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Appel à témoins

Que dit-on à une maman, à un papa qui a perdu un enfant ?

Je m’appelle Caroline, j’ai eu 27 ans cet été. J’ai perdu mon ami Quentin il y a 13 ans, il avait 15 ans, et moi 14. C’était mon ami, mon voisin et surtout ma plus belle promesse d’amitié. Quentin est mort le 24 décembre 2004 dans un accident de voiture. Depuis, ma vie a changé. J’ai décidé de vivre autrement. Aujourd’hui, Quentin n’est plus à côté de moi, il est avec moi.

Pour lui, pour moi, pour notre amitié, pour ses parents Evelyne et Fabien, pour vous peut- être, j’aimerais essayer de faire quelque chose d’important, de fort mais aussi d’utile. Je suis journaliste et depuis plus de trois ans, je réalise des documentaires pour la télévision, pour Des Racines & des Ailes par exemple. Mais le film que j’aimerais faire, le film auquel je pense depuis plusieurs années, est celui dont je voudrais vous parler : un film sur les parents qui ont perdu un enfant.

Evelyne et Fabien tiennent un café à côté du restaurant de mes parents. C’est là-bas qu’on a grandi avec Quentin. J’allais chez lui mais je n’allais jamais au café, évidemment. Après sa mort, j’ai passé beaucoup de temps au comptoir. Tous les jours en rentrant du collège, plus tard du lycée, je passais une demie-heure, une heure, parfois deux heures avec ses parents. Entre deux clients, on pleurait, on se disait ce qu’on avait sur le coeur, on riait parfois, on s’indignait, on se regardait sans rien dire et surtout, on faisait résonner le nom de Quentin.

J’ai passé beaucoup de temps avec Evelyne et Fabien et je me suis rendue compte qu’ils étaient de plus en plus isolés. Les gens n’osaient plus leur parler, avaient sûrement peur de les croiser, ils ne savaient pas quoi dire. Ces mêmes gens pensaient qu’il ne fallait pas prononcer le nom de Quentin pour ne pas blesser Evelyne et Fabien quand ces derniers avaient besoin exactement du contraire. Alors aujourd’hui je commence à mesurer l’ampleur de ce tabou immense qu’est la mort d’un enfant dans notre société.

C’est ce dont je voudrais parler dans mon film. J’aimerais qu’il soit comme un guide, une charte, un manuel des parents endeuillés. J’aimerais qu’il donne des éléments de réponse à cette question : “que dit-on à une maman, à un papa, qui a perdu son enfant ?” J’aimerais qu’il puisse vous aider, et qu’il puisse aider votre entourage. J’aimerais que ce film soit le plus vivant possible. J’aimerais pouvoir donner la parole à des parents qui ont réussi à habiter le vide pour je l’espère en soulager d’autres.

Je suis à la recherche de papas et de mamans qui voudraient bien s’exprimer dans ce film mais vous pouvez aussi me contacter juste pour discuter. Nos échanges nourriront de manière directe ou indirecte le documentaire.

Merci beaucoup de m’avoir lue, et peut-être à bientôt,

Caroline Conte
Mail : conte.caro@gmail.com
Tél.: 06 77 04 19 89

Un commentaire

  1. J'ai perdu mon fils cela fera trois ans le 11 novembre 2017; il allait avoir 33 ans. Je souffre autant qu'au premier jour, j'ai mal mais je ne peux en parler à personne. Je suis seule car le papa est décédé depuis 20 ans. Aujourd'hui mon nouveau conjoint ne me comprend pas, je sais que j'ai beaucoup changé. Mais il y avait la vie avant et aujourd'hui je survis. Je fais semblant. J'ai deux filles et cinq petites filles mais je ne veux pas leur montrer ma peine, elles ont assez souffert. J'attends que le temps passe...

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