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Ma Camimi d’amour

Tu es née un matin de juillet et tu as immédiatement ensoleillé notre vie. Tes yeux bleus et tes cheveux presque blonds, tes joues potelées, tout était beau en toi, mon ange. Ton regard, tes gestes un peu gauches, tes pleurs ont été pour moi une découverte. J’ai regardé dans tes yeux et j’ai vu que j’étais enfin quelqu’un. Celle que j’ai toujours voulu être. L’être le plus important pour toi avec ton papa. Des gens biens et surtout heureux, les plus heureux du monde.

Tu grandissais vite mais bien, toujours en haut des courbes, toujours en bonne santé. Nous ne sommes jamais allés aux urgences, ni pendant ma grossesse, ni après ta naissance. Je t’appelais mon bébé parfait.

Un soir de novembre, je devais venir te chercher plus tôt chez le nounou pour t’emmener voir le pédiatre. Le matin même ton papa et moi nous étions inquiétés parce que ton oeil gauche était rouge. Mais comme à ton habitude, tu riais et gazouillais. Tu as bu ton lait ce matin-là comme tous les autres matins de ta courte vie.

Vers 17h45, je suis arrivée sur le palier de chez ton nounou et la porte s’est immédiatement ouverte, alors qu’habituellement le nounou mettait dix bonnes minutes à ouvrir. J’ai vu alors le visage horrifié de sa femme qui m’a regardée et a dit : “C’est Camille, elle ne respire plus”.

Et là, l’affolement, j’ai couru jusqu’à la chambre et j’ai senti en moi un grand vide. Je t’ai vu, inerte sur le lit, avec les habits que je t’avais choisis le matin-même mais ton visage était bleu… Le nounou tentait de te réanimer, avec les pompiers au téléphone. Je me suis alors écroulée dans le couloir sans savoir quoi faire, fallait-il que je te parle ? Que je t’aide moi-même à respirer? que je m’arrache un membre pour te faire vivre ?
J’ai alors regarder dans ta direction et j’ai crié : “Respire ma Bébé! Allez!”
J’ai demandé ce que je devais faire. J’ai descendu les étages pour accueillir les pompiers et j’ai appelé ton papa qui était sur la route. J’entendais les sirènes tout en suppliant les secours d’arriver.
Ton père est arrivé cinq minutes après les pompiers. Je lui ai dit calmement ce qui arrivait, j’ai vu alors son visage comme jamais auparavant : déformé par la peur et l’angoisse. Les pompiers avaient fermé la porte de la chambre où tu gisais… Nous avons alors supplié tous les dieux de te redonner la vie… Plus d’une demi-heure était passée… Une attente insoutenable…
D’autres secours sont arrivés. Vers 19h, la pédiatre du SAMU nous a demandé de nous réunir tous les deux dans un endroit au calme… J’ai su, je le savais déjà, je ne t’entendais pas pleurer et ce depuis plus d’une heure… Et là, ce qu’on ne voulait pas entendre, ce qu’on ne pouvait pas croire : Notre bébé est mort…

Je suis allée te voir, je t’ai pris dans mes bras, je t’ai embrassée, je t’ai câlinée,j’ai posée ma main sur tes yeux mi clos, je t’ai parlé. Je garderai ce dernier moment avec toi, toute ma vie, au fond de moi.

Après plusieurs minutes et avant de te quitter, ton papa et moi sommes retournés te voir. A genoux devant ton tout petit corps, nous t’avons fait la promesse que nous ne t’oublierons jamais et t’aimer chaque jour jusqu’à notre dernier souffle. Nous t’avons promis que nous vivrons heureux ensemble malgré ton absence et que nous te donnerons des frères et soeurs, que nous nous battrons pour vivre.

Ton décès n’a pas été expliqué, nous n’avons pas de raison mis à part la mort subite du nourrisson… Nous ne pouvions même pas soupçonner que cela puisse arriver. Et nous voilà “orphelins de notre enfant”…

Alors, j’ai été très en colère, puis je me suis dit que tu ne souhaiterais pas me voir comme ça. Je ne comprends pas ce qui t’es arrivée mais je sais que là où tu es désormais, parmi les étoiles, tu brilles à jamais et tu éclaireras mon chemin.
Je sais que de là où tu nous regardes, tu veilles sur nous.

La promesse que je t’ai faite ce soir de novembre m’a sauvé la vie et elle m’aide chaque jour à me battre et à tenir debout. Et cette promesse je la tiendrai quoi qu’il m’en coûte.

Tu nous manques et chaque pore de notre peau te réclame. Comme disait ton papa, ce jour funeste, le monde s’est écroulé… Plus que le monde lui-même c’est notre monde à nous, nos instants précieux gardés jalousement que l’on n’aura plus la chance de partager.

Alors oui on se relèvera, oui nous aurons d’autres enfants que toi mais jamais personne ne te remplacera, jamais on ne t’oubliera. Le temps guérit de tout sauf de ça, de ce manque viscéral, de l’absence irremplaçable de toi ma Mimi, mon tout petit ange.

Je t’aime ma Camille d’amour.
Ta maman Emilie

10 commentaires

  1. Bonjour Emilie,

    Merci pour ce beau témoignage dans lequel je me retrouve malheureusement.

    Je survis également à la perte subite de ma fille Eva, mon premier enfant, notre premier enfant. Elle avait 14 mois et 10 jours.

    Le drame s'est passé le 10 février 2019 avec ses grands parents qui la gardaient pour la première fois un week-end entier. Petite gastro (un rotavirus) qui n'avait sévi que depuis quelques heures à peine, puis des convulsions soudaines dans la voiture à côté de sa grand mère adorée. Les pompiers sont arrivés juste à temps sur la seule aire d'autoroute présente à cet endroit... Mais Eva a fait un arrêt cardiaque à leur arrivée.

    S'en sont suivies 45 minutes de massage cardiaque, de piqûres mais en vain! Juste nous laisser, nous parents, le temps d'arriver et de nous annoncer de vive voix que oui notre fille, qui allait encore très bien la veille est partie pour toujours, sans nous avoir laissé le temps de la prendre une dernière fois dans nos bras de lui dire combien on l'aime et de la remercier de tout ce qu'elle nous avait apporté pendant ces 14 mois et 10 jours à nos côtés.

    Nous nous retrouvons du jour au lendemain, seuls, sans but mais une chose est sûre, je ferai en sorte qu'Eva continue de "vivre" et continue de partager à travers nos discussions, ses photos et vidéos, ses rencontres, notre quotidien.

    Eva avait une immaturité du tronc cérébral décelée quelques semaines après sa naissance (pas d'anomalie physique mais juste un fonctionnement qui n'était pas "normal") qui se matérialisait par des apnées du sommeil (mais elle était appareillée pour ça et elle portait de moins en moins sa machine car les progrès étaient làa) et un retard de développement (mais qui grâce à plein de méthodes d'apprentissage testées, évoluait positivement).

    Nous avons eu la chance (car oui c'est bel et bien une chance) de travailler chacun à mi-temps avec son papa pour pouvoir nous occuper de notre fille. Nous avons eu cette chance de partager 14 mois et 10 jours pratiquement à plein temps à ses côtés, de constater ses progrès, d'apprendre au quotidien (car oui nos enfants nous apprennent, nous font grandir et permettent de nous faire voir d'autres horizons), de se donner tant d'amour mutuel à n'en plus finir.

    Eva nous a tellement apporté et appris, elle a touché énormément de monde (famille, amis, collègues, voisins, médecins...) par son combat pour avancer toujours et sans jamais se plaindre (on ne connaît toujours pas la cause de tous ses maux).

    Je veux prendre cette force qu'elle nous a tant montré, je veux aider, aider ceux qui en ont besoin et qui peut-être vivent une expérience semblable. Je ne veux pas que le départ soudain et encore inexpliqué d'Eva persiste.

    J'écris, j'écris notre histoire, cela me fait penser à elle au quotidien j'ai l'impression de la faire revivre même si ce n'est qu'illusion. Je vais dès que j'en aurais la force faire partager tout ce que nous avons appris notamment au niveau médical grâce à Eva, aux méthodes qui existent pour aider nos enfants qui sont "différents" et pour qui il n'y a pas de médicament miracle pour les aider.

    Je ne sais pas si ces méthodes peuvent aider dans le deuil mais en tout cas après le contre coup de l'annonce de son départ si soudain je ne suis pas encore prête à vivre la phase où l'on se rend compte qu'on ne la reverra plus. Je préfère avoir encore cette illusion qu'Eva partage notre quotidien et que nous sommes encore trois à le vivre.

    Je ne te remercierai jamais assez mon bébé de nous avoir autant apporté.

    On t'aime louloutte.
  2. Ma fille aurait eu quatre mois aujourd'hui, elle aurait été encore plus belle qu'elle ne l'était déjà à dix semaines lorsqu'elle nous a quittés. Une malformation vasculaire-cérébrale grave décelée à la naissance, une intervention complexe devant lui offrir une vie "normale", un espoir vain, elle nous laissait là quelques heures après cette opération, avec à nos côtés des médecins interloqués par cette évolution tragique.
    Mon gros bébé, six semaines après, tes parents sont debout, se soutienent mutuellement pour mettre chaque jour un pied devant l'autre, d'un pas lent mais ils avancent portés par tes sourires et riche du bonheur que tu leur as apporté, mille mercis.
    La psychologue à l'hôpital m'a demandé: êtes- vous en colère? J'ai répondu contre qui devrais-je l'être et à quoi bon? Cette épreuve est atroce, je dois faire le deuil de ma paternité éphémère, de mon insouciance, de ma vie de couple d'avant... Alors pourquoi devrais-je éparpiller le peu d'énergie à disposition?
    Une vie dérobée est déjà bien trop, inutile d'en gaspiller deux autres! Aujourd'hui, je veux allouer mes quelques forces à faire de nouveau sourire la maman de mon "gros bébé", je veux m'appliquer à retrouver le chemin du bonheur parce que persone ne pourra le faire pour moi, je veux simplement vivre pour que ma fille soir fière de moi, de ses parents. Se reconstruire sans son enfant n'est pas oublier, c'est le faire vivre à travers nous, une responsabilité.
    Mon "gros bébé", tu me manques, tu nous manques terriblement. Sogno d'oro
  3. Bonjour,
    vos témoignages me touchent profondément, je vois que nous partageons la même peine ...
    J'ai perdu mon petit garçon de 4 ans au mois de février et depuis, c'est très difficile de vivre, de survivre à ça... J'essaie de me dire qu'il est une étoile qui m'accompagne chaque jour mais lorsque je songe à lui au cimetière, c'est une souffrance insoutenable. Comment faîtes vous pour continuer, mon petit ange me manque tellement..
    Courage à toutes,
    Stéphanie
  4. Votre témoignage à la suite du départ de votre petite Camille me touche profondément car chaque mot pourrait nous concerner : je suis la grand-mère d'un petit Amour de 4 mois et 2 semaines qui est parti subitement chez sa nourrice de ce qu'on appelle "la mort subite du nourrisson".
    comme vous, nos enfants l'ont déposé le matin : il était en pleine forme, gai et heureux et les pompiers les ont appellés à leur travail en début d'après-midi... Notre petit Ange s'était envolé pour toujours et penser aux heures terribles que ma fille et son compagnon ont vécu ce jour là me laisse dévastée...
    C'était un bébé magnifique et tellement attendu, il était en parfaite santé comme l'atteste l'autopsie... Comment accepter l'intolérable et l'inconcevable surtout quand cela touche de plein fouet nos enfants qui viennent de connaître l'immense bonheur d'être parents pour la première fois ?
    Je ne suis que la grand-mère mais je me sens anéantie et ma vie comme assombrie pour toujours. Je vous souhaite à tous, tout le courage nécessaire pour avancer.
    Merci de m'avoir lue,
    Une mamie meurtrie et désemparée.
    • Bonjour,
      Je viens de lire votre publication et je ne pouvais m'empêcher de laisser parler mon cœur et de vous dire ces quelques mots.
      En effet, j'ai vécu moi-même avec mon compagnon le même drame à quelque chose près. Nous avons perdu notre petit Damien, ça fera 7 ans dans quelques jours d'une mort subite du nourrisson. Cela est arrivé en week-end à notre domicile.
      Aujourd'hui, même avec le recul, on peut dire que nous ne sommes plus les mêmes, même si avec le papa on a rebondi. La force de l amour: nous avons eu deux autres petits garçons qui nous inondent de bonheur.
      J'espère que ce message vous apaisera comme il m'a été utile de vous raconter mon histoire. Aussi j'adresse ces quelques mots car je souhaiterais échanger sur notre deuil avec tous les parents endeuillés.
      • Bonsoir

        Je me permets de réagir à votre commentaire parce que je trouve enfin et à la fois malheureusement une personne qui ressent cette douleur qui brûle à chaque instant mon coeur.
        Ma petite Déesse, ma beauté, ma choupette nous a abandonnés un matin il y a maintenant 4 semaines. Une petite battante prématurée mais en très bonne santé, respirant seule comme une grande, se débrouillant comme championne.
        Ma petite merveille, un petit taureau déterminé si petite, si douce et innocente et un matin tout s’effondre. J’ai retrouvé mon petit ange inerte, bouche à bouche, massage en panique sans savoir si je faisais correctement les choses avec un pompier en ligne et les secours en route. Des minutes interminables, seule, suppliant ma petite fille de revenir auprès de moi,,suppliant Dieu de ne pas me priver de mon trésor.
        Ils m’ont éloignée d’elle, elle s’est laissée aller et quand j’ai pu l’approcher la suppliant de ne pas me laisser tomber, son coeur est reparti mais pas pour longtemps. Elle a quand même pris le temps de laisser sa tata arriver du Nord pour soutenir sa pauvre mère si faible et malheureuse sachant que seule je n’aurais peut-être pas survécu.
        Je ne réalise pas vraiment bien que les visites au cimetière, acheter des fleurs et des bougies à ma beauté plutôt que du lait ou des vêtements ça me déchire le coeur. Voir des bébés partout me bousille littéralement, pourquoi moi ?
        Ma vie est devenue comme les vêtements que je porte, noir... La seule et unique chose qui fasse que je me lève le matin, ce sont mes garçons, mes amours, mes piliers. Je prie Dieu d’être assez forte pour eux et ma petite maman parce que ça devrait être interdit cette douleur, ce cauchemar d’enterrer son enfant.
        Vous savez, j’aime très fort mes garçons, autant que ma fille, ce sont tous mes enfants, mais là douleur, le manque d’elle est insoutenable. J’aimerais échanger avec d’autres personnes qui ressentent les mêmes choses que moi, c’est compliqué avec les gens qui, une fois rentrés chez eux, retrouvent leur petit bonheur; moi ma douleur elle ne me quitte plus.
  5. Mon Ange wilfried Kenzo
    Tu es partir le 6 Décembre en emportant une partir de Mon Coeur, ton décès a eu lieu Loin de moi ta mère qui t'a porté 9 mois dans mes entrailles. Je n'ai pas pu être présente pour t'assister, te soutenir, entendre tes derniers mots.
    Mon coeur saigne, je me sens mal sachant que tu nous a quittés dans la fleur de l'âge, à seulement 16 Ans. Sache que je t'aime toujours, tu resteras le petit Ange de ta maman chérie comme tu aimais m'appeler. Nos projets restent vains. Mon Coeur saigne...
    • Bonjour Caroline.
      Je vis la même drame que vous: mon fils est décédé alors que j'étais parti en Afrique. Je devais rentrer le 23, il est décédé le 19 avril 2018. Il a été poussé dans la Seine par un ami, il avait 14 ans et son jumeau était présent lors du drame, il a essayé de le sauver.
      Je suis anéantie, j'ai tellement mal que je n'arrive pas à respirer; c'est difficile, très difficile à vivre, mais il faut continuer à vivre surtout si vous avez d'autres enfants.
      Soyez forte, votre enfant vit dans votre cœur !!! Courage
  6. En cherchant un livre je suis tombée sur cette magnifique et très triste lettre. Mes enfants traversent le même drame. Ils sont très forts et je les admire. Aujourd'hui ils ont un petit garçon et attendent une petite fille en novembre.
    Que du bonheur à venir mais aucun de ces enfants ne comblera le vide laissé par le décès de notre amour de petit fils. La vie continue avec ces magnifiques étoiles qui nous guident à tout jamais.
    Je ne vous connais pas mais je vous embrasse de tout mon coeur et vous souhaite de beaux enfants qui vous combleront autant mais différemment que votre petite Camille.
    Une mamy blessée à tout jamais
    • Bonjour,
      Votre témoignage me bouleverse car je suis aussi une mamie "blessée à tout jamais".
      Comment allez-vous depuis ce temps passé et surtout comment avez-vous fait pour surmonter et accompagner vos enfants ?
      Je partage ce que vous avez écrit et espère que vous avez réussi à avancer.
      Pour ce qui me concerne, c'est très dur car cela est arrivé il y a à peine plus de 2 mois...
      On parle du double deuil des grands-parents, cela est si vrai et tellement douloureux...
      Bien amicalement, Anny

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