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Rencontre autour d’Agathe

Conférence de Didier Pourquery - Paris - Enregistrée le 2 juin 2016

Didier Pourquery A l’issue de notre assemblée générale de 2016, Didier Pourquery, journaliste et écrivain, est revenu sur le délicat chemin de son deuil. Pour affirmer qu’en dépit du temps, l’amour d’un père pour sa fille disparue ne passera jamais.
Dans le livre L'été d'Agathe, les mots n'ont pas fait revivre Agathe, morte de la mucoviscidose à l’aube de sa vingt-troisième année. Didier Pourquery n’en attend nulle consolation, il a juste accompli la tâche de préserver le souvenir de sa lumineuse Agathe qui, au long de sa courte existence, ne s’est jamais départie de son énergie et d’une belle force intérieure, face à la maladie, “préférant vivre sa mort que mourir sa vie”. Pas de pathos, pas d’enjolivements de la réalité, Didier Pourquery chemine avec sa fille non sans crainte, mais avec un amour intact.

Pourquoi, après des années, avez-vous ressenti la nécessité d'écrire ce livre ?
Didier Pourqery : Je suis un compulsif des notes. Toute la vie d'Agathe est dans mes notes. Après sa mort, j'ai voulu reprendre le travail tout de suite [...] Mais j'ai été rattrapé par cette absence. Je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose. J'ai commencé un travail avec une analyste extraordinaire [...] J'avais des choses à régler, je l'ai fait pendant six ans. Et le travail d'analyse, à un moment donné, s'est mué en un travail de création. J'ai eu besoin d'écrire ce livre à partir de mes notes. Pour parler d'Agathe. C'était une obligation comme si c'était quelque chose que je lui devais, que je devais à notre famille. Comme aurait dit Agathe : "Obligé, tu vas écrire un livre".

Dans ce livre, vous évoquez le jour où son médecin lui a dit qu'il n'y avait plus rien à faire. Et elle vous écrit : comment continuer de penser ?
Didier Pourqery : On est dans l'absurde, même si je suis croyant, il y a une part d'absurde. Mais on avance, comme le disait toujours Agathe [...] On avance jusqu'à un certain point. Le jour où j'ai décidé d'aller voir un psy, c'est lorsque j'ai pris conscience que tous les soirs après le travail, je montais sur la terrasse, je sortais une cigarette, je regardais vers l'ouest et je pleurais [...] Je pensais mais quelque chose était bloqué. Aujourd'hui, à nouveau, j'aime les projets, j'aime faire naître des choses.

Ecoutez l'intégralité de ce témoignage passionnant avec le lecteur audio ci-dessous.

Ecrire pour se souvenir de son enfant

Enregistrement de la conférence de Sophie Daull - Paris - 13 avril 2016

Sophie Daull Sophie Daull, comédienne, a été au centre d'une soirée de notre association. Son livre des derniers jours et de l'après, Camille, mon envolée, est plus que le simple témoignage d'une mère endeuillée. C'est le roman d'une résistance à l'insupportable. Un texte d'une belle qualité littéraire qui renvoie à Philippe Forest et son Enfant éternel et rappelle l'importance des mots face à la perte et au deuil.
Pour écouter l'enregistrement, aller en bas de cette page.
Au cours de cette soirée, Sophie Daull a cité les textes suivants :
- La Fin, extrait du recueil La Jeune Lune de Rabîndranâth Tagore
"Mère, il est temps de m’en aller. Je m’en vais. Lorsque l’obscurité mourante fera place à l’aube solitaire et que, de ton lit, tu étendras les bras vers ton bébé, je dirai : "Bébé n’est pas là". Mère, je m’en vais."

- Les Vagues, Virginia Woolf, traduit par Marguerite Yourcenar, p. 948/949 dans l'édition des Romans et Nouvelles (oeuvres complètes), Livre de Poche, collection Pochotèque

- Patience dans l'azur, Paul Valery, extrait d'un plus long poème Palme, dans le recueil Charmes (1922)
"Ces jours qui te semblent vides
Et perdus pour l’univers
Ont des racines avides
Qui travaillent les déserts."

- Sur les bois oubliés quand passe l'hiver, Stéphane Mallarmé, extrait du recueil Poésies (1899)
"Sur les bois oubliés quand passe l’hiver sombre
pour revivre il suffit qu’à tes lèvres
J’emprunte le souffle de mon nom
Murmuré tout un soir"

- Christian Bobin, Noireclaire, Gallimard 2015, collection Blanche et La Plus que Vive, Folio n°3108, p.32-33

- Gabriel Zaid, La poesia en la pratica, Mexico, Fondo de Cultura Economica, 1986, p. 69. In Lire le monde de Michèle Petit, Editions Belin, 2014, p. 133.
"Ni la maladie, ni le malheur, ne font des gens des créateurs. Si c’était le cas, les famines produiraient des génies affamés.
Au contraire, être créateur c’est un certain mode de refus de la souffrance. Un refus créateur qui transfigure la souffrance en action, l’oppression en communion, la nécessité en liberté. La souffrance, l’oppression, la nécessité cessent d’être des circonstances malheureuses pour devenir des opportunités créatrices."

Enfin, Sophie Daull recommande ce livre : Le Temps de la Consolation, Michaël Foessel, Editions du Seuil, collection l'Ordre Philosophique.

Rencontre autour de Ferdinand

Enregistrement de la soirée lecture de Patrick Chesnais - Paris - 13 octobre 2015

Patrick Chesnais Patrick Chesnais a perdu son fils Ferdinand, le 13 octobre 2006. Accident de voiture : Ferdinand était passager, le conducteur était sous l’emprise de l’alcool. En septembre 2008, son père publie un livre témoignage Il est où Ferdinand ? : Journal d’un père orphelin (Editions Michel Lafon). Neuf ans après, au cours de cette soirée, il a lu des extraits de son livre et d’autres textes qui nous ont fait partager la douleur et le combat d’un père en deuil. Rappelons que Patrick Chesnais a créé en avril 2007 l’association Ferdinand pour prévenir les dangers de l’alcool au volant. Cette association produit notamment des spots de prévention avec un mot d’ordre : “Amusez-vous mais restez en vie !” Ces films courts et incisifs sont largement diffusés sur les grands médias (TV et cinéma).

Le couple à toute épreuve ?

Enregistrement de l'émission Sud Radio - C'est vous - 18 septembre 2015

Sur Sud Radio, dans l'émission 15-17, Isabelle Brès parle chaque jour avec les auditeurs de leur quotidien, de leur vie et leur donne la parole. Le 18 septembre 2015, c'est "L'amour à toute épreuve" qui figurait au coeur des débats. En particulier, comment un couple peut-il traverser, surmonter le deuil d'un enfant ? Agnès, maman endeuillée et animatrice au sein d'Apprivoiser l'Absence, a été interviewée en direct. Un beau témoignage.

Pourquoi soutenir les parents en deuil ?

Enregistrement de la conférence de Laure Adler - Paris - 12 juin 2015

Laure AdlerA l’issue de notre assemblée générale du 12 juin 2015, Laure Adler, journaliste et écrivain, est revenue sur son parcours de deuil et son engagement associatif. Dans son livre A ce soir, Laure Adler décrit, dix-sept ans après la maladie et la mort de son petit garçon Rémi, les circonstances de la maladie, le rapport avec le corps médical, et la mort au bout du compte. Un texte “surgi de la nuit”, où elle réussit à nous faire vivre toute la palette d’émotions qu’elle a traversées. Malgré ses multiples activités dans les médias, l’édition, un jour, elle devient animatrice au sein d’Apprivoiser l’Absence. Pourquoi ? Rappelons que Laure Adler a réalisé en janvier 2012, dans le cadre de l’émission Hors Champs de France Culture, une interview pleine d’authenticité d’Annick Ernoult, fondatrice d’Apprivoiser l’Absence. A retrouver dans la médiathèque de notre site, rubrique Audio ou en cliquant ici.