Accueil / Témoignage / Avec Lili, je suis partie

Avec Lili, je suis partie

A travers mes lectures, les témoignages et autres articles, je me suis aperçue que nous, mamans endeuillées, parlions la majeure partie du temps de notre chagrin. Douleur de l’absence, douleur du manque. Puis souvent nous nous raccrochons à nos souvenirs qui adoucissent notre cœur en miettes.
Mais je constate que rarement, nous parlons de nous. Voici un petit texte sans prétention que j’ai écrit pour exprimer,  du moins essayer, ce que j’ai comme impression d’être aujourd’hui. Je m’adresse à ma Lili.
“Je suis entre deux Moi. Je suis entre Moi. Le Moi d’avant, tu sais duquel je parle Toi! Eh bien, il m’a quittée en même temps que ton Toi charnel.
Je porte le Deuil de toi et moi.
Le nouveau Toi, je le devine, je le sens, je l’apprends.
Mais mon Moi, le nouveau, n’est pas encore né. Ou alors… ce n’est pas ça Moi ?!
Non ! Ce n’est pas possible ! Il ne me plaît pas.
Il est fort, peut-être. Mais il est si triste, on le voit dans ses yeux, ses silences. Puis il fait semblant. Ça me dérange ça ! Je n’ai jamais joué la comédie. J’ai toujours été vraie. Ah ! Ce Moi là est vrai aussi ?!… Rhaaaa! Non ! Je ne l’aime décidément pas.
Tu penses que je dois l’accepter, l’apprivoiser ? Mais dis Moi (donc à moi !),je peux le faire évoluer, tu crois ? Non, parce que là comme ça, si je dois vivre avec moi, ça va pas le faire !
Bon au fond, il est bon aussi. Souriant, généreux, dynamique aussi. Mais tellement solitaire et angoissé par tant de trucs. Pfff.
Bon je vais faire un effort et essayer de me familiariser avec Lui. Peut-être comme ça, ben les gens aussi du coup… Mais bon, je promets pas un succès immédiat ! On verra bien.
Il est temps pour Moi de dire au revoir à tout ce qui était moi.
Adieu Moi et tout ce qui brulait en moi. J’espère qu’une braise restera au fond pour qu’un jour le nouveau moi la réanime pour que tu sois vraiment fière de Moi.”
Soliloque schizophrénique d’une Mamange


Autres témoignages de la même auteure

5 commentaires

  1. J'ai perdu mon bébé de 3 ans ce 25/11/2017 dans un accident de la route dont je ne suis pas responsable mais qui me fait culpabiliser.
    Mon bébé me manque tellement, je me sens tellement vide à l'intérieur, j'ai plus envie de rien. Quand je sors dehors, j ai une boule au ventre.
    Pourtant j'ai un grand de 14 ans qui a besoin de moi, alors j'essaie de rester forte mais c'est tellement dur. Les gens s'attendent à retrouver la Vanessa toujours souriante. On me disait que j'étais un rayon de soleil mais celui-ci est parti.
    Comment accepter de vivre sans mon bébé ? Tous les jours, j'entends : reste forte pour ton grand, avec le temps ça va aller, t'as que 30 ans tu feras d'autres enfants. Mais ils comprennent pas...
    J'aimerais parler avec quelqu'un à qui malheureusement c'est arrivé mais je connais personne. Mon coeur est complétement détruit. J'ai l'impression de ne plus rien ressentir.
    • J'ai perdu ma fille le 4/01/2017, déjà 1 ans et elle me manque terriblement.
      Je me sens vide comme toi sans joie.
      J'ai 2 autres filles de 20 et 11 ans, je sais qu'elles ont besoin de moi que je dois aller de l'avant, qu'elles ont besoin
      d'une mère forte mais souvent je n'arrive pas à cacher mes larmes, je suis triste et ne ressens rien non plus.
      Le temps passe et je suis comme à coté de la vie mais plus dedans. Les gens ne peuvent pas comprendre,on est en décalage avec eux..
    • Un enfant ici et l'autre... ailleurs ; et toi, la mère, à vouloir être avec les deux, écartelée ; j'ai connu ça, voici plus de 28 ans. La naissance d'une troisième (pas du tout remplaçante, pas du tout conçue pour remplacer le fils disparu), deux ans plus tard, m'a remise dans la vie, a même paru atténuer la plupart du temps, pendant vingt ans, cette drôle de dépression qui fait de nous, les parents endeuillés, des zombis. Ma fille est adulte, maintenant, elle vit sa vie. La vieille dépression m'a attendue : pas tous les jours, mais brusquement, sans raison apparente, elle m'assaille ou m'enveloppe, ou bien elle édifie un mur entre la vie et moi ; alors j'évite de rencontrer des vrais vivants : je pleure, ou bien je dors ; l'un ou l'autre sans pouvoir m'arrêter... Et puis "ça" repart : la vie, c'est fort.
      J'ai lu que c'est pathologique, cette prolongation infinie du deuil. Ben oui. Et alors ?
      Il me semble qu'il faut laisser la tristesse nous traverser -ce que je n'ai pas fait, pas sûre de ne pas m'effondrer totalement, ou exploser, je ne sais pas, un truc invivable pour mon enfant vivant-, en confiant notre dérive à quelqu'un qui peut comprendre, qui nous aidera à remonter quand la vague noire sera passée -elle passe ; oui, elle repasse, mais elle passe : il y a des répits-. Quelqu'un d'ici, peut-être...
  2. Ce Moi, celui qui faisait que ce moi aux yeux des autres était moi, n'existe plus. Ce moi s'est éparpillé en mille fragments, mais les autres continuent de vouloir voir ce moi qui était moi et qui a explosé en plein vol depuis 3 ans. J'ai l'impression que je suis deux, celle qui est là aux yeux des autres et qui n'est plus moi, et moi qui regarde ce moi perdu vivre tout en faux-semblant. Et je voudrais que ce nouveau moi qui n'est pas encore moi s'étale au grand jour et que ce moi soit visible par tous avec mes fêlures, avec ma blessure béante qui ne cicatrise pas.
    Mais voilà l'entourage n'est pas prêt. Alors ce moi qui n'est plus moi et ce moi qui devient moi se côtoient et ne fusionnent pas. Combien de temps encore afin que mon nouveau moi soit accepté et compris.
    Je le sais, jamais plus je ne serais cet ancien moi, et pour vivre avec mon nouveau moi, qui représente ce que je suis aujourd'hui, il faut que les autres le reconnaissent. Je suis une maman brisée et amputée d'une part d'elle-même et rien ne sera jamais plus comme avant. Christine
  3. Merci au site de l'avoir partagé!

Réagissez

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

Votre commentaire sera publié après validation.

*