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Disaster Falls

La rivière sans retour
Un historien américain, Stéphane Gerson, perd son fils Owen âgé de 8 ans lors de la descente en kayak de la rivière Green à l’ouest des Etats-Unis. Owen meurt noyé. Le père et son fils étaient ensemble dans le même kayak, le père “menait” l’embarcation. La mère Alison et Julian le frère d’Owen étaient dans un autre kayak en arrière. Ce livre qu’on pourrait traduire littéralement par les “chutes du désastre” est à la source d’un récit évoquant un deuil familial mais au-delà une réflexion psychologique, géographique, historique.

De par la mort de son fils, ce père va nous entraîner dans l’histoire de sa famille, dans l’histoire intime, de son rôle de père, de père d’un deuxième enfant “survivant”, d’époux, de fils lui-même de son propre père qui décédera deux ans après l’accident de son petit-fils Owen. Mais au-delà, c’est histoire de l’immigration – en l’occurrence celle des Juifs aux Etats-Unis avec un détour par la France – et aussi un précipité de l’histoire des Etats-Unis, 11 septembre 2001 inclus.

C’est aussi le récit de la dépression, de la différence de réactions face au deuil éprouvées par l’auteur, par sa femme Alison, par leur second fils Julian ainsi que par les parents et beaux parents. Tous sont impactés, chacun à leur manière et différemment dans le temps et dans l’espace. Cette descente en lui-même, avec en toile de fond cette rivière, source de vie, mais ici de mort, est un exutoire, avec une absolue nécessité : celle d’écrire puis travailler, ou plutôt retravailler, comme historien, à l’université, reprendre une vie professionnelle “comme avant”…

Dans ce livre méthodique, analytique, Stéphane Gerson dissèque l’accident, ses causes, sa responsabilité personnelle, les responsabilités inexcusables de l’organisateur des descentes de la rivière. Ce livre constitue aussi une boucle : Stéphane et son père ont accompli auparavant un voyage en Biélorussie, retour aux sources du berceau familial, lorsque son père décide de se faire euthanasier. C’est encore le récit d’une rédemption dans lequel un père, un fils et un petit-fils se retrouvent dans la quiétude, ensemble tous les trois aux confins de la mort et de la vie. Leur ultime silence partagé entre pères et fils est comme la rivière enfin apaisée arrivée à la mer. Un livre inoubliable.

Yves C.

Voir la présentation de l’auteur en vidéo >>


Extraits du livre

“Bien que le monde ait toujours été dangereux, notre époque capitaliste semble nous exposer, sans que nous nous en apercevions à de nouvelles formes de risque. On construit des villes sur des zones sismiques ou inondables et, lorsque la catastrophe survient, la Nature fournit un coupable tout trouvé. Le facteur humain n’entre pas en compte.”

“Face à la mort d’un enfant, nous avons besoin de croire que nous nous serions comportés différemment, que jamais nous n’aurions exposé notre progéniture à de tels risques. Ce genre de pensées maintient l’ordre du monde et nous permet d’aller de l’avant.”

“J’ai résisté au néant, d’abord en me faisant le chroniqueur de nos propres vies, documentant avec précision les suites de cette catastrophe. Il me fallait créer une archive de ce qui se passe sur une rivière, au sein d’une famille et dans le monde lorsqu’un enfant meurt au début du troisième millénaire.”

 

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