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Ils ont nié notre peine et dévalorisé les vies d’enfants

Comme beaucoup de parents endeuillés, nous avons été choqués par le vote de refus de prolongation des congés parentaux après le décès d’un enfant. Le cynisme, le manque d’humanité, le froid calcul de coût des députés rajoute de la douleur à notre immense douleur.

Ils avaient le pouvoir de légiférer pour ce qui est une tragédie. Par cette triste quantification, ils ont nié notre peine et dévalorisé les vies d’enfants. Douze jours de répit sans avoir à justifier d’une date de reprise de travail, sans crainte de mécontenter sa hiérarchie par un arrêt maladie c’est précieux dans ce contexte de douloureuse séparation. Il faut laisser ce temps aux parents quels que soient l’entreprise, le secteur d’activité, les conventions collectives.

Certes ce congé n’est que le début du deuil mais c’est le temps de reconnaissance et de solidarité de la société pour que l’on puisse se consacrer aux démarches, à l’adieu à notre enfant à son dernier hommage. Le temps de pleurer à l’abri des regards sans avoir à enfiler un masque social indispensable dans la vie professionnelle. C’est aussi un temps où l’on se force à vivre, où l’on pense à chaque instant à son enfant, en étant incapable de se concentrer pour assumer ses responsabilités et ses missions professionnelles habituelles. Un temps où l’on est présent pour les frères et sœurs tellement en souffrance.

Ce temps de congés, on aurait voulu ne jamais en avoir besoin parce qu’on donnerait tout pour ne jamais avoir vécu ce que l’on a vécu.

Claire
Maman de Thibaut – Groupe Apprivoiser l’Absence – IDF 65

 

Un commentaire

  1. 12 jours ??? On a "pris perpette".
    Reconnaissez le handicap des parents endeuillés !

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