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Vie de parent : comment survivre au suicide de son enfant?

Ces idées noires qui menacent de vous entraîner vers l’abîme, Gérard Delisle ne les connaît que trop bien. Il les côtoie intimement depuis plusieurs années à cause de ses épisodes de dépression, mais, surtout, elles lui ont enlevé son enfant, sa fille aînée, sa Catherine, un matin d’août 2015.

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17 commentaires

  1. Bonsoir,
    Mon fils s'est pendu dans son appartement d'étudiant le 20 février 2018... Il avait 20 ans et ce sont les pompiers que nous avons dû faire intervenir pour entrer chez lui (il avait fermé de l'intérieur) et qui l'ont trouvé le 24 février alors que nous venions le chercher pour partir ensemble à un weekend familial.
    Le choc a été terrible et depuis nous sommes en mode survie. Notre peine est immense... nous avons déménagé et essayons de nous reconstruire avec nos deux filles de 24 et 18 ans. Nous n'avons rien vu de son mal être, ni nous, ni ses amis.
    De temps en temps, je réussis à parler de lui sans pleurer mais il m'arrive encore très souvent de m'écrouler en sanglots, j'oscille entre désespoir profond quand je réalise qu'il ne sera plus jamais là et moments plus calmes où je lui parle et où je le vois rigolant comme il était encore deux jours avant de se tuer, lors du dernier weekend qu'il a passé avec nous à la maison.
    Tout cela est extrêmement difficile, je ne sais pas comment je tiens debout mais je me découvre une force que je ne soupçonnais pas. En même temps c'est soit avancer pour mes filles et mon mari soit mourir et mourir je n'en ai pas envie.
    Depuis ce drame je suis devenue une autre personne, je sais que je devrai vivre avec ce fardeau de la peine et de la culpabilité jusqu'à la fin de mes jours et je suis tellement triste quand je pense au désespoir de mon fils et à ce qu'il a dû vivre tout seul, tellement triste de ne pas avoir pu l'aider.
    Bon courage à vous qui traversez aussi cette terrible épreuve.
  2. Ma petite soeur a mis fin à ses jours ce 14 octobre, à 28 ans. La douleur encore encore vive, me fait peur, car en choisissant de partir, une part de moi s'en est allé avec.

    En couple depuis 2 ans, elle venait de se marier et avait pourtant tant de projets. Rien, rien ne nous a permis de déceler quoi que ce soit. Si souriante, belle, elle aidait vraiment son prochain, avec cette bonté, cette pureté si infaillible.

    J'ai tant de douleur, nous étions très proches et elle si proche de ses deux neveux que je ne me sens pas capable de vivre sans elle.

    Comme un papillon, elle s'est battue pour devenir la personne qu'elle est devenue et pourtant, sous ce regard pétillant et cette chaleur qu'elle dégageait, ses démons ont malheureusement eu raison d'elle. J'ai tant de choses à dire, tant de questions, tant de colère et d'émotions si forte, que je ne me sens pas capable de me battre contre ça, mais comme elle et pour lui faire honneur je me dois de rester fort, si seulement c'était si facile.

    Sabrina, sache que tu vas me manquer, mais je sais que nous nous reverrons un jour, tu le savais, je t'aime et je suis si fier de toi. Fait un beau voyage, veille sur nous, car il nous faudra énormément de force. Soeurette, on se tient au courant et à bientôt.
  3. Quatre ans, le 7 octobre, que mon fils s'est suicidé; il avait 28 ans. Il avait pris des anxiolytiques et des somnifères et s'était noyé dans La Loire. Je revois les détails de tout, les policiers qui nous informaient sur sa disparition inquiétante, les recherches, le jour où on a retrouvé son corps, le prélèvement ADN, les obsèques après 1 mois... Je suis passée par l'incrédulité, les questions sans répit, la tristesse infinie et la peine innommable, le sentiment de culpabilité de ne pas avoir su le protéger et lui montrer mon amour inconditionnel, l'isolement, les insomnies, les courbatures, ... et j'en passe...
    Pour m'aider à comprendre, je m'approchais des associations "Mots du deuil" et "Vivre son deuil", je lisais énormément - le livre de Christophe Fauré est devenu mon livre culte - et je n'avais pas perdu ma foi. Puis, je devais m'occuper de sa petite soeur qui était restée dans le déni... Mais le plus dur pour était de faire semblant : devant les autres, car je voyais que chacun avait son propre rythme dans ce deuil, et que mes amis-amies n'osaient plus me parler que de banalités.
    Aujourd'hui après quatre ans, ma peine est toujours aussi profonde et mon regret est toujours aussi présent. Tous les événements, heureux ou non, dans la vie de ma famille ou les grands événements de ce monde me font rappeler le vide dans mon existence : mon fils.
    Mais je pleure moins, je vais au travail, je ris, je sors de MA survie, car c'était la survie. Je suis tout le temps avec mon fils, où que je sois; je lui parle, tout ce que je fais, je le fais avec avec lui, mais il me manque et me manquera toujours. Je réalise cette vérité cruelle : "Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout où je suis" (V. Hugo).
    Notre chemin est difficile, et la peine sera toujours avec nous, car nous avons perdu la vie, cette vie était notre enfant. Mais nous continuons à vivre, car la vie est ainsi...
  4. Mon frère s'est suicidé à l'âge de 27 ans en 2011. Depuis 7 ans je ne suis plus la même. Je suis très malheureuse et rien ne sera comme avant. La douleur est insupportable. Je ne vivrai plus jamais heureuse, c'est cela qui est difficile. La vie est devenue un fardeau quotidien, de pleurs et de souffrance.
    • Je ne serai plus jamais la même, moi non plus : mon frère s’est défenestré le 25 décembre 2017.
      Depuis une partie de moi n’est plus là. J’ai un chéri et deux beaux enfants, mais des fois je n’y arrive plus.
  5. Bonjour,
    Ce 16 juin 2018, ma fille de 24 ans s'est pendue.
    Je suis seule face à ma douleur et pourtant je dois rester sereine pour ceux qui restent. Mais je m'enfonce un peu plus chaque jour et personne à qui parler sans fondre en larmes.
    • Bonjour Béatrice,
      je vis le même drame que vous, ma fille de 23 ans s'est suicidé le 28 mars 2015. Comme vous j'ai cru que de ne pas montrer mon immense chagrin et d'être forte vis à vis des autres et pour les autres était la solution. Et bien non. Car lorsque j'étais seule, je criais mon désespoir, mes pleurs coulaient sans discontinuer, je me réfugiais dans mon lit pour ne pas affronter la réalité de la disparition de ma fille. Depuis 3 ans qu'elle est partie, mon coeur est déchiré, j'ai une plaie béante qui jamais ne cicatrisera. Elle est là toujours et elle sera toujours là. Mais je penses que si j'avais pu ou su partager ma douleur, parler avec les autres, échanger, j'aurais peut-être mieux surmonter. Je dis surmonter mais pas oublier. Car la disparition d'un enfant est inacceptable et c'est une déchirure que l'on portera jusqu'à la fin de notre vie. Alors la seule chose que je peux vous dire c'est de laisser votre chagrin s'exprimer, d'échanger avec les autres, de ne pas avoir peur de pleurer, d'oser parler de votre fille. Vous avez tout mon soutien et mes pensées vous accompagnent. Une maman dévastée
      • Je vis dans des souffrances terribles moi aussi. Mon fils s'est suicidé, je culpabilise beaucoup de ne pas avoir appelé les secours. C'etait un dimanche et il était en détresse.
        Ma douleur est immense. Je vis une double torture, je suis tellement malheureuse, je ne sais pas comment je peux encore avancer. Le malheur est trop grand. C'est indicible, il n'y a que ceux qui sont concernés par les mêmes souffrances qui peuvent comprendre. Comment vivre ? C'est l'enfer.
    • Bonjour,
      Lire tous vos témoignages de vos enfants, qui ont choisi de vous quitter, est déchirant. Mon fils de 37 ans a également choisi d'en finir avec la vie le 10 juillet dernier en se pendant. Il laisse une adorable petite fille qu'il adorait, mais cela n'a pas suffi pour éviter l'irrémédiable. Il était trop mal.
      Il nous laisse tous dans le désarroi. Son frère et moi avons une moitié de nous mêmes qui est morte avec lui. Nous vivons tous éloignés et chacun dans notre coin, nous essayons de surmonter notre immense chagrin. Le quotidien est très dur.
    • Bonjour Béatrice, je me suis connectée sur le site, et je viens de lire votre message.
      Je suis dans le même cas que le vôtre; ma fille était un peu plus jeune que votre fille, et son décès est aussi de ce mois de juin 2018. Situation très complexe à gérer avec de multiples difficultés. J'ai trois enfants et pour mon fils et ma fille qui restent c'est aussi très perturbant. Comment peut-on s'imaginer qu'on ne la reverra pas ? J'ose espérer qu'elle reviendra un jour comme avant quand elle venait me voir. Au présent, je vis avec elle depuis cette terrible annonce. Mais notre vie ne sera jamais plus comme avant avec elle.
    • Bonjour Béatrice. Je peux vous apporter mon témoignage car en 2013 un cataclysme a dévasté ma vie! Le 3 juillet mon fils de 23 ans s'est suicidé en sautant d'un pont de plus de 110 m, et 2 mois plus tard, mon propre compagnon (qui n'était pas son papa), s'est pendu dans notre garage; c'est moi qui l'ai trouvé.
      Depuis je suis en survivance. Je n'ai jamais pu rencontrer quelqu'un qui avait, comme moi, subi cette double peine ! Je prends conscience tout doucement qu'après avoir fait front pendant deux ans pour ma fille, le papa de mes enfants et plus généralement, pour rassurer ma famille, aujourd'hui je fais le constat terrible que je n'ai pas eu de mes proches, l'aide que j'en attendais.
      En effet, après m'être montrée pleine de courage au point que l'on m'a souvent demandé comment je faisais pour surmonter cette dévastation de ma vie, et bien j'ai répondu que tout simplement, j'étais devenue quelqu'un d'autre ! Parce que, voyez-vous, je n'ai pas eu d'autres solutions car sans ce dédoublement de ma personne qui s'est opéré tout seul, pour me permettre de survivre, "reptilement" parlant, je me sentais tout à fait prête pour faire comme eux, tellement la sidération était prégnante... J'avais ma fille qui est son aînée de quatre ans, le Papa pour qui ce fut très dur et puis également une très grande famille.
      Le problème est que j'avais placé beaucoup d'attentes dans cette grande famille très proche, trop d'attentes sans doute car elle n'a pas su voir que derrière le masque de vie que je leur présentais, il y avait ces deux êtres chéris qui allaient me manquer désespérément tout le reste de ma vie...
      Alors faites-vous aider, parlez énormément à votre entourage même si vous n'avez pas de personne très proche, allez consulter des psychologues, des thérapeutes, ils sont nombreux à pouvoir apporter de l'aide, quelles que soient vos convictions.
      Vous pouvez aussi vous diriger vers toutes les thérapies énergétiques que l'on trouve maintenant vous en trouverez forcément une qui va vous convenir. J'ai personnellement fait de l'EMDR, de l'hypnose... Je n'ai jamais pris un médicament, par contre Fleurs de Bach, huiles essentielles...
      Mettez tout en œuvre pour remonter la pente car c'est ce qui va vous permettre de mobiliser votre énergie et ainsi vous concentrer sur le désir de vie qu'il faut aller chercher au plus profond de soi même. N'en doutez pas Béatrice, cette énergie, vous l'avez, mais vous ne l'avez pas encore ressentie comme une ressource potentielle. Alors, faites-lui confiance, faites-vous confiance.
      Je vous dis ça parce que cinq ans plus tard je fais ce constat qui est de me dire que j'attendais trop de mes proches mais je ne leur ai pas permis de s'insérer dans aucune brèche de ma façade du "ça va" pour m'aider donc je suis fautive aussi ! Alors, ne commettez pas la même erreur que moi car voyez-vous aujourd'hui je ne suis pas encore au bout de mon travail de deuil et peut-être que, un relatif orgueil de ma part m'a mis dans cette position de ne pas oser demander à ma famille cette aide si précieuse.
      Dernière chose : spontanément, à l'issue du décès de mon compagnon j'ai commencé à écrire pour évacuer mes deux douleurs terribles et pour mettre des mots sur du papier. Mon fils avait une très grande maturité malgré son jeune âge et nous a laissés des textes qu'il a écrits. Il était très entouré de sa famille d'abord et de beaucoup beaucoup d'amis ensuite. Pour me donner une raison de plus d'écrire ce livre, j'ai moi-même pris à bras-le-corps les engagements de mon fils qui militait pour la nature, les éco-villages, l'anti-commercialisation et ai fait miennes ses convictions que je partageais déjà de son vivant.
      La perte de leur ami, a plongé son groupe de copains dans une profonde dépression au point que les parents m'ont même demandé d'intervenir auprès d'eux pour que les dommages collatéraux ne s'aggravent pas... Malheureusement, un de ses meilleurs copains a fini par mettre fin à ses jours également, trois ans plus tard...
      Voilà le témoignage que je peux vous apporter: je travaille depuis lors à la rédaction de ce livre par petits bouts parce que la douleur est encore tellement présente que ça me fait encore très très mal mais je pense que ce que je vais en retirer sera je l'espère, une aide pour tous ses amis notamment et peut-être aussi pour ma famille.
      Excusez-moi si j'ai été un peu longue mais j'avais à cœur de vous partager mon ressenti. J'espère que vous allez trouver votre voie et de tout mon cœur, je vous embrasse affectueusement.
  6. Bonjour, j'ai perdu mardi 7/02/17 mon fils de 20 ans d'une rupture d anévrisme... J'ai mal tellement mal... Je n'arrive pas à imaginer ma vie sans lui...
  7. Bonsoir,
    J'ai perdu ma fille de 24 ans il y aura 3 ans demain 3 février, jour aussi de mon anniversaire, où son père et moi l'avons trouvée pendue à son escalier chez elle. Depuis je vis une souffrance intolérable difficilement explicable à mes proches et amis.
    On m'avait dit qu'avec le temps cela s'adoucirait mais c'est le contraire. Je pleure beaucoup tous les jours. Je n'accepte pas son absence.
    Je suis morte avec elle...
    • Je ressens exactement la même douleur que vous Jocelyne. Mon fils Karim est parti lui aussi il y aura bientôt un an le 19 février, il aurait eu 25 ans le 9 février. C'était mon unique enfant. Ma vie n'a plus aucun sens mais il m'arrive parfois de penser aux bons moments vécus ensemble et cela me réconforte. Jet vous conseille le livre de Christophe Fauré sur le deuil après le suicide d'un proche, il vous aidera peut-être.
      D'une maman à une autre.
    • Bonsoir Jocelyne,
      Mon fils s'est suicidé le 28 octobre 2016 à 17 h : il s'est pendu à la fenêtre de son salon. Il vivait à Paris où il était étudiant. Il travaillait en alternance dans une boite d intérim. Il a fait un burn out.
      Depuis ma vie n'a plus de sens. Les psychiatres vous donnent des calmants mais on est comme un légume, en état végétatif. Je me suis plongée dans le travail, c'est mon seul répit à ma souffrance. Au travail, personne ne sait. Je ne veux pas de leur compassion. Parfois je pense mettre fin à mes jours... mais j'ai de la famille que j'aime et qui m'aime. Je ne veux pas leur faire endurer une telle souffrance. Alors je vis, j'ai des moments agréables, les meilleurs, c'est quand je travaille.
      Jocelyne, j'aurais voulu vous aider mais il n'y a que vous qui peut vous aider en trouvant un palliatif à votre souffrance.
    • Bonsoir,
      J'ai perdu ma fille le 16 novembre 2009 dans les mêmes circonstances. Depuis pour moi aussi, c'est une lutte de chaque jour, j'arrive à parler d'elle sans pleurer. Mais ce qui me fait mal, c'est l'attitude des personnes de notre entourage : j'ai l'impression que pour eux elle est partie et maintenant il nous faut avancer; ça me fait mettre en colère, s'ils savaient ce que nous devons supporter chaque jour.
      Vous savez maintenant j'arrive à gérer mes émotions et cela depuis une petite année. Si je puis me permettre, si vous avez envie de pleurer, faites-le et surtout ne vous retenez pas car cette douleur il vous faut la sortir. Pour moi la sophrologie m'a beaucoup aidée, mais nous sommes tous différents devant une telle épreuve. Beaucoup de courage à vous.
    • Mon fils s'est tiré une balle dans la tête; mon fils unique n’est plus là; moi aussi, j’ai arrêté de vivre; c'était le 7 août 2017.
      Déjà 7 mois, je viens de me réveiller, parait-il, car j’étais en état de choc. Je me sens à la mer, je ne vois plus la terre mais je nage; Je fais tout pour calmer ce mal et garder bien vivant cet être que j’ai porté 9 mois et avec qui j’ai partagé 42 ans de vie.
      Le coeur veut me sortir de la poitrine; tout est remis en question, lui moi. Chaque jour, je lui parle et j’adoucis ma colère avec mes mots; je lui dis que je n’approuve pas son geste mais que je comprends son mal de vivre et que je l’aime de tout mon coeur; je lui demande pardon pour les manques ou maladresses que j’ai pu lui faire vivre; en lui faisant part que tout a été fait dans l’amour sans lui faire tort; j’ai aimé de mon mieux, j’ai exercé mon rôle de maman avec tout l’amour de mon coeur; j'ai une blessure au coeur qui me suivra mais je ferai avec; je lui démontrerai combien je l’aime encore et combien la vie est précieuse et il m’aidera.
      Merci fiston d’avoir été dans ma vie; merci d'avoir existé ! Je t’aime du plus profond de mon coeur mon fils.
      Ta maman de la vie xxxxxx

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