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Je ne lâcherai pas

Même si ta mort reste un scandale
que je ne cesse de redécouvrir
Je ne lâcherai pas

Même si je ne suis pas encore tout-à-fait sûre d’avoir intégré
le fait que je ne te reverrai pas dans ce monde

Même si souvent je me dis
que ce n’est pas possible
de continuer sans toi

Même si depuis ton départ, tout me coûte et
que l’énergie me manque

Même si ma vie s’est repliée,
Même si je pleure dix fois plus souvent que je ne ris
Même si la tristesse est toujours à portée de coeur

Même si je n’ai plus rien à raconter à mon entourage
qu’ils pourraient comprendre et accepter
Même si parler de toi est à la fois indispensable et impossible

Je ne lâcherai pas

Parce que je ne me déroberai pas à ce qui fait ma réalité aujourd’hui
Parce que si je suis encore en vie c’est qu’il doit y avoir une raison
Parce qu’il reste des combats à mener, de l’amour à donner et à recevoir

Parce que ce n’est pas grave d’être triste ou d’avoir mal
Il y a un temps pour rire et un temps pour pleurer
Parce que ma vie a été belle autrefois et que j’ai eu ma part
Parce que j’ai eu le bonheur de t’avoir avec moi pendant longtemps

Parce que j’ai la chance que tu m’aies appris à vivre,
Que tu me laisses tout ce dont j’ai besoin maintenant
Comme des petits cailloux que tu aurais semé sur ma route
et que tu sèmes encore

Parce que je veux plus que tout te retrouver là où tu es
Quand ce sera pour moi le moment de m’en aller
Et que trop de chaînes m’entravent encore
Parce que le salut de mon âme compte plus que tout

Parce que je sais que tu es avec moi
et que j’apprends, lentement et difficilement,
à reconnaître ce qui pourrait être le signe de ta présence

Parce que ton regard est un océan d’amour
et qu’il a le pouvoir de faire naître le sourire
au milieu de mes larmes

Parce qu’au milieu du quotidien, surgissent des moments de joie
qui font de mon coeur serré et blessé
un coeur qui s’ouvre à la beauté de la vie et à l’amour

Je ne lâcherai pas
Je continuerai à marcher sur ce sentier difficile
de toute ma force, de toute ma volonté
en toute confiance

Parce que j’ai la certitude que tout est bien

Marie-Line 

https://laureneblog2015.blogspot.com/

6 commentaires

  1. Je m'appelle Valérie et je viens de perdre ma fille Camille 27 ans qui s'est étouffée en dormant.

    J’ai le cœur qui saigne de voir son compagnon dévasté, sa petite sœur effondrée. Mon mari a donné le change pour nous soutenir mais souffrant comme moi le martyre.

    Nous habitons en Meuse et si vous connaissiez un groupe d'échanges avec des parents dans notre situation, nous vous serions reconnaissants.
  2. Nous étions dans la joie... tu nous appelais de l'hôpital... la greffe va avoir lieu...

    Deux ans que tu attendais cette greffe de foie... une maladie non alcoolique...

    Une grande journée d'attente... ce fut une opération très difficile... ils ont dû faire la suite le lendemain...

    Tu refaisais des projets... 43 un âge serein...

    Mais trois jours avant la sortie... tu es tombé et plus jamais tu ne t'es relevé...

    Je suis tombée dans un gouffre en pleine nuit quand on m'a annoncé brutalement que l'on n'avait pas pu te ranimer...

    Un gouffre oû je n'entendais plus rien où je hurlais de douleurs... juste "Madame, il faut venir tout de suite"...

    150 km en plein nuit dans le froid... son frère a dû nous emmener... une route très mauvaise...

    Le ton sec de l'interne...

    La colère la douleur... les papiers... rendre son appartement, ses affaires... nous avons dû faire face à tout en peu de temps...

    Une bulle sans non... peu de sommeil... et là ma maladie me rattrape...

    J'ai encore un fils et pour lui je dois survivre... je ne sais pas comment...

    Une réflexion de mon frère... tu as un autre fils... j'ai donc expliqué à mon autre fils qu'un enfant ne remplaçait pas un autre enfant... il a bien compris.

    À l'hôpital nous avons attendu jusqu'au matin le chef de service... dans une salle d'attente... j'ai été obligée de me coucher par terre tellement la douleur de ma maladie ne me faisait plus tenir assise...

    Rien ne nous a été proposé. Pas de spychologue. Ou de conseils pour y aller... rien Quand même un petit déjeuner pour mon fils qui devait reprendre la route...

    Nous nous sommes retrouvés cruellement dehors... à faire face...

    La colère est souvent en moi... la douleur... pas encore la tristesse...

    J'ai perdu mon mari d'un cancer... et j'ai peur pour mon autre fils... si je le perds, tout s'arrête... plus de raison de vivre...


    Tu devais vivre et tu es mort... "repose en paix" ne veut plus rien dire pour moi... éternellement tu seras mon fils, petit, grand, devenu un homme... tant que je serai vivante, tu seras...
  3. Bonjour à tous,

    Je suis moi aussi une maman dans la peine et la douleur d'avoir perdu son fils unique le 9 mai 2018.
    Nous lui avons dit au revoir le jour de ses dix-sept ans. Comment continuer sans ma propre chair, mon rayon de soleil, ma vie ?

    Le jour de la cérémonie, je lui ai promis que je me battrai pour lui, pour qu'il soit fière de sa maman et pour que le responsable de son décès, lors d'un accident de la route, soit puni... Mon fils a eu la malchance de croiser une personne qui se croyait seule sur la route et n'a pas respecté une priorité.
    A notre arrivée à l'hôpital, il était trop tard, mon fils n'avait pas survécu. Plusieurs massages cardiaques n'ont pas permis de le faire revenir dans notre vie... hélas !

    Ça fait maintenant sept mois et je suis toujours debout... Je ne pensais pas arriver jusque là. Mais j'ai appris à mon fils, qui n'a pas toujours eu une vie facile (sans rentrer dans les détails), à se battre quoi qu'il arrive et à toujours relever la tête. Ce qu'il faisait, alors s'il me voit m'écrouler, je ne serai plus crédible, et je lui dois bien ça.

    Il n'a pas demandé à quitter ce monde et moi non plus car sinon j'aurais pris sa place. Nous étions tellement fusionnels tous les deux que l'on avait même pas besoin de se parler pour se comprendre. Malgré ses dix-sept ans qui approchaient, j'avais toujours droit à mes câlins du matin, au câlin du soir. Des messages dans la journée, des attentions et j'en passe. Une complicité qui me manque tellement de jour en jour...

    Que c'est dur et cruel de devoir survivre à son enfant et de se dire que plus jamais je ne le prendrai dans mes bras... Une chose très difficile à vivre (pour moi en tout cas), c'est de ne plus entendre ce simple mot "maman" qui me rappelle que mon enfant n'est plus là, qu'il ne passera pas son permis, il ne me présentera pas ses copines, je n'irai pas à son mariage, je ne serais jamais grand mère... Tout ça fait si mal, c'est insupportable.

    Par moment, je ne supporte pas de voir que le monde continue d'avancer sans lui et que même moi je continue... Je culpabilise beaucoup quand j'arrive à passer un bon moment avec des amies ou la famille car mon fils n est pas là pour partager ce moment qu'il aurait adoré. J'ai mis ma vie de couple entre parenthèse (mon mari est le beau père de mon fils), je n'arrive plus à y trouver ma place tellement mon fils occupe toutes mes pensées .

    A mon travail tout se passe bien car nous sommes une super équipe et j adore mon travail. Je suis très entourée par ma famille, mes amies et même mon mari qui se sent désemparé devant ma douleur. Pour ma part j'ai besoin de parler tout le temps de mon fils, je veux qu'il continue à faire partie de notre vie. Je vais plusieurs fois par semaine au cimetière et dans sa chambre que j'ai transformée en bureau pour être proche de "lui" et de ses affaires. Tous les soirs, j'y allume une bougie.

    Pour Noël, je lui fais toute une décoration au cimetière car il adorait ça. Certaines personnes trouve ça étrange mais une amie qui a eu le malheur de perdre ses deux enfants en même temps dans des circonstances tragiques m'a dit qu'il fallait faire pour nous et pour nos enfants les choses que l'on ressent sans s'occuper du regard et de l'avis des autres; car chaque parent et chaque enfant est unique, donc chaque personne réagit et a des besoins différents... Et les personnes n'ayant pas vécu un tel drame malgré leurs bonnes intentions ne peuvent pas se mettre à notre place.

    Courage à vous tous et pensées à tous nos anges.
    • Chère Karine,

      Votre témoignage m'a touché car ce que vous vivez, moi aussi je vis; les mêmes choses, les mêmes souffrances.

      Nous avons perdu Romain le 04/02/2018, presqu'un an déjà, d'un accident mais pas de la route comme vous. Il était étudiant à Tours et il est monté tout seul à Paris ! Romain n'étais pas bien, hélas on ne le savait pas, il rentrait toutes les trois semaines à la maison.
      Bref, il a rencontré une personne, il avait bu, ils sont montés chez lui et au petit matin, la personne l'a renvoyé hors de chez lui, Romain ne trouvant pas la sortie, il est passé par les toits et il a glissé du septième étage. Voilà , je suis de tout coeur avec vous.

      Par ailleurs je monte à Paris ce 14/01/19 pour assister à la conférence de Lytta Basset (sur le sujet)

      Lisez sur Victor Hugo, le drame de la mort de sa fille chérie et de son gendre Charles qui s' est laissé sombrer, ne pouvant sauver sa bien aimée de la noyade, elle est morte au même âge que Romain, dans sa vingtième année; comme nous, le grand homme en fut terriblement touché...

      Je souhaite continuer à vivre mais désormais je vois la vie d'un autre oeil.

      Cordialement vôtre
      Anthony
  4. Mon gamin, tu as choisi de partir ce mercredi 28 novembre 18, plus d'une semaine sans t'entendre, une semaine d'enfer avant les autres, je me pose la question, pourquoi ? Pourquoi tu ne m'as pas sonné pour me dire : Maman vient, ça va pas... Mais pourquoi je ne suis pas allée chez toi, tu devais venir te reposer à la maison... Je m'en veux... Tu nous a laissés, ta fille, ton frèro et moi, ta maman... Ton frère m'a fait promettre... Il sait ce que je pensais... On s'est fait une promesse l'un et l'autre, tu sais lesquelles... Avec tout ce qu'on avait vécu, on formait un trio...

    Je suis mal au plus profond de moi... Je vais te voir et j'irai te voir tous les jours entre 10 et 11h, l'heure que tu me sonnais, j'attends tous les jours que mon portable sonne, que ton prénom apparaisse et entendre ton "Bonjour, c'est moi".

    Je me dis que c'est un cauchemar, que je vais me réveiller. Mais non, alors je vais te voir... Aide-nous mon gamin, aide-moi à comprendre... Une partie de moi est avec toi, même si j'arrive à surmonter tu seras toujours avec nous, quand je parlerai de toi, ce sera au présent pas au passé...

    Je t'aime mon gamin. Je vous aime, ton frère, notre pupuce et toi...
    • Bonsoir Liliane,

      Je suis de tout coeur avec vous. Moi Père aussi, mais orphelin de notre fils Romain décédé le 04/02/2018, presqu'un an déjà d'un accident.
      Votre témoignage m'a touché. Je serai à Paris à la conférence de Lytta Basset le 14/01/19 à Paris qui traitera de la perte d'un enfant (c'est marqué sur le site).
      Moi aussi, je crois que c'était un cauchemar et comme vous le lendemain matin, la réalité était bien là hélas.

      Je cherche à me reconstruire, c'est pour cela que je serai à cette conférence.

      Très Bonne Année à vous et à vos proches.

      Cordialement vôtre
      Anthony

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