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Ça va aller, maman, ça va aller

Jamais, je n’aurai éprouvé autant d’émotion à la lecture d’un livre. Cet ouvrage, “Ça va aller, maman, ça va aller”*, est un témoignage poignant rédigé par Régine Mosser en mémoire de sa fille Marie, assassinée le 13 novembre 2015 au Bataclan.

Emotion, ai-je dit. En effet, comment ne pas trembler en découvrant le témoignage d’une mère qui somnole tranquillement devant la télévision un vendredi soir dans l’est de la France; puis découvre les fusillades qui ont lieu à Paris et tente de prévenir sa fille qui habite le 11e arrondissement; qui n’ayant pas de réponse commence à s’inquiéter, finit par joindre une des amies de son enfant pour lui demander : “Sais-tu où est Marie ?” Et l’amie, en pleurs, de hurler au téléphone : “Au Bataclan, Marie est au Bataclan”.

Emotion car il ne manque pas un mot pour décrire l’horreur de cette soirée et des jours qui suivirent : découvrir le corps à l’institut médico-légal, sentir sous ses lèvres la peau glacée de son enfant, tenir le coup pendant les obsèques… Et commencer à réaliser que l’on a perdu l’être le plus cher : une fille de vingt-quatre ans, rayonnante, chaleureuse, pleine de vie, en train de construire son avenir dans un label de musique.

Emotion car il n’y a pas un mot de trop pour décrire l’après, le contrecoup subi dans les mois qui suivent. Sans complaisance, la mère de Marie raconte comment la relation aux autres devient difficile, même dans sa propre famille, comment on cherche des réponses, des signes.

Emotion encore quand on découvre la personnalité de Marie à travers tous les messages rassemblés dans le livre au sein du chapitre “Marie, ils t’ont tant aimée…”. Ou quand on lit à la toute fin cette déchirante “Lettre à ma fille” et que l’on prend la mesure de l’immense complicité qui unissait ces deux êtres-là.

Emotion toute personnelle enfin, parce que j’ai eu le bonheur de croiser Marie un peu plus de trois ans avant sa disparition. Jeune étudiante, elle cherchait un stage et je l’avais embauchée pour trois mois à l’été 2012. Outre ses qualités déjà très professionnelles, son sourire et sa bonne humeur avaient irradié tout le service. Je pense que si une personne avait réussi à remettre un peu de lumière dans ma vie après la mort de mon fils en 2005, c’était bien Marie. Votre livre, Madame Mosser, a ravivé mes souvenirs. Vous l’avez écrit pour que l’on n’oublie pas Marie et je peux vous assurer que vous avez atteint votre objectif.

Un grand merci à vous.
Pierre L.


“Ça va aller, maman, ça va aller. Marie assassinée au Bataclan” de
Régine Mosser, Christophe Chomant Editeur, 2019.
Les bénéfices perçus par l’auteure sont convertis en dons pour la fondation Valentin Ribet qui “lutte contre l’obscurantisme et la terreur avec les armes de l’éducation et de la culture”.
http://chr-chomant-editeur.42stores.com/product/regine-mosser-nbspca-va-aller-maman-ca-va-allernbsp-marie-assassinee-au-bataclan

*A ne pas confondre avec “Ça va aller, Maman” de Luisa Le Bourgeois.
Voir notre fiche de lecture

3 commentaires

  1. Merci beaucoup Pierre. Ta fiche de lecture transmet l'émotion déchirante de l'ouvrage que cette maman dévastée a eu la force d'écrire.
  2. Merci beaucoup, Pierre, de cette très belle et touchante note de lecture sur le magnifique et courageux ouvrage de Régine Mosser. Bien à vous. Christophe Chomant, éditeur à Rouen.
  3. Merci, Pierre, pour cette très belle analyse de livre.

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