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Vie de parent : comment survivre au suicide de son enfant?

Ces idées noires qui menacent de vous entraîner vers l’abîme, Gérard Delisle ne les connaît que trop bien. Il les côtoie intimement depuis plusieurs années à cause de ses épisodes de dépression, mais, surtout, elles lui ont enlevé son enfant, sa fille aînée, sa Catherine, un matin d’août 2015.

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109 commentaires

  1. Je suis femme médecin généraliste, j'ai exercé jusqu'en 2018. J'ai eu un garçon en 1991, Simon, et une fille, Emma en 1995, qui s'est défenestrée en 2014.

    Mais c'est moi qui me soignais, depuis des années, au Lithium avec un équilibre suffisant pour travailler, mais peut-être pas idéal pour soutenir l'enthousiasme d'une grande ado, qui a jugé que j'étais bien courageuse, mais qu"elle ne voulait pas d'une "vie de *****". Elle a beaucoup souffert, a été hospitalisée, suivie et a jugé qu'on ne l'aidait pas. Je l'ai beaucoup accompagnée, elle m'a beaucoup remerciée.

    Quand elle a cessé de vivre, à la minute où je l'ai su j'ai eu un très passager instant de soulagement de mon angoisse pour elle, puis j'ai eu, au lieu de culpabiliser, envie de militer pour faire comprendre au monde entier la souffrance morale. J'arrive par ce biais à rejeter la culpabilité sur la société et son indigence des faits psychiques.

    Je vis en me demandant si je vis, mais ça n'est pas nouveau, ça date de mon adolescence: j'aurais aimé ne pas vivre mais quand même j'étais curieuse de la suite... Je me dis: personne ne m'avait promis le bonheur, alors je prends ce qui vient c'est comme ça, je fais de mon mieux...

    Je compatis beaucoup à la souffrance des parents qui sont détruits, je suis sûre qu'il leur faut creuser, fouiner, chercher, avec de l'aide, pour se faire une personne psychique qui inclut le suicide de leur enfant.
    • Merci pour vos mots qui me parlent.
    • Que de douleur, de souffrance. On ne se croit pas capable de vivre une telle atrocité. Et pourtant...

      Combien de fois depuis que ma fille est partie je me suis demandé comment ce serait si j'allais la rejoindre. Mais j'ai une famille, un mari adorable et des enfants géniaux. Peut être au fond que ce n'est qu'un prétexte pour ne pas partir parce qu'au fond j'aime la vie, enfin disons que j'ai encore l'espoir qu'un jour ça puisse aller mieux.

      Cela fera 5 ans le 12 septembre prochain que Jeanne est partie. Pourquoi ? Je ne sais pas et c'est surtout ça qui est difficile. J'aimerai tellement pouvoir la joindre là, maintenant et lui poser la question. Peut être qu'après je pourrai supporter son absence ou tout au moins l'apprivoiser. Nous étions tellement proches. Elle ne connaissait rien de la vie, rien du monde qui l'entourait. J'aurais tellement aimé lui parler de sa vie future, de la belle vie qu'elle aurait eu, de ses voyages. Mais elle est partie trop vite, après douze belles années passées en sa compagnie.

      Depuis, la vie n'a plus de saveur et je m'oblige à avancer, à croire que ma vie est normale. Mais l'envie de vieillir me pousse à compter les années qui m'accorderont le droit de la rejoindre.
      • Bonjour Nadine.

        Je me retrouve tout à fait dans votre témoignage. Dans cette frustration de tous ces projets qui n'aboutiront pas, dans ce besoin de transmettre qui ne pourra pas se faire et dans ce désir de rejoindre mon fils, disparu dans un accident de la route il y a trois mois aujourd'hui.

        Comme la vie d'avant était belle avec l'insouciance qui la caractérisait, celle qui suit s'apparente à de la survie. Mais je suis obligé de me battre surtout pour ma fille qui a perdu son confident et son modèle, je n'ai pas le droit de m'effondrer, mais que c'est difficile !

        L'avenir fait peur, chaque jour ressemble au précédent avec parfois des rechutes encore plus violentes. Jamais, jamais, je n'aurais imaginé vivre une telle horreur. On dit que c'est un arrachement, pas une coupure bien nette. Il n'y a rien de plus vrai. Comment cicatriser ce qui a été arraché ?

        Vous avez passé le cap des cinq ans et c'est toujours vif... Pour le reste de la famille; il faut tenir jusqu'à la construction de ce lien intérieur où nous sentirons nos enfants, avec nous, souriants et complices dans une sérénité qui nous permettra d'apprécier encore la vie.

        Je veux y croire. Et je me permets de vous le souhaiter aussi.
  2. Quand faut-il parler ? Que faut-il dire ? Lire vos souffrances que je comprends si bien. 1 mois (décembre 2019) que notre fils (24 ans) a décidé d'arrêter sa vie. Nous l’avons-nous-mêmes, ma femme et moi, découvert dans son appartement, et nous en sommes traumatisés. La cérémonie a eu lieu juste un peu avant ces fêtes de fin d'années qui n'avaient déjà pas beaucoup de sens auparavant, et aujourd'hui encore moins. Je suis dans un monde irréel, très bien entouré jusqu'à maintenant, et bien sûr nous tenons ma femme et moi pour le 2ème petit frère de 21 ans, mais je sais aux lectures de ce forum et d'autres infos glanées sur le net, que ce chemin est vraiment inconnu et que les réactions sont très diverses. Pour moi parler me semble primordial, mais cela pourrait aussi se retourner contre moi, car oui la vie n'a plus le même sens. Rien ne prédestinait ce choix. Mais il l’a fait. Oui je hais ceux qui nous disent de ne pas culpabiliser, car en tant que parents ce sentiment est commun à tous ceux qui l'ont vécu. D'autres sentiments vont se greffer, mais la culpabilité va devoir se vivre et non la fuir, puisque c'est impossible. Mon deuil est trop récent pour que je puisse dire quelque chose à quelqu'un. Je ressens. Point. Pleurer est la seule chose que je ne contrôle pas du tout et que je laisse venir plusieurs fois par jour. Je ne sais pas bien comment fonctionnent ces forums, comment répondre à tel ou telle ? Est-ce que vivant en France, répondre sur ce forum canadien a un sens ? Comment parler avec une personne de même sensibilité ou au contraire opposée par le biais de ces réseaux ? Je me tournerai vers des professionnels c’est sûr.
    Un père inconsolable de 56 ans.
    • Mon fils est décédé il y a 20 mois. Notre vie a volé en éclats on se sent dans une autre réalité le temps s'est arrêté. Seules les personnes qui ont perdu un enfant peuvent comprendre. On n'a plus envie de rien il faut faire des efforts pour tout. On veut savoir pourquoi. Pourquoi nous, pourquoi lui. Il est parti tout seul et on culpabilise. Plus de sommeil tout le temps fatigué. Le temps passe et le chagrin est toujours là. J'ai des photos partout de mon fils, j'ai peur, oui je pense à lui tout le temps je pleure encore beaucoup. J'ai peur qu'un jour en vieillissant ne plus me souvenir de lui. Alors chaque jour est différent. Bien sûr on rit parfois, et on en culpabilise souvent. C'est compliqué d'être comme avant on ne le sera plus jamais. On fait semblant parce que les gens ne peuvent pas nous comprendre: ils ont repris le cours de leur vie. Nous non et au fond de moi je crois que je ne veux pas. J'ai deux autres fils, je sais que je les oublie un peu. Il faut faire attention car ils souffrent aussi. Il est trop tôt pour que vous trouviez une paix intérieure. Vivez à votre rythme et faites vous aider. Désolée de ne pas être plus positive. Nous ne serons plus jamais comme avant. Mon fils avait 34 ans et une petite fille de 4 ans.
    • Je vous comprends tellement Patrice. Mon fils s'est suicidé le 12 octobre 2019, c'est moi qui l'ai trouvé dans son logement, c'est horrible !!!!!
      Il devait comparaître au Palais de justice pour des délits mineurs et consommait des drogues. Je crois qu'il devait de l'argent et il avait peur de faire de la prison... Mon conjoint, qui n'est pas le père, ne comprend pas ce que je vis, donc je manque de soutien. Je consulte présentement au centre de prévention du suicide. Je ne sais même pas si mon couple va tenir le coup. Je n'ai plus de famille et pas vraiment d'amis... Alors? Je sais que seul le temps va arranger les choses. Il me manque terriblement !!
      • Bonjour Gisèle,

        Je vis la même situation que vous. Ma fille de 27 ans s'est suicidée dans la nuit du 1er au 2 avril 2019 et c'est moi qui l'ai trouvée, pendue à 6h30 du matin en rentrant du travail dans notre notre maison sur la terrasse : bon Dieu quelle découverte que je n'oublierai jamais jusqu'à la fin de ma vie. Et tout ça, à cause d'une dispute quelconque avec moi et avec mon conjoint à la maison. Si je vous réponds, c'est juste pour vous dire qu'il ne vous comprendra jamais et la douleur ne sera pas pareille.

        Donc j'ai dû me séparer de lui et surtout quitter cette maison pour retrouver un semblant de vie parce que j'ai sa petite sœur de 20 ans qui a besoin de moi et surtout de me centrer sur elle parce c'est très dur pour elle aussi.

        MON DIEU QUEL GESTE FOU

        Les jours passent et se ressemblent sans nos anges. Les personnes nous disent qu'avec le temps nos blessures vont se cicatriser, mais elles ne savent pas la douleur que avons au fond de notre coeur et je comprends les parents qui témoignent en disant que la seule envie, c'est de les rejoindre, mais après on se dit qu'il y a des personnes ici qui ont besoin de nous et que nous ne voulons pas les faire revivre cette même douleur dont on veut se débarrasser et qui sera là jusqu'à la fin. Tenez Gisèle.

        Marieme, une mère inconsolable.
    • Bonjour,
      Comme je vous comprends... Nous aussi avons découvert notre fils pendu, il y aura 2 ans le 20 février prochain. Il avait 20 ans! C'est un traumatisme terrible et depuis nous sommes en mode survie.... Comme vous, pour nos 2 filles de 25 et 19 ans aujourd'hui.
      Je suis suivie par une psychologue depuis, et nous nous sommes rapprochés d'une association de parents endeuillés qui nous a aidés à avancer et à comprendre et accepter le chemin qui nous attendait.
      Sans vous connaître,je me permets de vous embrasser chaleureusement et de vous transmettre beaucoup de courage.
      N'hésitez pas si vous pensez que je peux vous aider.
    • Bonjour Patrice,

      Je vis en France également et je partage ta douleur car il faut la vivre pour la comprendre. Oui, la culpabilité est le sentiment qui prédomine et qui nous suit longtemps, il est aussi fort que l'amour porté à notre enfant parti trop tôt.

      Ma fille avait 22 ans lorsqu'elle nous à quittés, elle était la joie de vivre. Moi j'en veux plus aux personnes qui me disent: "c'était son choix". Voilà, elle a choisi la mort plutôt que la vie et cela devrait me consoler.

      Je reste en vie pour mon fils sinon je me laisserais mourir, non pas pour la rejoindre mais pour cesser cette souffrance indicible. Je ne suis plus là même personne, je n'ai plus de plaisir à faire quoi que ce soit. Je cherche un peu de réconfort en lisant les témoignages de notre grande famille d'endeuillés car qui d'autre peut mieux comprendre ce que nous vivons.

      Je vous embrasse Patrice et vous souhaite de l'apaisement pour continuer. De petites pierres blanches vont jalonner votre parcours de deuil et vont vous aider à entrevoir une lumière même avec la peine et le chagrin, compagnons fidèles du restant de notre vie.
    • Mon fils de 22 ans s'est pendu le 3 janvier 2020, c'est son père qui l'a trouvé dans la grange. Il souffrait d'un mal être profond qui le rongeait comme un cancer depuis l'âge de 14 ans environ. Il était suivi par une psychologue.

      Paradoxalement il avait une vie sociale riche: il avait des amis très proches dont une qui était sa soeur de coeur (ils se connaissaient depuis 21 ans), il faisait partie d'un club de foot, il s'occupait d'entraîner les enfants, il allait à la pêche, il aimait faire la fête, il était apprécié partout où il passait. Je savais qu'il souffrait moralement mais qu'aurai je pu faire de plus ?

      Jamais je n'aurais pensé qu'il serait passé à l'acte. J'évite de culpabiliser. Il a fait un choix: bon ou mauvais, c'était son choix. Je travaille en psychiatrie donc je sais que les personnes qui en viennent au suicide n'ont pas d'autre choix que cette solution pour faire cesser cette souffrance.

      Malgré cette rationalisation, je suis anéantie par la perte de mon fils. J'avance chaque jour comme un robot, je reste debout pour ma fille et sa sœur de 16 ans. Chaque jour je passe par différentes émotions: tristesse, abattement, colère... Parfois je me demande comment je vais continuer à vivre sans lui. C'est dur, très dur.

      Je ne suis pas croyante mais depuis j'ose espérer qu'il existe quelque chose après la mort: une âme, la réincarnation ?
      Il m'arrive de lui parler certains soirs. Je sais que le temps fera son travail et je sais qu'on va passer par des moments difficiles comme toutes les premières fois sans lui. Il n'y a pas de mots pour décrire cette douleur innommable. Il ne faut se forcer en rien et laisser venir les émotions en nous. Tu pleures plusieurs fois par jour, ben pleure.
      Je nous souhaite beaucoup de courage
      • Mon fils s'est suicidé le 24 février à 19 ans, le 24 mars il aura 20 ans. Je me sens vide, des fois j'ai envie de pleurer mais rien ne sort. Je ne crois en rien même pas à un au-delà, du moins jusqu'ici, qu'est-ce que j'aimerais voir un signe de lui. Je ne vais plus vivre mais survivre.
        Heureusement qu'il y a des forums comme cela pour nous comprendre. Mon mari et moi allons rejoindre un groupe de parents endeuillés, eux seuls peuvent comprendre ce que l'on ressent. Bon courage à vous tous les parents. La vie s'est comme arrêtée, plus rien ne m'intéresse.
        • Oui, être compris c'est si important, on a si mal, ma vie s'est arrêtée le 1er janvier ma fille avait 20 ans...
          Bon courage à nous tous
    • Mon fils Théo, 19 ans, s'est pendu le 16 juin 2019 sur la terrasse de notre chalet. C'est moi et son frère de 16 ans qui l'avons découvert. Nous avons tout essayé pour le faire revenir, en vain. Il était 18h, le ciel nous est tombé sur la tête.

      Le matin même, nous étions en courses ensemble. Il avait fait des achats, il avait l'air bien. Quatre jours plus tard, il devait se faire faire son premier tatouage avec son papa en commun. Ils allaient se faire le même. C'est vrai que c'était un enfant mal dans sa peau depuis l'adolescence; mais je ne l'aurais jamais cru capable d'un tel geste.

      Depuis ce jour, ma vie s'est arrêtée. Elle ne sera plus jamais la même. Je ne me permets pas la moindre joie, je culpabilise. Il n'a rien laissé, je n'aurai jamais d'explication, pas un mot, pas une lettre; je n'aurai jamais les réponses à mes questions.

      Je suis suivie ainsi que son père et son frère par une psy. Je suis sous anxiolytique, je suis incapable de m'en passer; par contre je ne supporte aucun antidépresseur. Je passe par des phases de pleurs terribles, je ne passe pas une journée sans pleurer. Je lui parle tous les jours, je suis incapable de me séparer de ses cendres. J'aimerais donner ma vie pour qu'il revienne, je ne peux pas accepter de vivre sans lui; j'ai beaucoup d'idées noires.

      J'ai repris le travail mais je bosse 24 heures par semaine. Quand je me rend au travail en voiture, j'ai souvent des absences car je suis dans les pensées pour lui et je ne me rends pas compte que je suis déjà arrivée. Je ne supporte plus de vivre dans cette maison surtout de voir cet endroit où il était pendu et même si nous avons fait des travaux pour que cela soit différent, je hais cette terrasse, cette maison...

      Mais j'ai un fils de 16 ans et je ne peux pas le faire souffrir encore plus donc je survis au jour le jour; je sais que c'était son choix et que je n'ai d'autre choix que de faire avec, mais je ne sais pas si la douleur s'atténuera avec le temps. En tout cas, j'ai cette image terrible en permanence à l'esprit et c'est ça le plus dur.

      Je ne suis pas croyante mais je me dis que s'il n'est plus là où il était, il est partout avec moi, en moi : je l'ai porté pendant neuf mois. On l avait tant désiré et attendu, je sais qu'il est en moi jusqu'à ma mort; et j'espère que je le retrouverai quand viendra mon heure. En attendant, chaque jour est une épreuve.
    • Bonjour
      J'ai perdu mon fils aîné en janvier 2016. Mort naturelle. Nous l'avons retrouvé à son domicile trois jours après son décès. Un traumatisme, une douleur insupportable. Comment notre enfant peut-il disparaître avant nous ?

      Son frère, âgé de trois ans de moins, n'a pas supporté cette perte. D'autres problèmes se sont ajoutés et malgré notre présence, un commencement de confiance avec un psychiatre, il s'est défenestrè le 20 décembre 2019. Nous le pensions mieux... J'ai hurlé mon envie de partir avec lui. Une mère ne peut vivre deux fois cette douleur. Et oui, on retourne sans cesse ce qu'on aurait pu faire en plus. Moi, j'attendais 9 heures pour lui téléphoner de peur de le réveiller, il s'est suicidé à 8h17...

      Moi-même, j'ai fait deux TS et je sais que ce passage à l'acte vient d'un moment où nous ne voyons pas d'issue à des problèmes qui nous paraissent impossibles à régler. Mais si on a la chance de se rater, alors les problèmes nous apparaissent différemment. Quinze ans ont passé depuis mes TS. Mais lui ne s'est laissé aucune chance de remettre le disque dur à zéro. Il m'avait parlé de cette envie d'en finir dans son logement précédent mais pas assez d'étages... Là il y en avait deux de plus. Hospitalisè à deux reprises parce que je lui ai demandé. J'ai essayé de prévenir l'entourage.

      Maintenant, qu'on ne vienne pas essayer de me consoler en disant que c'est son choix. Non à trente ans, ce n'est pas un choix si on n'est pas à un stade final d'une maladie incurable. Il avait une amie, parlait de vivre avec elle et d'avoir un enfant...

      Je ne survis que pour mon dernier fils. Je partage votre douleur à tous et oui notre vie n'aura plus jamais la même saveur. Le soir est pire encore que la journée. Je pense à m investir dans une association.

      Je partage votre détresse et vous souhaite de trouver un chemin d'apaisement
    • Bonjour Patrice,

      Je me rends compte avec tous ces témoignages que nous sommes dans le même bateau. Mon fils Louis avait 21 ans. Il a deux frères de 26 et 24 ans et une petite nièce de 1 an. Mon mari subissait une troisième opération du dos. C’était 7 février dernier. Il a profité de notre absence pour être sûr de réussir son acte. Nous sommes rentrés avec mon deuxième fils et ma belle fille vers 8h du soir. La petite fenêtre du grenier était ouverte et la lumière allumée. Cela m’a interpellée de suite. Mon sixième sens le savait car j’ai toujours eu peur de cela même pour ses frères à un moment ou a un autre. J’ai laissé mon fils garer la voiture et j’ai couru à l’étage. Il n’était pas dans son lit. Je savais ce que j’allais trouver au grenier. Dans la pénombre, il était là inerte, pendu à sa corde, les mains liées par des colsons.

      Cette image est difficile à apprivoiser mais le psy m’aide beaucoup. Il faut écrire et écrire encore et puis jeter le papier et puis recommencer. J’ai écrit touts les détails même ceux que j’imaginais dans les détails les plus morbides. J’ai aussi lu un livre du docteur Christophe Fauré. Après le suicide d’un proche, vivre le deuil et se reconstruire. Cela répond à certaines questions.
      Je précise que comme la plupart, on n'a rien vu venir.

      Louis était toujours souriant, aimé de tous. Même le psy n’a rien vu venir, car il avait dû consulter après le décès d’un collègue qui était mort devant lui. Il travaillait dans une carrière avec des machines et une pierre énorme était tombée sur la machine de son collègue. Il y a plus d’un an de cela. Et le psy m’a dit : Mais pourquoi n’est-il pas venu me trouver ? Donc voilà impossible de voir venir. Il ne s’est confié à personne, même pas à ses amis les plus intimes. Le seul défaut de Louis était d'être introverti. Il était incapable de parler de ses sentiments. C’est bien mince pour se faire une raison.

      Mais l’histoire se corse quand un mois plus tard, jour pour jour, sa cousine a fait exactement la même chose. Ils habitent à 500 m de chez nous. Ils étaient très amis. Ils se confiaient beaucoup l’un à l’autre. Elle n’a pas supporté. Mais elle avait depuis longtemps des problèmes psychologiques ce qui nous donne une raison plus concrète à mon sens. Je n’ai pas pu aller à son enterrement, c’était trop pour moi. Nous sommes obligés de prendre du recul car nous n’avons pas d’énergie pour deux deuils similaires.

      Malgré le manque de raisons pour Louis. Je lui ai pardonné de suite. Mais le plus douloureux est de savoir comme il souffrait pour en arriver là et que je n’ai même pas pu l’aider. Je leur ai toujours dit que je pouvais tout entendre. Mais non, Louis ne savait pas parler du fond de son cœur et c’est frustrant quand on est une maman tellement ouverte à tout.

      Nous avançons pas à pas, jour après jour, nous nous éloignons de ce jour fatidique. Et notre famille vaut la peine qu’on se batte. De grâce, consultez. Carine
    • Notre petite Louann s'est suicidée le 1er janvier 2020. Pendue sur son lieu de travail près de St jean de Maurienne. Le choc et, comme vous, la survie, plus de vie, que la douleur.

      Cela fait du bien de l'écrire et enfin de comprendre la douleur quotidienne qui est la nôtre.
      Bon courage à tousô.
  3. Que de souffrance !!!
    • Bonjour,
      Je souffre, il me manque.
    • Moi mon fils Leo, mon bb, s'est pendu à l'âge de 23 ans le 3 juillet 2019... Depuis je me demande pourquoi...

      Il laisse une petite fille de 2 ans. Moi-même j'ai fait de nombreuses tentatives de suicide; je me demande si ce n'est pas l'image que je lui ai donnée.

      Depuis il faut vivre sans lui; je dirai survivre. Chaque jour qui passe j'espère entendre de nouveau son rire. Leo était un enfant joyeux qui aimait faire la fête; mais hélas, il y a un an, il avait déjà tenté de mettre fin à ses jours.

      Il ne voulait aucun suivi. Il semblait aller mieux. Pourquoi ? Il n'a rien laissé. Il avait juste la photo de sa petite princesse avec lui...
      • Bonjour Anita.

        Je comprends certainement votre peine. J'ai perdu mon fils Jonathan en avril 2014. Il s'est pendu également. Je n'ai jamais cru que je remonterais la pente, et pourtant... Jonathan était un gentil et beau garçon. Il avait de l'or dans les mains, mais il a eu de mauvaises fréquentations à l'âge de 15 ans. Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé de le remettre sur le droit chemin. J'ai été impuissante pendant toutes ces années, j'ai pleuré et je me suis minée souvent. Nous nous sentons bien impuissants parfois, et nous n'avons pas toujours les bonnes paroles dans ces moments où ils choisissent un chemin qu'ils ne devraient pas. Sachez cependant Anita, que le temps fera son oeuvre, même si c'est trop tôt pour vous l'écrire. La culpabilité, je l'ai connue, et me suis demandée pendant des mois ce que j'aurais du dire ou faire ? Rien Anita! malheureusement. Le seul cadeau que Jonathan m'a fait avant de mettre fin à ses jours, est qu'il m'avait demandé pardon la veille de son départ pour tout le mal qu'il m'avait fait pendant 15 ans. Deux jours avant, il avait perdu son ami qui s'est lui même supprimé par médicaments. Jonathan n'était plus bien pour toutes sortes de raisons, et le décès de son ami l'a fait basculer deux jours plus tard. il vous faudra du temps Anita, de longs mois, mais votre vie reprendra sans bien sûr oublier votre fils. Je vous embrasse bien fort.
        • Bonjour Martine et Anita,

          Je viens de lire vos messages et me décide à vous écrire puisque j'ai perdu mon fils le 26 juillet 2019 à l'âge de 26 ans par pendaison. Ce fut le tsunami !!!

          En ce qui me concerne, mon fils nous a laissé une lettre de plusieurs pages nous expliquant son geste, nous nous sommes posé mille questions même avec ses écrits.

          Depuis notre vie n'est plus du tout la même, nous essayons d'avancer comme on peut !!! Psy et médicaments sont présents et pour combien de temps ? Notre fils nous a écrit de lui pardonner son geste. De là-haut, il nous protégera et que pour lui nous serons dans son cœur à tout jamais et qu'il aurait donné sa vie pour sa famille.

          Dans la dernière ligne de cette très, très longue lettre, il écrit qu'il part le sourire aux lèvres. Et malgré tout ça, nous ne nous en remettrons jamais. J'ai donc voulu partager avec vous la catastrophe qui nous est arrivée.

          Bon courage à vous. Nous, on en a vraiment besoin.
          • Oui Julien a écrit : "je demande pardon à toute ma famille pour les paroles blessantes que j'ai pu dire depuis le décès d'Olivier. Je serai plus heureux en le rejoignant et je ne sais pas si j'irai au paradis".
            Mais si j'avais trouvé encore plus de forces pour l'aider. Mais ça l'agacait que je l'aide alors qu'il avait trente ans. Il était désormais plus âgé que son frère aîné, il ne le supportait pas.
            Ils me manquent tellement. Tous les soirs, j'espère ne pas me réveiller le lendemain. Il faut donner le change. On nous dit courageuses mais c'est comme si on nous demandait de ne pas faire trop de bruit.
        • Mon fils, trois jours avant, a dit à un collègue de travail : "quand tu verras ma mère demande-lui pardon pour moi". Ce collègue lui a posé des questions et Julien a répondu : "t'inquiètes pas, la vie est sacrée".
          Ce jour-là, il a écrit un mot pour nous sur la photographie. Il s'est défenestré trois jours après. Moi aussi, j ai pas toujours tout compris.
          La dernière fois que je l'ai vu, il s'était emporté puis m'avait pris dans ses bras en me disant : "tu sais pas que je t'aime maman". C'est vraiment trop inhumain de perdre deux enfants.
      • Mon fils avait l'album fait pour son frère ouvert.
  4. Bonjour,
    Tous ces témoignages du Canada... Nous avons perdu notre fils qui s'est pendu en février 2019 à l'âge de juste 22 ans.
    Il était dépressif psychotique, s'étant renfermé peu à peu dans un monde parallèle où il était un penseur, philosophe, poète incompris.
    Il a eu un comportement erratique dès l'âge de 13 ans, écoles, écoles, naufrages, naufrages.
    Il n'a jamais accepté l'idée de faire un diagnostic et des traitements.
    J'avais rencontré des psychiatres addictologues car il consommait des drogues et le risque de suicide après nombre de questions avait été considéré comme faible.
    Ce qui me fait le plus mal est d'avoir vu mon gamin, la personne à qui je tenais le plus au monde sombrer dans la folie.
    Rien pu faire, ni sa maman, ni moi, ni sa famille, ni ses amis.
    Inéluctable, imparable, une sensation d'impuissance totale.
    Il nous aimait, nous l'aimions.
    La folie a été plus forte que l'amour.
    Aujourd'hui, je m'occupe de reprendre ses écrits, les mettre au propre et les publier.
    Alexandre, absent à jamais, présent pour toujours.
    François, ton papa qui t'a tant aimé.
    • bonjour,
      Je me suis remariée samedi 20 juillet dans le Gers où je vis. Mon fils était présent et vivait en Gironde. Nous avions prévu de faire beaucoup pour l' avenir. Il aimait sa nouvelle famille. Mon fils a été retrouvé ce matin en Gironde, pendu dans la grange. Pourquoi ? Aidez-moi
      • Comment t'aider, c'est tellement difficile d'accepter une situation pareille.
        J'essaie d'avancer et faire semblant de vivre pour mes autres enfants mais mon âme et moi sont morts depuis 5 mois avec ma fille.
        Il faut tenir pour ceux qu'on aime.
        Bon courage la lumière reviendra peut-être
      • Bonjour Lucie,
        Il ne faut pas culpabiliser : le pourquoi sera toujours une question sans réponse.
        Nous sommes suivis mon épouse et moi-même ainsi que ma fille de 11 ans par des psychologues, chacun le sien c’est la procédure.
        N’hésite pas contacter le CMP (Centre médico psychologique) ils sont là pour ça.
        Médecin, psychologue très compétents.
        J’ai perdu mon fils de 18 ans le 06 mai 2019 pendu après le conduit de cheminée à l’extérieur de la maison. Alors je comprends votre souffrance c’est terrible et surtout incompréhensible. La vie s’écroule.
        Il n’y à rien de plus précieux que la vie de son enfant.
        Le travail du deuil va être long et compliqué mais il faut s’accrocher pour ceux qu’on aime.
        Courage on va y arriver.
        David
      • Bonjour Lucie,

        Je vous écris car je suis aussi du Gers et je viens de perdre mon fils de vingt-deux ans; il s'est suicidé le 3 janvier 2020. Pour trouver du réconfort je surfe sur le net pour trouver des sites de parents endeuillés par la mort de leur enfant et j'ai trouvé ce site. Je lis les témoignages et je suis tombée sur le vôtre. Moi même j'ai écrit un petit témoignage quelques jours après le drame.

        J'espère que depuis quelques mois votre douleur s'est apaisée. On doit vivre avec le manque de notre enfant et parfois je me demande comment faire. Ma crainte est de devenir folle. J'ai repris une vie normale mais en mode robot. Actuellement je vis pour ma fille de seize ans qui grâce à sa présence m'aide à surmonter l'absence de mon fils. Si vous le souhaitez on pourrait se contacter déjà ar le biais de ce site.

        Je vous souhaite du courage
        • Mon fils s'est suicidé sous un TGV le 5 mars 2020. J'ai rien vu venir. J'ai d'autres enfants. et tous les jours, je veux mourir de la même façon.
          • Mon fils unique s'est également suicidé, sous un train le 25 octobre 2019. Depuis je ne vis plus et ai envie de le rejoindre. Sans le vouloir, il a tout emporté avec lui. Je suis anéantie.
    • Je ne sais plus comment faire.
      Il me manque, je souffre, je tiens plus.
      • Tenez bon vous avez votre famille qui vous aime. Le temps ne pourra rien effacer, il ne fera que simplement atténuer les émotions. Votre fils sera toujours dans votre cœur. Il vous aimait c’est sûr. Il est parti pour une raison qui lui appartient.
        Vous devez vous faire aider par votre médecin et procéder à une prise en charge au CMP. Les psychologues sont là pour vous.
        Vous avez également des associations avec des groupes de parole , il faut y participer. C’est important d’échanger avec des gens qui traversent le même deuil. De toute façon il n’y a que les parents qui vivent la même chose qui peuvent se comprendre.
        Je crois savoir que la souffrance, la colère, l’absence font partie du deuil.
        Courage et dormez un peu.
      • Bonjour Lucie.


        Tenez bon Lucie, accrochez vous.
        Je viens de répondre à Anita.
        Je me permets de vous répondre également ayant perdu mon fils Jonathan en avril 2014.
        J'ai bien sûr du recul que vous n'avez pas encore vis à vis de votre situation, mais je peux vous assurer que la vie reprendra Lucie, sans pourtant oublier d'avoir perdu votre enfant bien sûr! Nous ne les oublions pas, mais la vie continue. Je sais, c'est dur à entendre au début. Je n'ai jamais moi même cru que j'y arriverais. Nos enfants partis restent dans nos coeurs à jamais. Nous nous culpabilisons. J'ai fait la même chose pendant des mois pour comprendre enfin que mon fils avait fait un choix, son choix que j'ai "admis" après seulement des mois. J'en suis aujourd'hui sortie vraiment plus forte face à bien d'autres choses. Courage Lucie. Une Maman qui vous comprends.
      • Je ressens la même chose
    • Non pas "qui t'a tant aimé" mais "Ton papa qui t'aime"

      Florence, maman désenfantée.
      Mon fils s'est pendu en forêt le 8 ou 9 décembre 2011. Je n'ai rien vu... Le chaos...
    • Je lis votre mail et j'y retrouve un peu mon fils adoré qui a posé sa tête sur les rails du train le 10 octobre 2019.

      Il allait avoir 25 ans le 25 octobre. Je l'ai vu dans une crise de parano qui a commencé le 8, pas moyen de le convaincre d'aller aux urgences psy, mon mari et moi l'avons vu souffrir atrocement pendant plusieurs jours, il vivait dans une terreur totale. Le 10 nous l'avons laissé dormir jusque 14 heures car il ne dormait plus depuis plus de 48 heures.

      Il s'est levé tout autre, a pris sa douche, il sifflait même; il est parti voir son amie qui était dans un état dépressif depuis longtemps; il est revenu moins bien et m'a dit "bof, maintenant on veut me mettre des meurtres sur le dos"; à 17h35 il m'a fait un bisou sur le haut de la tête, est parti en voiture et on ne l'a plus revu. Le conducteur du train a dit qu'il avait vu un jeune homme debout le long des voies, quand le train s'est approché il s'est très calmement allongé en posant sa tête et c'est tout.

      Lui aussi était psychotique, il savait qu'on l'aimait et pourtant sa souffrance était la plus forte; il avait tout planifié, on a retrouvé la page avec l'horaire du train sur son PC; il avait rangé sa chambre, fait son lit; mis de l'ordre dans ses tiroirs.

      Depuis on ne vit plus, parfois je me sens plus "distante" par rapport à ce drame mais après plusieurs fois au cours de la journée je m'effondre, les larmes coulent, je ne peux supporter l'idée de ne plus le voir, sentir son odeur, l'entendre. Je me rends compte que notre vie tournait entièrement autour de lui depuis des années, à l'affût du moindre changement d'humeur.

      J'ai écrit à son psychiatre qui m'a téléphoné en me disant qu'il était consterné, il n'avait rien vu. Mais, il faut préciser que ce médecin a refusé d'avoir des contacts avec nous, nous aurions pourtant pu lui dire ce que notre fils vivait; il l'a abandonné seul face à ses démons.

      Mon texte est long mais sûrement plus court que notre calvaire à nous tous qui sommes dans le même cas.
      • Oui, par moments on souffre moins et on s'en veut. Et puis c'est une déferlante.
        Pour l'avoir vécu à deux reprises, il y a le choc de la disparition et puis le pire l'absence qui s'installe et qui nous fait bien assimiler qu'on ne les reverra jamais.
        On cherche à savoir si il y a un après...
        Moi mon seul rayon de bonheur est mon dernier fils et son amie.
  5. Tant de souffrance, c'est atroce ! Courage !
  6. Bonjour,

    Tous vos témoignages confirment ce que j'imagine que notre fille ressent depuis le suicide de son fils de 17 ans, notre petit-fils.

    Bien que plongés dans une indicible douleur, nous aussi les grands-parents, nous avons conscience qu'elle n'est "rien" comparée à celle de notre fille.

    Et notre fille bien-aimée, maintenant entrée dans la phase de "colère" (d'après Elisabeth Kübler-Ross) est persuadée et nous dit que " nous ne comprenons rien, que personne ne comprend rien". Ses reproches sur notre absence d'aide ces dernières années, quand sont fils allait mal (bien injustes car nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir - et ce qu'elle acceptait - pour l'aider) nous sont une douleur supplémentaire...

    Elle ne veut plus avoir de contacts avec nous, ni personne (nous sommes loin et ne sommes en contact que par messagerie), ce qui a bien sûr pour effet d'accroître encore davantage notre inquiétude pour elle et notre sentiment d'impuissance.

    Nous acceptons de la "laisser en paix" comme elle nous l'a demandé.
    Mais comment l'aider? Sans doute êtes-vous les plus à même de me dire:
    comment avez-vous pu être aidés par vos proches dans les mois qui ont suivi ce cataclysme dans votre vie?

    Je vous souhaite à tous la force de retrouver un certain goût de vivre et une certaine forme de sérénité... même s'ils seront forcément bien différents de ce que vous avez connu "avant".

    Merci pour l'aide apportée par vos témoignages!
    • Bonjour Amélie.
      J'espère que depuis la publication de votre message vous avez pu renouer avec votre fille.
      Il faut insister, quitte à vous déplacer pour la soutenir directement.
      J'ai perdu ma fille il y a 8 mois, et je me suis renfermée aussi, ne voulant voir personne. La souffrance que nous portons au quotidien, oui c'est vrai nul ne peut la comprendre car elle n'est vécue que par nous. Tout notre corps est malade, extérieurement et intérieurement et aucun traitement ne peut nous guérir. Ma famille était là pour les obsèques, puis plus rien car trop éloignée. J'ai eu heureusement le soutien de collègues de travail pour me "relever". Ça reste encore très difficile mais on a besoin de soutien même si dans notre douleur on s'isole. Insistez Amélie, votre fille a besoin de vous.
      Bon courage
      • Bonjour Mélina,

        Merci pour votre réponse (que je découvre seulement maintenant).
        Malheureusement, depuis 6 mois, nos différentes tentatives pour renouer avec notre fille sont restées vaines et nous avons accepté (comme elle nous l'a demandé) d'attendre qu'elle nous fasse signe quand elle s'en sentirait capable.
        Sachant à quel point tout l'équilibre intérieur est chamboulé dans un tel drame (nous en faisons nous-mêmes l'expérience, même si elle est bien différente en tant que grands-parents) nous pensons que c'est la seule solution pour retrouver un jour notre fille, solution préférable au "harcèlement" pour l'aider de force.
        Pour nous aider un peu à mieux supporter nos propres souffrances, j'aurais aimé avoir le témoignage d'autres parents endeuillés (après le suicide de leur enfant) pour éventuellement mieux comprendre ce rejet de la part de notre fille.
        D'autres ont-ils eu cette réaction envers leur famille proche?
        Je précise que nous n'avons jamais exprimé à notre fille des stupidités telles que "ça ira mieux avec le temps"... "ne te laisse pas aller"... ce qui prouverait effectivement que nous ne comprenons rien et pourrait justifier sa colère à notre égard.
        Nous en avons conclu que notre fille qui avait eu tant besoin de nous ces dernières années, nous ressent maintenant comme toxiques, comme des obstacles à son deuil.

        Nous sommes prêts à accepter ce fardeau supplémentaire mais... comme c'est dur!
        Nous présentons encore mon mari et moi l'image d'une bâtisse solide et en bon état (et nous nous efforçons de maintenir cette image envers famille et amis), mais derrière la façade, il n'y a plus que des ruines...Pourrons-nous un jour reconstruire?

        Merci encore pour vos témoignages!
        • J'ai perdu ma fille dans un accident de voiture il y a 19 mois et non un suicide . Je suis anéantie et j'ai coupé tout contact avec mes parents et frères et soeurs. Je ne les supportais plus du jour au lendemain , ils représentaient ma vie d'avant , quand elle était encore là...
          Les voir tristes, ou les entendre être désolés, me faisait encore plus souffrir .
          J'en veux à la terre entière et pourquoi elle ? Tout devient compliqué et cette surcharge émotionnelle décuple nos réactions. On se sent coupable et le regard des autres devient insupportable alors on se renferme pour ne pas voir la joie des autres et essayer déjà de vivre un jour après l'autre.
          • Merci beaucoup Caroline pour votre témoignage: c'est exactement ce que nous avions compris dans cette réaction identique de notre fille.
            Nous pouvons tout à fait "imaginer" (même si c'est à un degré moindre) ces sentiments car, comme en écho, nous en éprouvons le même type vis-à-vis de nos amis à nous.

            Ayant compris cela, nous respectons totalement son attitude, comme le font sans doute vos proches. Et tous, nous attendrons que vous vous sentiez à nouveau capables de peu à peu faire face à votre famille qui représentera toujours "la vie d'avant".

            Je n'ai malheureusement pas encore trouvé de groupe de parole dans ma région.
            Mais par le documentaire de Katia Chapoutier, j'ai compris que c'était sans doute le seul moyen de réussir un jour à refaire un peu surface: l'échange avec des inconnus qui vivent la même chose.

            J'espère que vous-même, Caroline, avez trouvé un groupe dans lequel vous pouvez vous exprimer et écouter ceux qui vous comprendront forcément...
            Ne vous sentez surtout pas coupable vis-à-vis de vos parents, frères et soeurs: ils savent que vous êtes anéantie (même s'il est impossible qu'ils se mettent "à votre place"), ils ne vous jugent pas, c'est certain: ils vous aiment tout simplement et voudraient juste pouvoir vous aider. Et ils souffrent aussi de la perte de leur petite-fille et nièce.

            Mais surtout, expliquez-leur pourquoi vous ne pouvez plus les voir pour l'instant, afin qu'ils n'aient pas l'impression d'avoir perdu non pas un mais deux êtres chers.
          • Vos mots résonnent en moi car je vis la même chose avec le départ de ma fille Julia il y a 26 mois! De tout cœur avec vous.
        • Bonjour Amélie,

          Je découvre également à peine ton message. Peut-on se tutoyer ?
          Je comprends ta fille. Elle est en train de se reconstruire, elle a besoin d'une solitude intérieure. Je vis la même chose, mes parents sont à l'étranger, je les appelle de temps en temps car ils sont âgés mais je ne peux plus aller les voir. J'ai rompu des relations amicales, j'ai changé de médecin généraliste et je n'ai pas envie de voir la famille. Je crois que quelque part certaines personnes nous rappellent un temps insouciant où notre enfant était là et revoir ces personnes activerait notre douleur.

          Notre souffrance est unique, on aura beau avoir du réconfort parfois celui-ci nous pèse, on est en contradiction avec tout, tantôt on veut, tantôt on ne veut plus. Des relations se gâchent à cause de notre mal être car nous, nous comprenons nos émotions mais pas les autres.

          Je ne veux pas parler de toi car je te sens aimante et inquiète. Mais je voulais te donner un aperçu de ce que l'on ressent, notre intérieur est un volcan sans cesse en éruption et celui-ci fait des ravages en nous et autour de nous sans que l'on ne puisse rien y faire.

          Je t'embrasse Amélie, bien fort.
      • Bonjour Melina,
        j'ai perdu mon fils ainé en novembre 2018. Il a mis fin à ses jours dans sa voiture en bordure d'un cimetière. Il avait 19 ans, il n'avait jamais presenté le moindre souci.

        Alors je pense pouvoir vous comprendre. La foi m'aide énormement et j'ai fini par comprendre que désormais ma vie etait différente mais belle quand bien même nous devons traverser l'intraversable.

        Je vous embrasse fort et je ressens votre peine.

        Jean Daniel
        • Bonjour Jean Daniel,

          Merci de votre témoignage, une amie que j'ai connue dans un forum et qui, elle, a perdu trois enfants dont une fille de 16 ans par suicide, m'a bien dit que nous étions une grande famille. Elle m'a également cité cette jolie phrase: "les suicidés sont les bébés prématurés de Dieu".

          La foi m'aide aussi, le travail également et les collègues, mais je garde secret au plus profond de moi le désir intense que la mort vienne me chercher dans mon sommeil, même si je trouve que la vie est belle; il me manque mon rayon de soleil.

          J'espère que vous avez d'autres enfants, pas de substitution bien sûr, mais qui donnent une raison de se lever le matin et de se dire: on a encore besoin de moi.

          Je vous embrasse aussi et je partage aussi votre chagrin.
  7. Bonsoir,

    Mon fils de 27 ans s'est 'effacé' le 8 mai 2016. Je l'ai trouvé avec un léger sourire au bord des lèvres, il était beau, il sentait bon. Il s'était préparé comme pour sortir avec ses amis qu'il ne voyait plus depuis presque dix ans.

    Je rentrais de vacances, un retour de cris, de pleurs, de panique. J'ai trouvé ce mot sur le bord de la table 'desolé'.

    Depuis j'avance pour sa soeur, ma petite fille mais ma vie n'est plus la même. Je survis. Pas un jour où je ne pense pas à lui. Je rentre du travail et je continue à dire hello, salut, ça va... Rien ne me parvient.

    Parfois j'ai cette impression étrange qu'il a été là toute la journée, son odeur me parvient, j'hume à pleine narine, je respire, je respire. Il me manque terriblement.
    • Bonjour Brigitte,

      J'ai perdu mon fils le 11 mai 2016, il allait avoir 25 ans, il s'est jeté sous un train.

      Quel choc, pourquoi en est-il arrivé là, que s'est il passé? Ces questions, je me les pose tous les jours. Je ne m'habitue pas à son absence, sa chambre est toujours là avec toutes ses affaires, je n'arrive pas à la vider.

      Tout ce que je souhaite, c'est que mon autre fils arrive à se construire une vie heureuse et que la disparition tragique de son frère ne soit pas un trop lourd fardeau pour lui.

      Bon courage à vous, nous devons rester debout et continuer malgré tout.

      Corinne
      • Florian est parti le 8 janvier 2016, le jour de ses 25 ans.
        Pourquoi ? Je crois que je ne comprendrai jamais. On s'aimait beaucoup.

        Parfois comme aujourd'hui je me rends compte que je n'accepte pas. Je cache, même à moi-même, mes sentiments. Je suis sortie de mon hébétude environ un an et demi après et je me suis levée parce que je me suis dit que de toutes façons moi aussi j'allais mourir et cela m'a beaucoup rassurée comme si ma douleur etait juste une question de patience.

        Un an après, je n'arrive toujours pas à faire le deuil comme on dit. Je me sens très détachée du monde. Y'a pas de miracle
        • Paola,

          Je m'appelle Marie. J'ai perdu mon Denis, 26 ans, le 19 avril 2017.

          Pendant plusieurs mois, je lui ai dit tous les jours qu'il fallait voir un médecin, que beaucoup de personnes faisaient des dépressions, que tout s'arrangerait, que j'étais là, qu'à chaque problème une solution...

          Un matin, il est venu dans ma chambre. Il m'a dit: "Tu as raison, Maman, je veux aller à l'hôpital, je suis au fond du trou. Je veux me soigner. Emmène moi, Maman. Reste avec à mes côtés. Je dirai tout mais je veux m'en sortir."

          J'étais contente, il avait le déclic, comme il a su bien le dire. On est tombé sur une infirmière Psy qui a bien vu l'urgence. Elle a proposé une hospitalisation de trois à quatre jours, trouvé le traitement adapté avec l'équipe médicale. Il fallait juste attendre la Psy de garde pour la suite.

          Mon fils était soulagé, moi aussi, très fière de mon Denis, d'avoir le courage de dévoiler son état, de dire des choses très personnelles. La Psy est arrivée, froide. Dix minutes pour lui donner trois adresses de Psy externes. Tout ce qui avait été dit avec l'infirmière, effacé.
          Nous étions tous les deux anéantis.

          Le 19 avril, j'étais avec mon Denis, il m'a dit : "Maman, j'en peux plus". Je lui ai dit : "On va appeler un médecin des urgences". Idem, refus de son hospitalisation par ce médecin incompétent, je n'ai pas les mots.

          Avec deux amis venus nous voir, Denis nous a fait le café. Il m'a dit : "Maman, je vais fumer une cigarette sur le balcon". J'ai regardé, il était assis sur son fauteuil. Il est revenu, a repris une autre cigarette. Je voulais lui dire: "Tu viens d'en fumer une Denis". Mais je me suis dit, laisse-le tranquille, il était tellement mal. Je n'allais pas l'embêter.

          Cinq minutes plus tard, j'ai regardé, je ne l'ai pas vu, j'ai dit à mes amis : "Il est sorti sans sa veste, il fait froid". Un quart d'heure après, les pompiers tapaient dans les portes. Ils cherchaient les parents d'un jeune. Mon Denis avait sauté quatre étages.

          Nous avions appelé au secours, il voulait se soigner. Ils n'ont pas écouté. Ils me l'ont tué.

          Moi aussi, je suis anéantie : souffrance indescriptible, culpabilité... Pourquoi, j'ai pas fait ci, pourquoi j'ai pas fait ça, pourquoi, pourquoi ?

          Je me demande pourquoi je reste. Je résiste en priant que le Seigneur le prenne dans ses bras, la Sainte Vierge. Je n'ai que mon chat, qui était notre chat. Que mon Denis aimait tant. Je me dis que si je ne m'occupe pas de Choupi, il ne serait pas content, il aimait tellement les animaux. Denis était gentil, humble, discret, toujours prêt à rendre service.

          Nous parents, comment supporter ce calvaire ? Tout ce que je souhaite, c'est que nos enfants tant aimés soient dans la lumière et la paix éternelle. Que nous puissions nous retrouver et nous serrer très fort et être réunis le jour où Dieu nous appellera. On baisse les bras un jour, puis se relève pour eux. C'est un combat de tous les jours.

          Nos enfants ne veulent pas que nous souffrions. J'en suis sûre. Ils savaient et savent que nous les aimons tellement. Serrons-nous les coudes, nous pouvons nous comprendre, nous Maman. Donnons-nous la force pour eux. Qu'ils soient heureux dans la lumière Éternelle.

          Souvent, quand je vais très mal, un appel qui me calme, je hurle et tout d'un coup, plus rien. Tout s'arrête. Ma respiration s'accélère et je me calme. On m'aide, ce n'est pas possible autrement. Je me dis c'est mon Denis.

          Je vous envoie plein de cœur ❤️❤️❤️❤️❤️. Si nous pouvons nous aider, en tout cas, ce sera avec plaisir pour moi.

          Je vous embrasse très fort.
        • J'ai mis vingt ans pour écrire le livre "Ton suicide" sur le geste de mon fils qui avait vingt ans.
          Il participe à la compréhension, la prévention, la postvention et le deuil du suicide

          Jean-Christophe
      • Bonjour,

        Mon fils s'est pendu le 25 juillet 2017 et je me sens coupable de n'avoir rien vu.

        Je souffre et pleure tous les jours; on avait une complicité de fou. Je ne comprends rien; je suis physiquement là et morte à l'intérieur.

        Bon courage à vous,
        Paola
        • Bea,

          Ma fille Amandine s'est pendue un 24 avril 2016.
          Depuis je suis révolté, des baisses de moral
          Je n'ai plus de pêche
          Je n'ai plus de larmes
          Je ne crois pas au suicide
      • Moi aussi, j'ai perdu mon fils de 25 ans d'un suicide. Ce qui me rend malade et me culpabilise, c'est qu'il vivait depuis quelques années avec son père et qu il s'était éloigné de moi et je ne sais pas pourquoi.

        En plus, je n'ai pas de sépulture, son père ayant gardé les cendres chez lui. Je ne peux pas me receuillir sur sa tombe. C est terrible.

        Il était tellement plein de vie quand il était avec moi ! Si vous êtes comme moi, privée de sépulture, écrivez moi. Merci
    • Bonsoir,

      Moi aussi mon frère a décidé de mettre fin à ses jours en 1987 fin mars. Depuis, je vis parfois dans les souvenirs. De plus, son portrait est dans ma salle.

      Il me manque même après des années et je me dis qu'on ne peut pas faire le deuil d'un être cher que l'on aimait.

      Le 31 mars, c'est son anniversaire de décès, c'est toujours aussi dur. Même son frère a du mal; et le pire, c'est qu'on l'a retrouvé sur la route un jour de pluie.

      Aidez-moi, s'il vous plait.
      • Bonsoir,

        J'ai également perdu mon frère le 8 octobre 2016. Il allait fêter ses 23 ans,trois semaines après...

        Il s'est tiré une balle dans la tête aux alentours de 17h et je ne peux m'empêcher de me dire que si j'étais rentrée plus tôt, peut-être que tout cela ne se serait pas passé.

        Mes parents étaient partis la veille en vacances. C'est donc moi qui l'ai découvert et je pense que je ne pourrai plus jamais enlever de ma tête ce que j'ai vu... Je crois que je m'en remettrai jamais...

        J'ai trop de haine envers lui de m'avoir abandonnée... Je suis perdue...
    • Bonjour,
      Je suis dans le même cas : mon fils s'est suicidé il y a six mois. Je suis morte à l'intérieur.
      • Bonjour Paola,
        Mon fils Kyle s'est donné la mort en novembre dernier. Et chaque jour est un combat, mais ce combat est important car nos enfants que nous aimons tant sont en nous.
        Je n'avais pas vu sa désespérance. Bien que fortement dépressif je le croyais en bonne voie.
        Je partage votre douleur et vous souhaite ce courage qui parfois est défaillant mais jamais ne nous quitte.
  8. J'ai perdu mon fils adoré par suicide le 31 août 2018; il était âgé de 31 ans. Comment fait-on pour survivre à un tel drame?
    L'important pour moi, c' est d'en parler et de rencontrer des gens qui vivent le même parcours que le mien; je sais que le chemin de deuil est un long processus de guérison.
    Je m'accroche à la vie. J'ai un autre fils et je suis bien entourée de gens que j' aime. Mon fils était très croyant et il était très spirituel, je suis persuadé qu'il est bien accompagné là-haut et qu'il veille sur nous.
    Je demande à Dieu qu'il te guide dans sa lumière où tu trouveras le repos éternel.
    Je t'aime Louis. xxx Maman.
    • Je viens de perdre mon fils de 37 ans, mort par pendaison. Il laisse un garçon de 15 ans et une fille de 3 ans.

      Je ne lui en veux pas, c'est son choix. Mais, comme il devait être malheureux et nous n'avons rien vu, même pas pu l'aider. C'est atroce, je ne sais pas comment nous allons survivre sans lui.

      C'est arrivé le 21 janvier 2019.
    • Bonjour,
      j'ai perdu aussi mon ange le 25 juillet 2018 et je n'arrive pas à faire mon deuil; je sais pas comment je vais m'en sortir.
      J'ai besoin d'aide mais comment faire ?
      Paola
      • Bonjour Paola,

        Tu peux te faire aider par ton médecin qui peut te prescrire un antidépresseur le temps que tu acceptes de vivre avec ta douleur, il peut aussi te diriger vers un sophrologue ou un psychanalyste.

        Puis dans ta ville il y a surement des associations qui rassemblent des personnes en deuil; dans notre région nous avons une association qui nous a permis da participer à des cafés deuils où tu peux échanger avec des personnes qui ont perdu un proche (enfant, conjoint).

        Personnellement, ça m'a fait du bien; on se rend compte que beaucoup de gens sont dans notre cas. Mon fils de 24 ans s'est suicidé en mai 2016, le manque et la douleur ne diminuent pas, on apprend juste à la gérer et à vivre avec.

        Bon courage,
        Corinne
    • Bonjour à vous,

      Si je vous écris ces quelques mots, c'est pour vous soutenir dans votre douleur que je comprends parfaitement. Malheureusement je suis passée par là; le 21 octobre dernier j'ai perdu mon fils, âgé de 36 ans, qui a mis fin à ses jours en ce suicidant avec une meuleuse.

      Depuis je vis un chagrin énorme. Je pense à lui tous les jours mais je n'arrive plus à me controler; ces pleurs tous les jours, en prenant mon petit déjeuner, mon repas le midi, cela devient insupportable.

      Mais je pense qu'il doit être plus heureux où il est maintenant. Je ne suis pas une semaine sans aller sur sa tombe; cela me fait du bien mais j'aimerais tellement qu'il me parle. Qu'en pensez-vous ?

      Mon Ludovic, je t'aime très fort,
      Ta maman
      • Bonjour Danielle,

        Que vous dire, face à la douleur et au manque, on se console en se disant qu'ils sont plus heureux là où ils sont.

        Je suis moi aussi une maman dans la tristesse d'avoir perdu un fils qui a décidé de mettre fin à ses jours à l'age de 24 ans. Ça fait maintenant presque trois ans; j'ai espéré pendant des mois et des mois des réponses à mes questions, pourquoi un tel geste? Qu'avons-nous fait pour mériter ça?

        Je n'en sais pas plus aujourd'hui, je vis tant bien que mal, mais il me manque terriblement.

        Bon courage à vous,
        Corinne
  9. Tous ces témoignages sont terribles. Merci à ceux qui réconfortent.
  10. je vous comprends
  11. C'est terrible, ce mal être que peu de personnes comprennent.
    Lou
  12. Bonsoir,
    Mon fils s'est pendu dans son appartement d'étudiant le 20 février 2018... Il avait 20 ans et ce sont les pompiers que nous avons dû faire intervenir pour entrer chez lui (il avait fermé de l'intérieur) et qui l'ont trouvé le 24 février alors que nous venions le chercher pour partir ensemble à un weekend familial.
    Le choc a été terrible et depuis nous sommes en mode survie. Notre peine est immense... nous avons déménagé et essayons de nous reconstruire avec nos deux filles de 24 et 18 ans. Nous n'avons rien vu de son mal être, ni nous, ni ses amis.
    De temps en temps, je réussis à parler de lui sans pleurer mais il m'arrive encore très souvent de m'écrouler en sanglots, j'oscille entre désespoir profond quand je réalise qu'il ne sera plus jamais là et moments plus calmes où je lui parle et où je le vois rigolant comme il était encore deux jours avant de se tuer, lors du dernier weekend qu'il a passé avec nous à la maison.
    Tout cela est extrêmement difficile, je ne sais pas comment je tiens debout mais je me découvre une force que je ne soupçonnais pas. En même temps c'est soit avancer pour mes filles et mon mari soit mourir et mourir je n'en ai pas envie.
    Depuis ce drame je suis devenue une autre personne, je sais que je devrai vivre avec ce fardeau de la peine et de la culpabilité jusqu'à la fin de mes jours et je suis tellement triste quand je pense au désespoir de mon fils et à ce qu'il a dû vivre tout seul, tellement triste de ne pas avoir pu l'aider.
    Bon courage à vous qui traversez aussi cette terrible épreuve.
    • Bonjour,

      Loin de moi la pratique des forum mais à cet instant il n'y a que vous qui puissiez approcher ce que je ressens. En vous lisant, je retiens mes pleurs.

      Mon fils de 17 ans s'est pendu chez nous le 3 décembre 2018. Je ne peux rien dire qui vaille la peine je ne peux rien faire qui vaille la peine.Je vis pour partie comme avant mais il n'y a plus de sens. Mon fils a emporté ma vie avec la sienne. La moindre pause dans mon quotidien d'automate est submergé par la tristesse.

      J'ai pourtant un fils de 28 ans, une fille de 15 ans, ma femme dont je me sens responsable mais le sens est toujours absent. L'absurdité de cette mort à cet âge me détruit. Je n'aurai jamais de réponse, la réponse donnerait un sens, l n'y en a pas !

      La douleur est si forte qu'il est difficile de la partager avec mon épouse. ette douleur m'enferme. Je ne me sens pas coupable. Notre fils était suivi depuis plusieurs années et cela alimente ma colère et diminue peut-être ma culpabilité.
      • Bonsoir Michel,

        Votre témoignage et tant d'autres me touchent, le décès de votre fils est récent et vous venez, vous et votre famille de subir un "Tsunami" que seuls des parents comme nous, hélas mais les faits sonts là, comme nous des parents endeuillés.

        Il est normal, dans un premier temps de vouloir le rejoindre. La perte du sens à donner à sa propre vie après cette épouvantable épreuve (les mots ne sont pas assez forts pour l'exprimer); ce n'est pas dans la logique de la vie que nos enfants partent avant. Moi, j'aurais voulu donner ma vie et prendre la place de mon fils Romain dans sa boite mais cela Michel, on ne sait pas encore le faire.

        Moi, je ne faisais plus confiance à ma femme et aux autres. Culpabilité, reproches, chercher des réponses et se dire : mais pourquoi cela nous est arrivé à nous, mais pourquoi à nous ? Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? (je vous conseille de voir ce film avec Christian Clavier ) vous n'êtes le seul à avoir eu ce choc.

        Dans un second temps ou pendant la troisième mi-temps, il faudra vous poser cette question : alors, je, nous continuons à vivre comme des "zombies", c'est-à-dire comme des morts vivants et nous, ou je, choisis de faire partie des Vivants ? Je sais, Michel, c'est facile de l'écrire ou de le dire mais sachez que je suis comme vous: un parent orphelin. Dans cette épreuve, père et mère n'avancent pas à la meme vitesse, il faut respecter l'autre et réciproquement.

        Voilà Michel, je voulais vous donner des pistes pour avancer. Quand vous voudrez, vous pourrez écouter la conférence de Lytta Basset du 14/01/19 (ça peut vous aider); elle a écrit des livres sur le deuil d'un enfant "ce lien qui ne meurt jamais"; son fils s'est suicidé en 2001.

        Et puis faites-vous des petits ou grands plaisirs que vous ne vous n'octroyiez pas auparavant (je sais, au début, on se dit dans son for intérieur, je n'ai pas le droit d'avoir des moments de plaisirs). Cela permet d'avancer, enfin pour ma part.

        Il faut continuer à cheminer pour Vous et votre Famille
        Allez, je vous embrasse Tous,
        Anthony
    • Je suis comme vous, perdue à certains moments; mon fils était marié avec une fille, une femme qui ne lui correspondait pas du tout, par rapport à l'éducation qu'il a eu chez nous.

      Faut dire qu'il avait un mal de vivre. Son papa biologique étant décédé de maladie alors qu'il avait 3 ans. Je me suis remariée et mon mari a adopté mon fils à sa demande alors qu'il avait 14 ans, âge légal pour faire cette demande, et puis il a fait quatre ans de marine et a rencontré sa femme qui ne voulait pas nous voir. Il a eu une fille qui a 18 ans aujourd'hui.

      Mais Thomas avait un métier où il était toujours en déplacement et lorsqu'il venait en week end chez lui, il n'était pas toujours le bienvenu. Seulement pour apporter sa paye (sa femme ne travaillait pas); il fallait bien faire bouillir la marmite.

      Et puis un jour après une dispute, lors d'un week end, il est parti et s'est pendu dans un bois. Nous l'avons cherché pendant huit jours, il y a des jours où je veux aller le retrouver mais j'ai une famille avec d'autres enfants!
      • A tous ces Parents, ces Mamans qui ont perdu leurs enfants,
        je lis tous vos témoignages et je ne peux répondre à tous bien sûr, mais nous vivons ou avons vécus cette même souffrance de perdre notre enfant. Grosse pensée pour vous tous, courage, tenez bon!!!! Je vous embrasse tous. Je n'ai pas de remèdes miracle, mais seul le temps atténue la peine sans oublier notre enfant. J'en suis ressortie beaucoup plus forte. Il m'a fallu des mois. Perdre un enfant est la pire des choses qui puisse nous arriver. Il n y a aucun mots pour ça !
    • je vous trouve tellement forte
  13. Ma petite soeur a mis fin à ses jours ce 14 octobre, à 28 ans. La douleur encore encore vive, me fait peur, car en choisissant de partir, une part de moi s'en est allé avec.

    En couple depuis 2 ans, elle venait de se marier et avait pourtant tant de projets. Rien, rien ne nous a permis de déceler quoi que ce soit. Si souriante, belle, elle aidait vraiment son prochain, avec cette bonté, cette pureté si infaillible.

    J'ai tant de douleur, nous étions très proches et elle si proche de ses deux neveux que je ne me sens pas capable de vivre sans elle.

    Comme un papillon, elle s'est battue pour devenir la personne qu'elle est devenue et pourtant, sous ce regard pétillant et cette chaleur qu'elle dégageait, ses démons ont malheureusement eu raison d'elle. J'ai tant de choses à dire, tant de questions, tant de colère et d'émotions si forte, que je ne me sens pas capable de me battre contre ça, mais comme elle et pour lui faire honneur je me dois de rester fort, si seulement c'était si facile.

    Sabrina, sache que tu vas me manquer, mais je sais que nous nous reverrons un jour, tu le savais, je t'aime et je suis si fier de toi. Fait un beau voyage, veille sur nous, car il nous faudra énormément de force. Soeurette, on se tient au courant et à bientôt.
  14. Quatre ans, le 7 octobre, que mon fils s'est suicidé; il avait 28 ans. Il avait pris des anxiolytiques et des somnifères et s'était noyé dans La Loire. Je revois les détails de tout, les policiers qui nous informaient sur sa disparition inquiétante, les recherches, le jour où on a retrouvé son corps, le prélèvement ADN, les obsèques après 1 mois... Je suis passée par l'incrédulité, les questions sans répit, la tristesse infinie et la peine innommable, le sentiment de culpabilité de ne pas avoir su le protéger et lui montrer mon amour inconditionnel, l'isolement, les insomnies, les courbatures, ... et j'en passe...
    Pour m'aider à comprendre, je m'approchais des associations "Mots du deuil" et "Vivre son deuil", je lisais énormément - le livre de Christophe Fauré est devenu mon livre culte - et je n'avais pas perdu ma foi. Puis, je devais m'occuper de sa petite soeur qui était restée dans le déni... Mais le plus dur pour était de faire semblant : devant les autres, car je voyais que chacun avait son propre rythme dans ce deuil, et que mes amis-amies n'osaient plus me parler que de banalités.
    Aujourd'hui après quatre ans, ma peine est toujours aussi profonde et mon regret est toujours aussi présent. Tous les événements, heureux ou non, dans la vie de ma famille ou les grands événements de ce monde me font rappeler le vide dans mon existence : mon fils.
    Mais je pleure moins, je vais au travail, je ris, je sors de MA survie, car c'était la survie. Je suis tout le temps avec mon fils, où que je sois; je lui parle, tout ce que je fais, je le fais avec avec lui, mais il me manque et me manquera toujours. Je réalise cette vérité cruelle : "Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout où je suis" (V. Hugo).
    Notre chemin est difficile, et la peine sera toujours avec nous, car nous avons perdu la vie, cette vie était notre enfant. Mais nous continuons à vivre, car la vie est ainsi...
  15. Mon frère s'est suicidé à l'âge de 27 ans en 2011. Depuis 7 ans je ne suis plus la même. Je suis très malheureuse et rien ne sera comme avant. La douleur est insupportable. Je ne vivrai plus jamais heureuse, c'est cela qui est difficile. La vie est devenue un fardeau quotidien, de pleurs et de souffrance.
    • Je ne serai plus jamais la même, moi non plus : mon frère s’est défenestré le 25 décembre 2017.
      Depuis une partie de moi n’est plus là. J’ai un chéri et deux beaux enfants, mais des fois je n’y arrive plus.
  16. Bonjour,
    Ce 16 juin 2018, ma fille de 24 ans s'est pendue.
    Je suis seule face à ma douleur et pourtant je dois rester sereine pour ceux qui restent. Mais je m'enfonce un peu plus chaque jour et personne à qui parler sans fondre en larmes.
    • Bonjour Béatrice,
      je vis le même drame que vous, ma fille de 23 ans s'est suicidé le 28 mars 2015. Comme vous j'ai cru que de ne pas montrer mon immense chagrin et d'être forte vis à vis des autres et pour les autres était la solution. Et bien non. Car lorsque j'étais seule, je criais mon désespoir, mes pleurs coulaient sans discontinuer, je me réfugiais dans mon lit pour ne pas affronter la réalité de la disparition de ma fille. Depuis 3 ans qu'elle est partie, mon coeur est déchiré, j'ai une plaie béante qui jamais ne cicatrisera. Elle est là toujours et elle sera toujours là. Mais je penses que si j'avais pu ou su partager ma douleur, parler avec les autres, échanger, j'aurais peut-être mieux surmonter. Je dis surmonter mais pas oublier. Car la disparition d'un enfant est inacceptable et c'est une déchirure que l'on portera jusqu'à la fin de notre vie. Alors la seule chose que je peux vous dire c'est de laisser votre chagrin s'exprimer, d'échanger avec les autres, de ne pas avoir peur de pleurer, d'oser parler de votre fille. Vous avez tout mon soutien et mes pensées vous accompagnent. Une maman dévastée
      • Je vis dans des souffrances terribles moi aussi. Mon fils s'est suicidé, je culpabilise beaucoup de ne pas avoir appelé les secours. C'etait un dimanche et il était en détresse.
        Ma douleur est immense. Je vis une double torture, je suis tellement malheureuse, je ne sais pas comment je peux encore avancer. Le malheur est trop grand. C'est indicible, il n'y a que ceux qui sont concernés par les mêmes souffrances qui peuvent comprendre. Comment vivre ? C'est l'enfer.
      • Moi je n'en parle jamais. J'ai personne avec qui parler de la mort (rien que le mot mort, c'est deja avoir fait un progrès). Sans doute en arrivant à communiquer, on réussit à se réconforter. Le silence est une forme de deni pour moi.

        Je suis contente d'avoir pu communiquer, ne serait-ce que par écrit ce matin.
    • Bonjour,
      Lire tous vos témoignages de vos enfants, qui ont choisi de vous quitter, est déchirant. Mon fils de 37 ans a également choisi d'en finir avec la vie le 10 juillet dernier en se pendant. Il laisse une adorable petite fille qu'il adorait, mais cela n'a pas suffi pour éviter l'irrémédiable. Il était trop mal.
      Il nous laisse tous dans le désarroi. Son frère et moi avons une moitié de nous mêmes qui est morte avec lui. Nous vivons tous éloignés et chacun dans notre coin, nous essayons de surmonter notre immense chagrin. Le quotidien est très dur.
      • Bonsoir
        Mon fils s’est pendu en mars.
        Il avait 36 ans, était papa de deux petits enfants de presque 4 et 6 ans qu’il adorait.
        C’est un traumatisme, que seuls les gens qui l’ont vécu, peuvent comprendre.
        Je passe par des phases d’hyper activité et des phases d’anéantissement.
        Plus rien ne sera comme avant.
        Bon courage.
    • Bonjour Béatrice, je me suis connectée sur le site, et je viens de lire votre message.
      Je suis dans le même cas que le vôtre; ma fille était un peu plus jeune que votre fille, et son décès est aussi de ce mois de juin 2018. Situation très complexe à gérer avec de multiples difficultés. J'ai trois enfants et pour mon fils et ma fille qui restent c'est aussi très perturbant. Comment peut-on s'imaginer qu'on ne la reverra pas ? J'ose espérer qu'elle reviendra un jour comme avant quand elle venait me voir. Au présent, je vis avec elle depuis cette terrible annonce. Mais notre vie ne sera jamais plus comme avant avec elle.
    • Bonjour Béatrice. Je peux vous apporter mon témoignage car en 2013 un cataclysme a dévasté ma vie! Le 3 juillet mon fils de 23 ans s'est suicidé en sautant d'un pont de plus de 110 m, et 2 mois plus tard, mon propre compagnon (qui n'était pas son papa), s'est pendu dans notre garage; c'est moi qui l'ai trouvé.
      Depuis je suis en survivance. Je n'ai jamais pu rencontrer quelqu'un qui avait, comme moi, subi cette double peine ! Je prends conscience tout doucement qu'après avoir fait front pendant deux ans pour ma fille, le papa de mes enfants et plus généralement, pour rassurer ma famille, aujourd'hui je fais le constat terrible que je n'ai pas eu de mes proches, l'aide que j'en attendais.
      En effet, après m'être montrée pleine de courage au point que l'on m'a souvent demandé comment je faisais pour surmonter cette dévastation de ma vie, et bien j'ai répondu que tout simplement, j'étais devenue quelqu'un d'autre ! Parce que, voyez-vous, je n'ai pas eu d'autres solutions car sans ce dédoublement de ma personne qui s'est opéré tout seul, pour me permettre de survivre, "reptilement" parlant, je me sentais tout à fait prête pour faire comme eux, tellement la sidération était prégnante... J'avais ma fille qui est son aînée de quatre ans, le Papa pour qui ce fut très dur et puis également une très grande famille.
      Le problème est que j'avais placé beaucoup d'attentes dans cette grande famille très proche, trop d'attentes sans doute car elle n'a pas su voir que derrière le masque de vie que je leur présentais, il y avait ces deux êtres chéris qui allaient me manquer désespérément tout le reste de ma vie...
      Alors faites-vous aider, parlez énormément à votre entourage même si vous n'avez pas de personne très proche, allez consulter des psychologues, des thérapeutes, ils sont nombreux à pouvoir apporter de l'aide, quelles que soient vos convictions.
      Vous pouvez aussi vous diriger vers toutes les thérapies énergétiques que l'on trouve maintenant vous en trouverez forcément une qui va vous convenir. J'ai personnellement fait de l'EMDR, de l'hypnose... Je n'ai jamais pris un médicament, par contre Fleurs de Bach, huiles essentielles...
      Mettez tout en œuvre pour remonter la pente car c'est ce qui va vous permettre de mobiliser votre énergie et ainsi vous concentrer sur le désir de vie qu'il faut aller chercher au plus profond de soi même. N'en doutez pas Béatrice, cette énergie, vous l'avez, mais vous ne l'avez pas encore ressentie comme une ressource potentielle. Alors, faites-lui confiance, faites-vous confiance.
      Je vous dis ça parce que cinq ans plus tard je fais ce constat qui est de me dire que j'attendais trop de mes proches mais je ne leur ai pas permis de s'insérer dans aucune brèche de ma façade du "ça va" pour m'aider donc je suis fautive aussi ! Alors, ne commettez pas la même erreur que moi car voyez-vous aujourd'hui je ne suis pas encore au bout de mon travail de deuil et peut-être que, un relatif orgueil de ma part m'a mis dans cette position de ne pas oser demander à ma famille cette aide si précieuse.
      Dernière chose : spontanément, à l'issue du décès de mon compagnon j'ai commencé à écrire pour évacuer mes deux douleurs terribles et pour mettre des mots sur du papier. Mon fils avait une très grande maturité malgré son jeune âge et nous a laissés des textes qu'il a écrits. Il était très entouré de sa famille d'abord et de beaucoup beaucoup d'amis ensuite. Pour me donner une raison de plus d'écrire ce livre, j'ai moi-même pris à bras-le-corps les engagements de mon fils qui militait pour la nature, les éco-villages, l'anti-commercialisation et ai fait miennes ses convictions que je partageais déjà de son vivant.
      La perte de leur ami, a plongé son groupe de copains dans une profonde dépression au point que les parents m'ont même demandé d'intervenir auprès d'eux pour que les dommages collatéraux ne s'aggravent pas... Malheureusement, un de ses meilleurs copains a fini par mettre fin à ses jours également, trois ans plus tard...
      Voilà le témoignage que je peux vous apporter: je travaille depuis lors à la rédaction de ce livre par petits bouts parce que la douleur est encore tellement présente que ça me fait encore très très mal mais je pense que ce que je vais en retirer sera je l'espère, une aide pour tous ses amis notamment et peut-être aussi pour ma famille.
      Excusez-moi si j'ai été un peu longue mais j'avais à cœur de vous partager mon ressenti. J'espère que vous allez trouver votre voie et de tout mon cœur, je vous embrasse affectueusement.
    • Bonsoir,
      Ma fille de 24 ans s’est pendue le 30/12/18 dans l’hôpital psychiatrique où elle venait de rentrer pour se protéger de ses pulsions.
      Elle est morte le 4/01/19.
      Je suis sous le choc. Si je pouvais échanger avec vous pour partager ma peine avec la vôtre.
      Caroline
      • Bonjour Caroline,

        Ma princesse s'est aussi éteinte le 4 janvier 2019 par pendaison elle n'avait que 14 ans.

        Que vous dire ? Nous sommes traumatisés et n'avons plus goût à rien. Il va falloir beaucoup de courage et de force pour continuer. Il n'y a que le temps qui permettra d'atténuer la douleur, dites-vous simplement qu'elle est toujours près de vous dans votre coeur, cela fait maintenant deux mois et demi qu'elle nous a quittés et sa présence nous manque terriblement.

        Dites-vous bien que nous ne sommes pas les seuls sur terre à vivre cela.

        Soyez forte...
  17. Bonjour, j'ai perdu mardi 7/02/17 mon fils de 20 ans d'une rupture d anévrisme... J'ai mal tellement mal... Je n'arrive pas à imaginer ma vie sans lui...
  18. Bonsoir,
    J'ai perdu ma fille de 24 ans il y aura 3 ans demain 3 février, jour aussi de mon anniversaire, où son père et moi l'avons trouvée pendue à son escalier chez elle. Depuis je vis une souffrance intolérable difficilement explicable à mes proches et amis.
    On m'avait dit qu'avec le temps cela s'adoucirait mais c'est le contraire. Je pleure beaucoup tous les jours. Je n'accepte pas son absence.
    Je suis morte avec elle...
    • Je ressens exactement la même douleur que vous Jocelyne. Mon fils Karim est parti lui aussi il y aura bientôt un an le 19 février, il aurait eu 25 ans le 9 février. C'était mon unique enfant. Ma vie n'a plus aucun sens mais il m'arrive parfois de penser aux bons moments vécus ensemble et cela me réconforte. Jet vous conseille le livre de Christophe Fauré sur le deuil après le suicide d'un proche, il vous aidera peut-être.
      D'une maman à une autre.
    • Bonsoir Jocelyne,
      Mon fils s'est suicidé le 28 octobre 2016 à 17 h : il s'est pendu à la fenêtre de son salon. Il vivait à Paris où il était étudiant. Il travaillait en alternance dans une boite d intérim. Il a fait un burn out.
      Depuis ma vie n'a plus de sens. Les psychiatres vous donnent des calmants mais on est comme un légume, en état végétatif. Je me suis plongée dans le travail, c'est mon seul répit à ma souffrance. Au travail, personne ne sait. Je ne veux pas de leur compassion. Parfois je pense mettre fin à mes jours... mais j'ai de la famille que j'aime et qui m'aime. Je ne veux pas leur faire endurer une telle souffrance. Alors je vis, j'ai des moments agréables, les meilleurs, c'est quand je travaille.
      Jocelyne, j'aurais voulu vous aider mais il n'y a que vous qui peut vous aider en trouvant un palliatif à votre souffrance.
    • Bonsoir,
      J'ai perdu ma fille le 16 novembre 2009 dans les mêmes circonstances. Depuis pour moi aussi, c'est une lutte de chaque jour, j'arrive à parler d'elle sans pleurer. Mais ce qui me fait mal, c'est l'attitude des personnes de notre entourage : j'ai l'impression que pour eux elle est partie et maintenant il nous faut avancer; ça me fait mettre en colère, s'ils savaient ce que nous devons supporter chaque jour.
      Vous savez maintenant j'arrive à gérer mes émotions et cela depuis une petite année. Si je puis me permettre, si vous avez envie de pleurer, faites-le et surtout ne vous retenez pas car cette douleur il vous faut la sortir. Pour moi la sophrologie m'a beaucoup aidée, mais nous sommes tous différents devant une telle épreuve. Beaucoup de courage à vous.
    • Mon fils s'est tiré une balle dans la tête; mon fils unique n’est plus là; moi aussi, j’ai arrêté de vivre; c'était le 7 août 2017.
      Déjà 7 mois, je viens de me réveiller, parait-il, car j’étais en état de choc. Je me sens à la mer, je ne vois plus la terre mais je nage; Je fais tout pour calmer ce mal et garder bien vivant cet être que j’ai porté 9 mois et avec qui j’ai partagé 42 ans de vie.
      Le coeur veut me sortir de la poitrine; tout est remis en question, lui moi. Chaque jour, je lui parle et j’adoucis ma colère avec mes mots; je lui dis que je n’approuve pas son geste mais que je comprends son mal de vivre et que je l’aime de tout mon coeur; je lui demande pardon pour les manques ou maladresses que j’ai pu lui faire vivre; en lui faisant part que tout a été fait dans l’amour sans lui faire tort; j’ai aimé de mon mieux, j’ai exercé mon rôle de maman avec tout l’amour de mon coeur; j'ai une blessure au coeur qui me suivra mais je ferai avec; je lui démontrerai combien je l’aime encore et combien la vie est précieuse et il m’aidera.
      Merci fiston d’avoir été dans ma vie; merci d'avoir existé ! Je t’aime du plus profond de mon coeur mon fils.
      Ta maman de la vie xxxxxx

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