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Aidez-nous à maintenir son souvenir en vie

Vous en croisez tous les jours sans le savoir,
Des parents qui ont perdu un enfant.
Ils ont souvent le regard comme éteint, absent, tourné vers leur manque,
Ils ont souvent les yeux brillants, brillants de larmes prêtes à couler,
Ils ont souvent un vague sourire teinté d’amertume en regardant les autres enfants,
Car ils leurs rappellent ô combien douloureusement tout ce qu’ils ont perdu.

Vous les évitez parce que vous ne savez que dire,
Vous changez de trottoir pour éviter de poser cette question “comment vas-tu?”,
Vous ne téléphonez plus car vos appels restent sans réponse,
Vous n’osez pas les inviter pour ne pas leur imposer votre bonheur ou parce qu’ils refusent systématiquement,
Vous ne comprenez pas qu’au bout d’un certain temps ils ne tournent pas la page pour recommencer à vivre.
Seuls restent ceux qui ont l’amitié chevillée au corps, ceux qui ont traversé la même horreur.

Ce que vous ne savez pas, c’est que la perte d’un enfant ce n’est pas “uniquement” la perte d’un être très cher,
La perte d’un enfant c’est l’anéantissement de l’avenir, l’arrachement à vif d’une partie de soi-même, la perte du sens élémentaire de la vie, la perte de tous ses repères et même parfois de son identité.
Chaque respiration devient un challenge, chaque jour se transforme en épreuve.
Le plus petit écueil devient insurmontable, la colère devient parfois une protection quand tout devient trop dur, l’envie d’arrêter sa propre vie nous effleure.
Même la caresse et la parole bienveillante peuvent devenir blessantes.

Alors ne parlez pas si vous ne savez que dire mais dites juste “je suis là”. Et surtout, continuez d’appeler, de laisser des messages, de proposer, car un jour, plus ou moins lointain, un jour un peu moins difficile, nous reviendrons vers vous. Car oui, s’il n’y aura plus de jours vraiment heureux, il y aura des jours moins malheureux.
Plus important encore, laissez-nous parler de notre enfant encore et encore, et parlez-nous de lui. Notre enfant n’est pas devenu un sujet tabou, nous avons besoin de le rendre vivant encore et encore par nos paroles, même si c’est en pleurant. En ne parlant plus de lui, c’est exactement comme s’il mourrait encore et encore. Aidez-nous à maintenir son souvenir en vie.

Natacha Foucot

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