Le matin amer dans ma bouche Les mains lourdes stériles. Mes yeux glacés La peur du réveil Le cœur massif comme brûlé dans cette poitrine fracassée. Le souffle gorgé de larmes écarlates. Mes bras avides de serrer l’enfant rieur volé par la mort. Mes lèvres engourdies de ne plus dire son nom de baiser ses cheveux son front tout son visage radieux. Ce corps léthargique corrodé par le chagrin jusqu’où devrai-je le porter ? Je survis au milieu des autres sourd à l’exubérance de la vie.
Extrait de L’enfant dans les vents du monde