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Vie de parent : comment survivre au suicide de son enfant?

Ces idées noires qui menacent de vous entraîner vers l’abîme, Gérard Delisle ne les connaît que trop bien. Il les côtoie intimement depuis plusieurs années à cause de ses épisodes de dépression, mais, surtout, elles lui ont enlevé son enfant, sa fille aînée, sa Catherine, un matin d’août 2015.

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58 commentaires

  1. Que de souffrance !!!
  2. Bonjour,
    Tous ces témoignages du Canada... Nous avons perdu notre fils qui s'est pendu en février 2019 à l'âge de juste 22 ans.
    Il était dépressif psychotique, s'étant renfermé peu à peu dans un monde parallèle où il était un penseur, philosophe, poète incompris.
    Il a eu un comportement erratique dès l'âge de 13 ans, écoles, écoles, naufrages, naufrages.
    Il n'a jamais accepté l'idée de faire un diagnostic et des traitements.
    J'avais rencontré des psychiatres addictologues car il consommait des drogues et le risque de suicide après nombre de questions avait été considéré comme faible.
    Ce qui me fait le plus mal est d'avoir vu mon gamin, la personne à qui je tenais le plus au monde sombrer dans la folie.
    Rien pu faire, ni sa maman, ni moi, ni sa famille, ni ses amis.
    Inéluctable, imparable, une sensation d'impuissance totale.
    Il nous aimait, nous l'aimions.
    La folie a été plus forte que l'amour.
    Aujourd'hui, je m'occupe de reprendre ses écrits, les mettre au propre et les publier.
    Alexandre, absent à jamais, présent pour toujours.
    François, ton papa qui t'a tant aimé.
    • bonjour,
      Je me suis remariée samedi 20 juillet dans le Gers où je vis. Mon fils était présent et vivait en Gironde. Nous avions prévu de faire beaucoup pour l' avenir. Il aimait sa nouvelle famille. Mon fils a été retrouvé ce matin en Gironde, pendu dans la grange. Pourquoi ? Aidez-moi
      • Comment t'aider, c'est tellement difficile d'accepter une situation pareille.
        J'essaie d'avancer et faire semblant de vivre pour mes autres enfants mais mon âme et moi sont morts depuis 5 mois avec ma fille.
        Il faut tenir pour ceux qu'on aime.
        Bon courage la lumière reviendra peut-être
      • Bonjour Lucie,
        Il ne faut pas culpabiliser : le pourquoi sera toujours une question sans réponse.
        Nous sommes suivis mon épouse et moi-même ainsi que ma fille de 11 ans par des psychologues, chacun le sien c’est la procédure.
        N’hésite pas contacter le CMP (Centre médico psychologique) ils sont là pour ça.
        Médecin, psychologue très compétents.
        J’ai perdu mon fils de 18 ans le 06 mai 2019 pendu après le conduit de cheminée à l’extérieur de la maison. Alors je comprends votre souffrance c’est terrible et surtout incompréhensible. La vie s’écroule.
        Il n’y à rien de plus précieux que la vie de son enfant.
        Le travail du deuil va être long et compliqué mais il faut s’accrocher pour ceux qu’on aime.
        Courage on va y arriver.
        David
  3. Tant de souffrance, c'est atroce ! Courage !
  4. Bonjour,

    Tous vos témoignages confirment ce que j'imagine que notre fille ressent depuis le suicide de son fils de 17 ans, notre petit-fils.

    Bien que plongés dans une indicible douleur, nous aussi les grands-parents, nous avons conscience qu'elle n'est "rien" comparée à celle de notre fille.

    Et notre fille bien-aimée, maintenant entrée dans la phase de "colère" (d'après Elisabeth Kübler-Ross) est persuadée et nous dit que " nous ne comprenons rien, que personne ne comprend rien". Ses reproches sur notre absence d'aide ces dernières années, quand sont fils allait mal (bien injustes car nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir - et ce qu'elle acceptait - pour l'aider) nous sont une douleur supplémentaire...

    Elle ne veut plus avoir de contacts avec nous, ni personne (nous sommes loin et ne sommes en contact que par messagerie), ce qui a bien sûr pour effet d'accroître encore davantage notre inquiétude pour elle et notre sentiment d'impuissance.

    Nous acceptons de la "laisser en paix" comme elle nous l'a demandé.
    Mais comment l'aider? Sans doute êtes-vous les plus à même de me dire:
    comment avez-vous pu être aidés par vos proches dans les mois qui ont suivi ce cataclysme dans votre vie?

    Je vous souhaite à tous la force de retrouver un certain goût de vivre et une certaine forme de sérénité... même s'ils seront forcément bien différents de ce que vous avez connu "avant".

    Merci pour l'aide apportée par vos témoignages!
    • Bonjour Amélie.
      J'espère que depuis la publication de votre message vous avez pu renouer avec votre fille.
      Il faut insister, quitte à vous déplacer pour la soutenir directement.
      J'ai perdu ma fille il y a 8 mois, et je me suis renfermée aussi, ne voulant voir personne. La souffrance que nous portons au quotidien, oui c'est vrai nul ne peut la comprendre car elle n'est vécue que par nous. Tout notre corps est malade, extérieurement et intérieurement et aucun traitement ne peut nous guérir. Ma famille était là pour les obsèques, puis plus rien car trop éloignée. J'ai eu heureusement le soutien de collègues de travail pour me "relever". Ça reste encore très difficile mais on a besoin de soutien même si dans notre douleur on s'isole. Insistez Amélie, votre fille a besoin de vous.
      Bon courage
  5. Bonsoir,

    Mon fils de 27 ans s'est 'effacé' le 8 mai 2016. Je l'ai trouvé avec un léger sourire au bord des lèvres, il était beau, il sentait bon. Il s'était préparé comme pour sortir avec ses amis qu'il ne voyait plus depuis presque dix ans.

    Je rentrais de vacances, un retour de cris, de pleurs, de panique. J'ai trouvé ce mot sur le bord de la table 'desolé'.

    Depuis j'avance pour sa soeur, ma petite fille mais ma vie n'est plus la même. Je survis. Pas un jour où je ne pense pas à lui. Je rentre du travail et je continue à dire hello, salut, ça va... Rien ne me parvient.

    Parfois j'ai cette impression étrange qu'il a été là toute la journée, son odeur me parvient, j'hume à pleine narine, je respire, je respire. Il me manque terriblement.
    • Bonjour Brigitte,

      J'ai perdu mon fils le 11 mai 2016, il allait avoir 25 ans, il s'est jeté sous un train.

      Quel choc, pourquoi en est-il arrivé là, que s'est il passé? Ces questions, je me les pose tous les jours. Je ne m'habitue pas à son absence, sa chambre est toujours là avec toutes ses affaires, je n'arrive pas à la vider.

      Tout ce que je souhaite, c'est que mon autre fils arrive à se construire une vie heureuse et que la disparition tragique de son frère ne soit pas un trop lourd fardeau pour lui.

      Bon courage à vous, nous devons rester debout et continuer malgré tout.

      Corinne
      • Florian est parti le 8 janvier 2016, le jour de ses 25 ans.
        Pourquoi ? Je crois que je ne comprendrai jamais. On s'aimait beaucoup.

        Parfois comme aujourd'hui je me rends compte que je n'accepte pas. Je cache, même à moi-même, mes sentiments. Je suis sortie de mon hébétude environ un an et demi après et je me suis levée parce que je me suis dit que de toutes façons moi aussi j'allais mourir et cela m'a beaucoup rassurée comme si ma douleur etait juste une question de patience.

        Un an après, je n'arrive toujours pas à faire le deuil comme on dit. Je me sens très détachée du monde. Y'a pas de miracle
        • Paola,

          Je m'appelle Marie. J'ai perdu mon Denis, 26 ans, le 19 avril 2017.

          Pendant plusieurs mois, je lui ai dit tous les jours qu'il fallait voir un médecin, que beaucoup de personnes faisaient des dépressions, que tout s'arrangerait, que j'étais là, qu'à chaque problème une solution...

          Un matin, il est venu dans ma chambre. Il m'a dit: "Tu as raison, Maman, je veux aller à l'hôpital, je suis au fond du trou. Je veux me soigner. Emmène moi, Maman. Reste avec à mes côtés. Je dirai tout mais je veux m'en sortir."

          J'étais contente, il avait le déclic, comme il a su bien le dire. On est tombé sur une infirmière Psy qui a bien vu l'urgence. Elle a proposé une hospitalisation de trois à quatre jours, trouvé le traitement adapté avec l'équipe médicale. Il fallait juste attendre la Psy de garde pour la suite.

          Mon fils était soulagé, moi aussi, très fière de mon Denis, d'avoir le courage de dévoiler son état, de dire des choses très personnelles. La Psy est arrivée, froide. Dix minutes pour lui donner trois adresses de Psy externes. Tout ce qui avait été dit avec l'infirmière, effacé.
          Nous étions tous les deux anéantis.

          Le 19 avril, j'étais avec mon Denis, il m'a dit : "Maman, j'en peux plus". Je lui ai dit : "On va appeler un médecin des urgences". Idem, refus de son hospitalisation par ce médecin incompétent, je n'ai pas les mots.

          Avec deux amis venus nous voir, Denis nous a fait le café. Il m'a dit : "Maman, je vais fumer une cigarette sur le balcon". J'ai regardé, il était assis sur son fauteuil. Il est revenu, a repris une autre cigarette. Je voulais lui dire: "Tu viens d'en fumer une Denis". Mais je me suis dit, laisse-le tranquille, il était tellement mal. Je n'allais pas l'embêter.

          Cinq minutes plus tard, j'ai regardé, je ne l'ai pas vu, j'ai dit à mes amis : "Il est sorti sans sa veste, il fait froid". Un quart d'heure après, les pompiers tapaient dans les portes. Ils cherchaient les parents d'un jeune. Mon Denis avait sauté quatre étages.

          Nous avions appelé au secours, il voulait se soigner. Ils n'ont pas écouté. Ils me l'ont tué.

          Moi aussi, je suis anéantie : souffrance indescriptible, culpabilité... Pourquoi, j'ai pas fait ci, pourquoi j'ai pas fait ça, pourquoi, pourquoi ?

          Je me demande pourquoi je reste. Je résiste en priant que le Seigneur le prenne dans ses bras, la Sainte Vierge. Je n'ai que mon chat, qui était notre chat. Que mon Denis aimait tant. Je me dis que si je ne m'occupe pas de Choupi, il ne serait pas content, il aimait tellement les animaux. Denis était gentil, humble, discret, toujours prêt à rendre service.

          Nous parents, comment supporter ce calvaire ? Tout ce que je souhaite, c'est que nos enfants tant aimés soient dans la lumière et la paix éternelle. Que nous puissions nous retrouver et nous serrer très fort et être réunis le jour où Dieu nous appellera. On baisse les bras un jour, puis se relève pour eux. C'est un combat de tous les jours.

          Nos enfants ne veulent pas que nous souffrions. J'en suis sûre. Ils savaient et savent que nous les aimons tellement. Serrons-nous les coudes, nous pouvons nous comprendre, nous Maman. Donnons-nous la force pour eux. Qu'ils soient heureux dans la lumière Éternelle.

          Souvent, quand je vais très mal, un appel qui me calme, je hurle et tout d'un coup, plus rien. Tout s'arrête. Ma respiration s'accélère et je me calme. On m'aide, ce n'est pas possible autrement. Je me dis c'est mon Denis.

          Je vous envoie plein de cœur ❤️❤️❤️❤️❤️. Si nous pouvons nous aider, en tout cas, ce sera avec plaisir pour moi.

          Je vous embrasse très fort.
        • J'ai mis vingt ans pour écrire le livre "Ton suicide" sur le geste de mon fils qui avait vingt ans.
          Il participe à la compréhension, la prévention, la postvention et le deuil du suicide

          Jean-Christophe
      • Bonjour,

        Mon fils s'est pendu le 25 juillet 2017 et je me sens coupable de n'avoir rien vu.

        Je souffre et pleure tous les jours; on avait une complicité de fou. Je ne comprends rien; je suis physiquement là et morte à l'intérieur.

        Bon courage à vous,
        Paola
        • Bea,

          Ma fille Amandine s'est pendue un 24 avril 2016.
          Depuis je suis révolté, des baisses de moral
          Je n'ai plus de pêche
          Je n'ai plus de larmes
          Je ne crois pas au suicide
      • Moi aussi, j'ai perdu mon fils de 25 ans d'un suicide. Ce qui me rend malade et me culpabilise, c'est qu'il vivait depuis quelques années avec son père et qu il s'était éloigné de moi et je ne sais pas pourquoi.

        En plus, je n'ai pas de sépulture, son père ayant gardé les cendres chez lui. Je ne peux pas me receuillir sur sa tombe. C est terrible.

        Il était tellement plein de vie quand il était avec moi ! Si vous êtes comme moi, privée de sépulture, écrivez moi. Merci
    • Bonsoir,

      Moi aussi mon frère a décidé de mettre fin à ses jours en 1987 fin mars. Depuis, je vis parfois dans les souvenirs. De plus, son portrait est dans ma salle.

      Il me manque même après des années et je me dis qu'on ne peut pas faire le deuil d'un être cher que l'on aimait.

      Le 31 mars, c'est son anniversaire de décès, c'est toujours aussi dur. Même son frère a du mal; et le pire, c'est qu'on l'a retrouvé sur la route un jour de pluie.

      Aidez-moi, s'il vous plait.
    • Bonjour,
      Je suis dans le même cas : mon fils s'est suicidé il y a six mois. Je suis morte à l'intérieur.
      • Bonjour Paola,
        Mon fils Kyle s'est donné la mort en novembre dernier. Et chaque jour est un combat, mais ce combat est important car nos enfants que nous aimons tant sont en nous.
        Je n'avais pas vu sa désespérance. Bien que fortement dépressif je le croyais en bonne voie.
        Je partage votre douleur et vous souhaite ce courage qui parfois est défaillant mais jamais ne nous quitte.
  6. J'ai perdu mon fils adoré par suicide le 31 août 2018; il était âgé de 31 ans. Comment fait-on pour survivre à un tel drame?
    L'important pour moi, c' est d'en parler et de rencontrer des gens qui vivent le même parcours que le mien; je sais que le chemin de deuil est un long processus de guérison.
    Je m'accroche à la vie. J'ai un autre fils et je suis bien entourée de gens que j' aime. Mon fils était très croyant et il était très spirituel, je suis persuadé qu'il est bien accompagné là-haut et qu'il veille sur nous.
    Je demande à Dieu qu'il te guide dans sa lumière où tu trouveras le repos éternel.
    Je t'aime Louis. xxx Maman.
    • Je viens de perdre mon fils de 37 ans, mort par pendaison. Il laisse un garçon de 15 ans et une fille de 3 ans.

      Je ne lui en veux pas, c'est son choix. Mais, comme il devait être malheureux et nous n'avons rien vu, même pas pu l'aider. C'est atroce, je ne sais pas comment nous allons survivre sans lui.

      C'est arrivé le 21 janvier 2019.
    • Bonjour,
      j'ai perdu aussi mon ange le 25 juillet 2018 et je n'arrive pas à faire mon deuil; je sais pas comment je vais m'en sortir.
      J'ai besoin d'aide mais comment faire ?
      Paola
      • Bonjour Paola,

        Tu peux te faire aider par ton médecin qui peut te prescrire un antidépresseur le temps que tu acceptes de vivre avec ta douleur, il peut aussi te diriger vers un sophrologue ou un psychanalyste.

        Puis dans ta ville il y a surement des associations qui rassemblent des personnes en deuil; dans notre région nous avons une association qui nous a permis da participer à des cafés deuils où tu peux échanger avec des personnes qui ont perdu un proche (enfant, conjoint).

        Personnellement, ça m'a fait du bien; on se rend compte que beaucoup de gens sont dans notre cas. Mon fils de 24 ans s'est suicidé en mai 2016, le manque et la douleur ne diminuent pas, on apprend juste à la gérer et à vivre avec.

        Bon courage,
        Corinne
    • Bonjour à vous,

      Si je vous écris ces quelques mots, c'est pour vous soutenir dans votre douleur que je comprends parfaitement. Malheureusement je suis passée par là; le 21 octobre dernier j'ai perdu mon fils, âgé de 36 ans, qui a mis fin à ses jours en ce suicidant avec une meuleuse.

      Depuis je vis un chagrin énorme. Je pense à lui tous les jours mais je n'arrive plus à me controler; ces pleurs tous les jours, en prenant mon petit déjeuner, mon repas le midi, cela devient insupportable.

      Mais je pense qu'il doit être plus heureux où il est maintenant. Je ne suis pas une semaine sans aller sur sa tombe; cela me fait du bien mais j'aimerais tellement qu'il me parle. Qu'en pensez-vous ?

      Mon Ludovic, je t'aime très fort,
      Ta maman
      • Bonjour Danielle,

        Que vous dire, face à la douleur et au manque, on se console en se disant qu'ils sont plus heureux là où ils sont.

        Je suis moi aussi une maman dans la tristesse d'avoir perdu un fils qui a décidé de mettre fin à ses jours à l'age de 24 ans. Ça fait maintenant presque trois ans; j'ai espéré pendant des mois et des mois des réponses à mes questions, pourquoi un tel geste? Qu'avons-nous fait pour mériter ça?

        Je n'en sais pas plus aujourd'hui, je vis tant bien que mal, mais il me manque terriblement.

        Bon courage à vous,
        Corinne
  7. Tous ces témoignages sont terribles. Merci à ceux qui réconfortent.
  8. je vous comprends
  9. C'est terrible, ce mal être que peu de personnes comprennent.
    Lou
  10. Bonsoir,
    Mon fils s'est pendu dans son appartement d'étudiant le 20 février 2018... Il avait 20 ans et ce sont les pompiers que nous avons dû faire intervenir pour entrer chez lui (il avait fermé de l'intérieur) et qui l'ont trouvé le 24 février alors que nous venions le chercher pour partir ensemble à un weekend familial.
    Le choc a été terrible et depuis nous sommes en mode survie. Notre peine est immense... nous avons déménagé et essayons de nous reconstruire avec nos deux filles de 24 et 18 ans. Nous n'avons rien vu de son mal être, ni nous, ni ses amis.
    De temps en temps, je réussis à parler de lui sans pleurer mais il m'arrive encore très souvent de m'écrouler en sanglots, j'oscille entre désespoir profond quand je réalise qu'il ne sera plus jamais là et moments plus calmes où je lui parle et où je le vois rigolant comme il était encore deux jours avant de se tuer, lors du dernier weekend qu'il a passé avec nous à la maison.
    Tout cela est extrêmement difficile, je ne sais pas comment je tiens debout mais je me découvre une force que je ne soupçonnais pas. En même temps c'est soit avancer pour mes filles et mon mari soit mourir et mourir je n'en ai pas envie.
    Depuis ce drame je suis devenue une autre personne, je sais que je devrai vivre avec ce fardeau de la peine et de la culpabilité jusqu'à la fin de mes jours et je suis tellement triste quand je pense au désespoir de mon fils et à ce qu'il a dû vivre tout seul, tellement triste de ne pas avoir pu l'aider.
    Bon courage à vous qui traversez aussi cette terrible épreuve.
    • Bonjour,

      Loin de moi la pratique des forum mais à cet instant il n'y a que vous qui puissiez approcher ce que je ressens. En vous lisant, je retiens mes pleurs.

      Mon fils de 17 ans s'est pendu chez nous le 3 décembre 2018. Je ne peux rien dire qui vaille la peine je ne peux rien faire qui vaille la peine.Je vis pour partie comme avant mais il n'y a plus de sens. Mon fils a emporté ma vie avec la sienne. La moindre pause dans mon quotidien d'automate est submergé par la tristesse.

      J'ai pourtant un fils de 28 ans, une fille de 15 ans, ma femme dont je me sens responsable mais le sens est toujours absent. L'absurdité de cette mort à cet âge me détruit. Je n'aurai jamais de réponse, la réponse donnerait un sens, l n'y en a pas !

      La douleur est si forte qu'il est difficile de la partager avec mon épouse. ette douleur m'enferme. Je ne me sens pas coupable. Notre fils était suivi depuis plusieurs années et cela alimente ma colère et diminue peut-être ma culpabilité.
      • Bonsoir Michel,

        Votre témoignage et tant d'autres me touchent, le décès de votre fils est récent et vous venez, vous et votre famille de subir un "Tsunami" que seuls des parents comme nous, hélas mais les faits sonts là, comme nous des parents endeuillés.

        Il est normal, dans un premier temps de vouloir le rejoindre. La perte du sens à donner à sa propre vie après cette épouvantable épreuve (les mots ne sont pas assez forts pour l'exprimer); ce n'est pas dans la logique de la vie que nos enfants partent avant. Moi, j'aurais voulu donner ma vie et prendre la place de mon fils Romain dans sa boite mais cela Michel, on ne sait pas encore le faire.

        Moi, je ne faisais plus confiance à ma femme et aux autres. Culpabilité, reproches, chercher des réponses et se dire : mais pourquoi cela nous est arrivé à nous, mais pourquoi à nous ? Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? (je vous conseille de voir ce film avec Christian Clavier ) vous n'êtes le seul à avoir eu ce choc.

        Dans un second temps ou pendant la troisième mi-temps, il faudra vous poser cette question : alors, je, nous continuons à vivre comme des "zombies", c'est-à-dire comme des morts vivants et nous, ou je, choisis de faire partie des Vivants ? Je sais, Michel, c'est facile de l'écrire ou de le dire mais sachez que je suis comme vous: un parent orphelin. Dans cette épreuve, père et mère n'avancent pas à la meme vitesse, il faut respecter l'autre et réciproquement.

        Voilà Michel, je voulais vous donner des pistes pour avancer. Quand vous voudrez, vous pourrez écouter la conférence de Lytta Basset du 14/01/19 (ça peut vous aider); elle a écrit des livres sur le deuil d'un enfant "ce lien qui ne meurt jamais"; son fils s'est suicidé en 2001.

        Et puis faites-vous des petits ou grands plaisirs que vous ne vous n'octroyiez pas auparavant (je sais, au début, on se dit dans son for intérieur, je n'ai pas le droit d'avoir des moments de plaisirs). Cela permet d'avancer, enfin pour ma part.

        Il faut continuer à cheminer pour Vous et votre Famille
        Allez, je vous embrasse Tous,
        Anthony
    • Je suis comme vous, perdue à certains moments; mon fils était marié avec une fille, une femme qui ne lui correspondait pas du tout, par rapport à l'éducation qu'il a eu chez nous.

      Faut dire qu'il avait un mal de vivre. Son papa biologique étant décédé de maladie alors qu'il avait 3 ans. Je me suis remariée et mon mari a adopté mon fils à sa demande alors qu'il avait 14 ans, âge légal pour faire cette demande, et puis il a fait quatre ans de marine et a rencontré sa femme qui ne voulait pas nous voir. Il a eu une fille qui a 18 ans aujourd'hui.

      Mais Thomas avait un métier où il était toujours en déplacement et lorsqu'il venait en week end chez lui, il n'était pas toujours le bienvenu. Seulement pour apporter sa paye (sa femme ne travaillait pas); il fallait bien faire bouillir la marmite.

      Et puis un jour après une dispute, lors d'un week end, il est parti et s'est pendu dans un bois. Nous l'avons cherché pendant huit jours, il y a des jours où je veux aller le retrouver mais j'ai une famille avec d'autres enfants!
    • je vous trouve tellement forte
  11. Ma petite soeur a mis fin à ses jours ce 14 octobre, à 28 ans. La douleur encore encore vive, me fait peur, car en choisissant de partir, une part de moi s'en est allé avec.

    En couple depuis 2 ans, elle venait de se marier et avait pourtant tant de projets. Rien, rien ne nous a permis de déceler quoi que ce soit. Si souriante, belle, elle aidait vraiment son prochain, avec cette bonté, cette pureté si infaillible.

    J'ai tant de douleur, nous étions très proches et elle si proche de ses deux neveux que je ne me sens pas capable de vivre sans elle.

    Comme un papillon, elle s'est battue pour devenir la personne qu'elle est devenue et pourtant, sous ce regard pétillant et cette chaleur qu'elle dégageait, ses démons ont malheureusement eu raison d'elle. J'ai tant de choses à dire, tant de questions, tant de colère et d'émotions si forte, que je ne me sens pas capable de me battre contre ça, mais comme elle et pour lui faire honneur je me dois de rester fort, si seulement c'était si facile.

    Sabrina, sache que tu vas me manquer, mais je sais que nous nous reverrons un jour, tu le savais, je t'aime et je suis si fier de toi. Fait un beau voyage, veille sur nous, car il nous faudra énormément de force. Soeurette, on se tient au courant et à bientôt.
  12. Quatre ans, le 7 octobre, que mon fils s'est suicidé; il avait 28 ans. Il avait pris des anxiolytiques et des somnifères et s'était noyé dans La Loire. Je revois les détails de tout, les policiers qui nous informaient sur sa disparition inquiétante, les recherches, le jour où on a retrouvé son corps, le prélèvement ADN, les obsèques après 1 mois... Je suis passée par l'incrédulité, les questions sans répit, la tristesse infinie et la peine innommable, le sentiment de culpabilité de ne pas avoir su le protéger et lui montrer mon amour inconditionnel, l'isolement, les insomnies, les courbatures, ... et j'en passe...
    Pour m'aider à comprendre, je m'approchais des associations "Mots du deuil" et "Vivre son deuil", je lisais énormément - le livre de Christophe Fauré est devenu mon livre culte - et je n'avais pas perdu ma foi. Puis, je devais m'occuper de sa petite soeur qui était restée dans le déni... Mais le plus dur pour était de faire semblant : devant les autres, car je voyais que chacun avait son propre rythme dans ce deuil, et que mes amis-amies n'osaient plus me parler que de banalités.
    Aujourd'hui après quatre ans, ma peine est toujours aussi profonde et mon regret est toujours aussi présent. Tous les événements, heureux ou non, dans la vie de ma famille ou les grands événements de ce monde me font rappeler le vide dans mon existence : mon fils.
    Mais je pleure moins, je vais au travail, je ris, je sors de MA survie, car c'était la survie. Je suis tout le temps avec mon fils, où que je sois; je lui parle, tout ce que je fais, je le fais avec avec lui, mais il me manque et me manquera toujours. Je réalise cette vérité cruelle : "Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout où je suis" (V. Hugo).
    Notre chemin est difficile, et la peine sera toujours avec nous, car nous avons perdu la vie, cette vie était notre enfant. Mais nous continuons à vivre, car la vie est ainsi...
  13. Mon frère s'est suicidé à l'âge de 27 ans en 2011. Depuis 7 ans je ne suis plus la même. Je suis très malheureuse et rien ne sera comme avant. La douleur est insupportable. Je ne vivrai plus jamais heureuse, c'est cela qui est difficile. La vie est devenue un fardeau quotidien, de pleurs et de souffrance.
    • Je ne serai plus jamais la même, moi non plus : mon frère s’est défenestré le 25 décembre 2017.
      Depuis une partie de moi n’est plus là. J’ai un chéri et deux beaux enfants, mais des fois je n’y arrive plus.
  14. Bonjour,
    Ce 16 juin 2018, ma fille de 24 ans s'est pendue.
    Je suis seule face à ma douleur et pourtant je dois rester sereine pour ceux qui restent. Mais je m'enfonce un peu plus chaque jour et personne à qui parler sans fondre en larmes.
    • Bonjour Béatrice,
      je vis le même drame que vous, ma fille de 23 ans s'est suicidé le 28 mars 2015. Comme vous j'ai cru que de ne pas montrer mon immense chagrin et d'être forte vis à vis des autres et pour les autres était la solution. Et bien non. Car lorsque j'étais seule, je criais mon désespoir, mes pleurs coulaient sans discontinuer, je me réfugiais dans mon lit pour ne pas affronter la réalité de la disparition de ma fille. Depuis 3 ans qu'elle est partie, mon coeur est déchiré, j'ai une plaie béante qui jamais ne cicatrisera. Elle est là toujours et elle sera toujours là. Mais je penses que si j'avais pu ou su partager ma douleur, parler avec les autres, échanger, j'aurais peut-être mieux surmonter. Je dis surmonter mais pas oublier. Car la disparition d'un enfant est inacceptable et c'est une déchirure que l'on portera jusqu'à la fin de notre vie. Alors la seule chose que je peux vous dire c'est de laisser votre chagrin s'exprimer, d'échanger avec les autres, de ne pas avoir peur de pleurer, d'oser parler de votre fille. Vous avez tout mon soutien et mes pensées vous accompagnent. Une maman dévastée
      • Je vis dans des souffrances terribles moi aussi. Mon fils s'est suicidé, je culpabilise beaucoup de ne pas avoir appelé les secours. C'etait un dimanche et il était en détresse.
        Ma douleur est immense. Je vis une double torture, je suis tellement malheureuse, je ne sais pas comment je peux encore avancer. Le malheur est trop grand. C'est indicible, il n'y a que ceux qui sont concernés par les mêmes souffrances qui peuvent comprendre. Comment vivre ? C'est l'enfer.
      • Moi je n'en parle jamais. J'ai personne avec qui parler de la mort (rien que le mot mort, c'est deja avoir fait un progrès). Sans doute en arrivant à communiquer, on réussit à se réconforter. Le silence est une forme de deni pour moi.

        Je suis contente d'avoir pu communiquer, ne serait-ce que par écrit ce matin.
    • Bonjour,
      Lire tous vos témoignages de vos enfants, qui ont choisi de vous quitter, est déchirant. Mon fils de 37 ans a également choisi d'en finir avec la vie le 10 juillet dernier en se pendant. Il laisse une adorable petite fille qu'il adorait, mais cela n'a pas suffi pour éviter l'irrémédiable. Il était trop mal.
      Il nous laisse tous dans le désarroi. Son frère et moi avons une moitié de nous mêmes qui est morte avec lui. Nous vivons tous éloignés et chacun dans notre coin, nous essayons de surmonter notre immense chagrin. Le quotidien est très dur.
      • Bonsoir
        Mon fils s’est pendu en mars.
        Il avait 36 ans, était papa de deux petits enfants de presque 4 et 6 ans qu’il adorait.
        C’est un traumatisme, que seuls les gens qui l’ont vécu, peuvent comprendre.
        Je passe par des phases d’hyper activité et des phases d’anéantissement.
        Plus rien ne sera comme avant.
        Bon courage.
    • Bonjour Béatrice, je me suis connectée sur le site, et je viens de lire votre message.
      Je suis dans le même cas que le vôtre; ma fille était un peu plus jeune que votre fille, et son décès est aussi de ce mois de juin 2018. Situation très complexe à gérer avec de multiples difficultés. J'ai trois enfants et pour mon fils et ma fille qui restent c'est aussi très perturbant. Comment peut-on s'imaginer qu'on ne la reverra pas ? J'ose espérer qu'elle reviendra un jour comme avant quand elle venait me voir. Au présent, je vis avec elle depuis cette terrible annonce. Mais notre vie ne sera jamais plus comme avant avec elle.
    • Bonjour Béatrice. Je peux vous apporter mon témoignage car en 2013 un cataclysme a dévasté ma vie! Le 3 juillet mon fils de 23 ans s'est suicidé en sautant d'un pont de plus de 110 m, et 2 mois plus tard, mon propre compagnon (qui n'était pas son papa), s'est pendu dans notre garage; c'est moi qui l'ai trouvé.
      Depuis je suis en survivance. Je n'ai jamais pu rencontrer quelqu'un qui avait, comme moi, subi cette double peine ! Je prends conscience tout doucement qu'après avoir fait front pendant deux ans pour ma fille, le papa de mes enfants et plus généralement, pour rassurer ma famille, aujourd'hui je fais le constat terrible que je n'ai pas eu de mes proches, l'aide que j'en attendais.
      En effet, après m'être montrée pleine de courage au point que l'on m'a souvent demandé comment je faisais pour surmonter cette dévastation de ma vie, et bien j'ai répondu que tout simplement, j'étais devenue quelqu'un d'autre ! Parce que, voyez-vous, je n'ai pas eu d'autres solutions car sans ce dédoublement de ma personne qui s'est opéré tout seul, pour me permettre de survivre, "reptilement" parlant, je me sentais tout à fait prête pour faire comme eux, tellement la sidération était prégnante... J'avais ma fille qui est son aînée de quatre ans, le Papa pour qui ce fut très dur et puis également une très grande famille.
      Le problème est que j'avais placé beaucoup d'attentes dans cette grande famille très proche, trop d'attentes sans doute car elle n'a pas su voir que derrière le masque de vie que je leur présentais, il y avait ces deux êtres chéris qui allaient me manquer désespérément tout le reste de ma vie...
      Alors faites-vous aider, parlez énormément à votre entourage même si vous n'avez pas de personne très proche, allez consulter des psychologues, des thérapeutes, ils sont nombreux à pouvoir apporter de l'aide, quelles que soient vos convictions.
      Vous pouvez aussi vous diriger vers toutes les thérapies énergétiques que l'on trouve maintenant vous en trouverez forcément une qui va vous convenir. J'ai personnellement fait de l'EMDR, de l'hypnose... Je n'ai jamais pris un médicament, par contre Fleurs de Bach, huiles essentielles...
      Mettez tout en œuvre pour remonter la pente car c'est ce qui va vous permettre de mobiliser votre énergie et ainsi vous concentrer sur le désir de vie qu'il faut aller chercher au plus profond de soi même. N'en doutez pas Béatrice, cette énergie, vous l'avez, mais vous ne l'avez pas encore ressentie comme une ressource potentielle. Alors, faites-lui confiance, faites-vous confiance.
      Je vous dis ça parce que cinq ans plus tard je fais ce constat qui est de me dire que j'attendais trop de mes proches mais je ne leur ai pas permis de s'insérer dans aucune brèche de ma façade du "ça va" pour m'aider donc je suis fautive aussi ! Alors, ne commettez pas la même erreur que moi car voyez-vous aujourd'hui je ne suis pas encore au bout de mon travail de deuil et peut-être que, un relatif orgueil de ma part m'a mis dans cette position de ne pas oser demander à ma famille cette aide si précieuse.
      Dernière chose : spontanément, à l'issue du décès de mon compagnon j'ai commencé à écrire pour évacuer mes deux douleurs terribles et pour mettre des mots sur du papier. Mon fils avait une très grande maturité malgré son jeune âge et nous a laissés des textes qu'il a écrits. Il était très entouré de sa famille d'abord et de beaucoup beaucoup d'amis ensuite. Pour me donner une raison de plus d'écrire ce livre, j'ai moi-même pris à bras-le-corps les engagements de mon fils qui militait pour la nature, les éco-villages, l'anti-commercialisation et ai fait miennes ses convictions que je partageais déjà de son vivant.
      La perte de leur ami, a plongé son groupe de copains dans une profonde dépression au point que les parents m'ont même demandé d'intervenir auprès d'eux pour que les dommages collatéraux ne s'aggravent pas... Malheureusement, un de ses meilleurs copains a fini par mettre fin à ses jours également, trois ans plus tard...
      Voilà le témoignage que je peux vous apporter: je travaille depuis lors à la rédaction de ce livre par petits bouts parce que la douleur est encore tellement présente que ça me fait encore très très mal mais je pense que ce que je vais en retirer sera je l'espère, une aide pour tous ses amis notamment et peut-être aussi pour ma famille.
      Excusez-moi si j'ai été un peu longue mais j'avais à cœur de vous partager mon ressenti. J'espère que vous allez trouver votre voie et de tout mon cœur, je vous embrasse affectueusement.
    • Bonsoir,
      Ma fille de 24 ans s’est pendue le 30/12/18 dans l’hôpital psychiatrique où elle venait de rentrer pour se protéger de ses pulsions.
      Elle est morte le 4/01/19.
      Je suis sous le choc. Si je pouvais échanger avec vous pour partager ma peine avec la vôtre.
      Caroline
      • Bonjour Caroline,

        Ma princesse s'est aussi éteinte le 4 janvier 2019 par pendaison elle n'avait que 14 ans.

        Que vous dire ? Nous sommes traumatisés et n'avons plus goût à rien. Il va falloir beaucoup de courage et de force pour continuer. Il n'y a que le temps qui permettra d'atténuer la douleur, dites-vous simplement qu'elle est toujours près de vous dans votre coeur, cela fait maintenant deux mois et demi qu'elle nous a quittés et sa présence nous manque terriblement.

        Dites-vous bien que nous ne sommes pas les seuls sur terre à vivre cela.

        Soyez forte...
  15. Bonjour, j'ai perdu mardi 7/02/17 mon fils de 20 ans d'une rupture d anévrisme... J'ai mal tellement mal... Je n'arrive pas à imaginer ma vie sans lui...
  16. Bonsoir,
    J'ai perdu ma fille de 24 ans il y aura 3 ans demain 3 février, jour aussi de mon anniversaire, où son père et moi l'avons trouvée pendue à son escalier chez elle. Depuis je vis une souffrance intolérable difficilement explicable à mes proches et amis.
    On m'avait dit qu'avec le temps cela s'adoucirait mais c'est le contraire. Je pleure beaucoup tous les jours. Je n'accepte pas son absence.
    Je suis morte avec elle...
    • Je ressens exactement la même douleur que vous Jocelyne. Mon fils Karim est parti lui aussi il y aura bientôt un an le 19 février, il aurait eu 25 ans le 9 février. C'était mon unique enfant. Ma vie n'a plus aucun sens mais il m'arrive parfois de penser aux bons moments vécus ensemble et cela me réconforte. Jet vous conseille le livre de Christophe Fauré sur le deuil après le suicide d'un proche, il vous aidera peut-être.
      D'une maman à une autre.
    • Bonsoir Jocelyne,
      Mon fils s'est suicidé le 28 octobre 2016 à 17 h : il s'est pendu à la fenêtre de son salon. Il vivait à Paris où il était étudiant. Il travaillait en alternance dans une boite d intérim. Il a fait un burn out.
      Depuis ma vie n'a plus de sens. Les psychiatres vous donnent des calmants mais on est comme un légume, en état végétatif. Je me suis plongée dans le travail, c'est mon seul répit à ma souffrance. Au travail, personne ne sait. Je ne veux pas de leur compassion. Parfois je pense mettre fin à mes jours... mais j'ai de la famille que j'aime et qui m'aime. Je ne veux pas leur faire endurer une telle souffrance. Alors je vis, j'ai des moments agréables, les meilleurs, c'est quand je travaille.
      Jocelyne, j'aurais voulu vous aider mais il n'y a que vous qui peut vous aider en trouvant un palliatif à votre souffrance.
    • Bonsoir,
      J'ai perdu ma fille le 16 novembre 2009 dans les mêmes circonstances. Depuis pour moi aussi, c'est une lutte de chaque jour, j'arrive à parler d'elle sans pleurer. Mais ce qui me fait mal, c'est l'attitude des personnes de notre entourage : j'ai l'impression que pour eux elle est partie et maintenant il nous faut avancer; ça me fait mettre en colère, s'ils savaient ce que nous devons supporter chaque jour.
      Vous savez maintenant j'arrive à gérer mes émotions et cela depuis une petite année. Si je puis me permettre, si vous avez envie de pleurer, faites-le et surtout ne vous retenez pas car cette douleur il vous faut la sortir. Pour moi la sophrologie m'a beaucoup aidée, mais nous sommes tous différents devant une telle épreuve. Beaucoup de courage à vous.
    • Mon fils s'est tiré une balle dans la tête; mon fils unique n’est plus là; moi aussi, j’ai arrêté de vivre; c'était le 7 août 2017.
      Déjà 7 mois, je viens de me réveiller, parait-il, car j’étais en état de choc. Je me sens à la mer, je ne vois plus la terre mais je nage; Je fais tout pour calmer ce mal et garder bien vivant cet être que j’ai porté 9 mois et avec qui j’ai partagé 42 ans de vie.
      Le coeur veut me sortir de la poitrine; tout est remis en question, lui moi. Chaque jour, je lui parle et j’adoucis ma colère avec mes mots; je lui dis que je n’approuve pas son geste mais que je comprends son mal de vivre et que je l’aime de tout mon coeur; je lui demande pardon pour les manques ou maladresses que j’ai pu lui faire vivre; en lui faisant part que tout a été fait dans l’amour sans lui faire tort; j’ai aimé de mon mieux, j’ai exercé mon rôle de maman avec tout l’amour de mon coeur; j'ai une blessure au coeur qui me suivra mais je ferai avec; je lui démontrerai combien je l’aime encore et combien la vie est précieuse et il m’aidera.
      Merci fiston d’avoir été dans ma vie; merci d'avoir existé ! Je t’aime du plus profond de mon coeur mon fils.
      Ta maman de la vie xxxxxx

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