée.

Valérie M.

rando-mai2018
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